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Printemps de Bourges 2007 - à Bourges (18-04-2007)
par Anne Lise

Je dois avouer pour commencer que la programmation de ce trentième Printemps de Bourges ne m'a à première vue pas enthousiasmée à quelques exceptions près. Du lourd me semble-t-il, du sûr, peu de découvertes et de prises de risques puis pas mal d'artistes qu'on peut voir dans tous les festivals. Mais ma foi, l'occasion m'étant donnée de m'y rendre, je n'allais pas faire la fine bouche, on nous annonçait pour une fois du beau temps en plus !

Mercredi 18 avril
C'est donc après 4h de route sous le soleil que j'entame mon festival avec les découvertes locales de ma région, les rois du hip hop décalé et intelligent qui commencent à vraiment se faire un nom en Midi-Pyrénées, KHOD BREAKER. Inutile de vous dire que pour les avoir vu déjà plusieurs fois, je suis conquise d'avance ! Medecine Son et MC Monsieur ne sont pas venus jusqu'ici pour se la couler douce, ils sont là pour remuer les fesses du public à grands coups de flows royalement maîtrisés, de beats électro dance rentre-dedans délivrés par Oune et DJ Bena et de second degré. Pour une rare fois intelligibles dans le hip hop, les textes sont intelligents et bourrés d'humour. Puis avec KHOD BREAKER on ne s'ennuie pas, on se marre même ! C'est qu'ils donnent de leur personne ces gars là, finissant par se rouler par terre, on sent une franche camaraderie entre les 2 comparses et un vrai plaisir d'être là. Tous les morceaux de leur premier EP Sitcom seront joués avec fun et brio. La sauce semble prendre au niveau du public, les gens rient et secouent la tête, certainement réjouis par la fraîcheur, la bonne humeur et la décontraction de cette jeune formation qui bénéficiera on lui souhaite d'un parcours à la Svinkels ou autre TTC, elle le mérite en tout cas.

C'est malheureusement le seul concert auquel j'assisterais ce premier jour car il faut aller prendre possession du gîte...

Jeudi 19 avril
Dur, dur les concerts de métal en tout début d'après-midi ! Mais H-TRAY, découvertes Limousin connaissent la scène et leur set incisif et sans concession semble suffisamment rôdé pour que la demie heure qui leur est allouée ne paraisse pas interminable. La Soute ne s'y est d'ailleurs pas trompée, le public et les pros sont présents en masse. Le groupe enchaîne les compos de son premier véritable album, Distressing Report, sorte de deathcore rageur qui sans pour autant révolutionner le genre, a le mérite d'être parfaitement exécuté, et avec le sourire, ce qui ne gâche rien. Le groupe délivre une énergie toute positive, relayé à la batterie par leur nouvelle recrue, Léa, qui ferait rougir bon nombre de batteurs mâles de par son jeu déjà ultra maîtrisé et son jeune âge, en effet, la demoiselle n'a que 15 ans !

La tant attendue soirée du Palais d'Auron arrive. Je tente quelques minutes de JOEY STARR mais je ne parviens pas à rentrer dedans. Trop de blahblah, trop peu de musique. Même si le garçon maîtrise totalement son sujet entre aggressivité et humour et arranguage de foule, je n'adhère pas à ce qu'il fait maintenant en solo et malgré quelques morceaux de NTM savamment amenés, on se dit que KOOL SHEN était vraiment le pilier du groupe...

Le concert se finit enfin, la salle se vide. Mais où vas-tu public ? C'est maintenant que ça se passe ! En effet, le Printemps de Bourges a eut l'excellente idée de programmer en after de la soirée hip hop, le duo de DJ's parisiens le plus en vogue du moment et à juste titre, JUSTICE. Deux ordinateurs en avant scène, une immense croix lumineuse en fond et c'est parti pour une petite heure et quelques de danse effrénée ! Inutile de garder son cerveau en fonction à partir de là, c'est le corps qui parle au rythme des morceaux de leur fabuleux EP Water Of Nazareth et de leurs maintenant célèbres remixs de SIMIAN ou encore DAFT PUNK. Le public semble en transe et en joie, le sourire et la bonne humeur sont de mise. Point d'orgue qui marquera la fin de leur DJ set, un remix inattendu de « Killing In The Name » de RAGE AGAINST THE MACHINE qui aura sans aucun doute ravi les amateurs du genre.


Vendredi 20 avril
Voici venue la journée qui m'a convaincue de me rendre à Bourges.

MICROFILM – Pour les avoir vus sur scène à deux reprises, je savais que les découvertes Poitou-Charentes rock ne me laisseraient pas indifférente. Leur musique me transporte à tous les coups. C'est dans une Hune un peu clairsemée vue sa taille qu'ils entament leur demi-heure de set.
Je suis déjà sous le charme de la toute petite scène intimiste qu'ils ont crée à l'intérieur de la grande, disposant les amplis en sorte d'arc de cercle avec l'écran vidéo juste derrière. Le premier morceau est tiré de leur LP A Journey To The 75th, je me sens comme à la maison ! Leur post rock instrumental est doux, on aurait presque tendance à fermer les yeux si les quatre musiciens n'étaient pas si beaux à regarder jouer ! Puis il y a la vidéo aussi, extraits de films avec les dialogues qui font office de voix du groupe. Malgré un gros problème de basse qui les handicape dès le début du set, ils enchaînent sans rien laisser paraître. J'imagine que le stress est déjà grand quand on est là en tant que découvertes, on sait tous que problèmes techniques ou pas, le temps alloué est de 30 minutes et pas une de plus. Ils continuent donc avec les nouveaux morceaux de leur album fraîchement sorti, Stereodrama. Moins doux, plus rock et bruitiste, je suis dans un premier temps surprise et décontenancée mais leur patte est toujours bien présente et leur charisme sur scène me semble inégalable. Les mélodies sont toujours aussi belles et restent dans la tête bien au-delà du concert. Vivement la prochaine !

THE SUGAR PLUM FAIRY Pr. - Ayant écouté peu de temps auparavant leur premier album éponyme, une sorte d'ovni dans la scène électro pop française, je suis plus que curieuse de découvrir cette voix en live. Parce que THE SUGAR PLUM FAIRY Pr., c'est avant tout une voix, rauque et suave à la fois que l'on n'aurait pas de mal à imaginer dans un choeur de gospel. La scène est dénudée, ils ne sont que deux visibles dans le groupe, Aurélien, au chant et au clavier et Sylvain à la basse. Dans l'ombre, Nathalie projettent des vidéos, enchaînement d'images tristes et nostalgiques, choquantes parfois mais qui réveillent à tous les coups notre inconscient et qui accompagnent merveilleusement la musique, tantôt triste, tantôt presque dansante. THE SUGAR PLUM FAIRY Pr. ne triche pas, on aurait pu se dire que cet album serait impossible à retranscrire sur scène avec la même intensité mais non, tout est bien là, les deux comparses sont habités par leur musique et réussissent à nous entraîner dans des recoins enfouis de notre mémoire, on fini même par fermer les yeux malgré la vidéo tellement on s'approprie la moindre note comme autant de souvenirs tristes ou joyeux. RADIOHEAD n'est pas loin dans cet univers si particulier et l'effet qu'il produit sur l'auditeur et personne ne s'y est trompé au vue des éloges que j'ai entendu ça et là à la suite du concert.

AaRON – Le Théâtre Saint Bonnet, très éloigné du centre du festival, une devanture qui rappelle une simple maison mais une fois pénétré à l'intérieur on découvre un véritable petit théâtre italien, tout habillé de tentures en velours rouge et de dorures, puis nous sommes surpris par la taille, 120 places assises paraît-il, on aurait même dit moins. Puis la scène est minuscule, juste la place en largeur pour le piano à queue. Alors ces plus ou moins 120 chanceux prennent place, en effet, le concert est déjà complet depuis des mois. Parce qu'AaRON sont sur toutes les lèvres et dans toutes les oreilles depuis qu'ils ont été remarqués sur la bande originale du film à 1 million d'entrées, Je Vais Bien, Ne T'En Fais Pas de Philippe Lioret. Et il semble là, vu le lieu, que nous allons assister à un spectacle rare... Il faudra juste d'abord passer par ROSE qui ne fera que prolonger mon attente en guise de première partie. Ses morceaux sont certes très faciles d'écoute mais me semblent vite tous se ressembler et malgré sa gentillesse et sa fraîcheur, la demoiselle finit par m'agacer plus qu'autre chose... Enfin son tour de chant se termine. Le public semble conquis... Pourquoi pas ! Arrivent enfin sur scène ceux pour qui je suis venue. Olivier Coursier au piano et à la programmation, Simon Buret au chant et cette belle violoncelliste qui les accompagne sur toutes les dates mais dont je n'ai à ce jour toujours pas trouvé le nom... Ils semblent tous trois intimidés, peut-être par la proximité du public. En effet ici, impossible de se dissimuler, autant pour les artistes que pour l'auditoire, il n'y a pas de lights et le premier rang, dont je fais partie, a les genoux contre la scène ! Puis il faut aussi rappeler qu'ils n'ont qu'une quinzaine de concerts à leur actif à ce jour. Le silence se fait, respectueux, presque religieux, et commence Le Tunnel D'Or, seul morceau en français de leur magnifique premier album Artificial Animals Riding On Neverland. Je réalise rapidement que le concert sera acoustique, seuls quelques morceaux bénéficieront de la programmation électronique de l'album. Mais qu'à cela ne tienne, la musique n'en est à la limite que plus envoûtante. Les morceaux de l'album s'enchaînent, tous plus émouvants les uns que les autres et les trois protagonistes semblent touchés par la grâce. Ils sont beaux, heureux d'être là, et nous, nous ne savons comment réfréner la chair de poule et l'émotion qui monte, pour ne pas trop en faire et en montrer, car tout et tous se voient ici ; curieuse sensation que de croiser de façon si soutenue les regards des artistes. On se demande qui est ce que ça met le plus mal à l'aise ! L'émotion est à son comble lorsque sont entonnées les premières notes de U-Turn (Lili), single de l'album, magistralement chanté et interprété. Ils ne sont heureusement pas encore lassés de le jouer ! Malheureusement, le temps passe même si ici il semble suspendu, et c'est après une petit heure et quelques qu'AaRON quitte la scène sous une ovation générale. On les sent heureux, émus et sincères, pourvu qu'ils conservent ça longtemps ! Quant à nous, nous réalisons que nous avons assisté à un moment rare et magique qui ne se représentera pas de sitôt. C'est pourquoi il m'est impossible d'assister à un quelconque concert ce soir là, je veux égoïstement garder ce moment intact en moi le plus longtemps possible...

Samedi 21 avril
Dernier jour du périple. Je m'octroie un après-midi sans concerts, peut-être pour me souvenir encore d'AaRON de façon précise... Je profite du soleil qui ne nous a pas quitté de la semaine. Le soir arrive vite malgré tout. Je file faire un petit tour au Phénix où se produit ce soir la crème de la pop anglaise, BLOC PARTY. J'arrive juste au début du set. Visiblement le groupe est très attendu, le chapiteau est noir de monde. Concert de grosse caisse pour le moment et à la première note du chanteur, je suis déjà découragée. Le son est mauvais, impossible de m'avancer, les gens chantent (faux bien-sûr !) autour de moi. Tant pis pour BLOC PARTY. J'aurais bien l'occasion de les revoir de toutes façons...

Je pars donc à la soirée rock / métal du 22 ou MANIMAL s'apprête à monter sur scène. Le groupe bénéficie d'une salle quasi-comble et déjà chauffée à blanc, je ne sais pas si c'est l'effet produit par le groupe précédent ou la joie de voir MANIMAL mais le public semble surexcité ! Le show commence et dès les premières notes on comprend que les toulousains ne sont pas là pour rigoler ! Son parfait et lumières magistrales, on sent qu'ils ont un paquet de dates dans les pattes ! Violentes et défoulantes à souhait, les compos d'Eros & Thanatos et de Succube, respectivement premier et second album du groupe se succèdent à un rythme effréné. Pas le temps de souffler mais en même temps on est un peu là pour ça aussi, ça fait du bien de prendre de telles décharges d'adrénaline de temps en temps ! Mais l'open death de MANIMAL n'est pas juste violence et se démarque des groupes du genre par quelques originalités dont le chant de Julien, sorte de Devin Townsend venu de l'espace qui maîtrise parfaitement autant les graves que les aigus et le jeu de batterie de Brice, ovni de la scène métal française qui jouerait presque comme un batteur de jazz sur du métal ! Puis la maîtrise technique de chacun des membres du groupe force le respect ! Inévitablement une formation sur qui il faudra encore longtemps compter dans la scène métal française.

ENTER SHIKARI – Mais qui est donc ce groupe anglais dont je n'ai jamais entendu parler ? On me dit qu'ils sont en tour-bus (ce qui, du moins en France dénote d'une certaine notoriété ou même d'une notoriété certaine !) et que c'est leur première date en France. On me dit aussi qu'ils font de l'émo... C'est assez pour éguiser ma curiosité... J'imagine encore un énième groupe à mèches, copie de My Chemical Romance ou encore My Bloody Valentine... Peut-être de nouveaux Tokyo Hotel, que sais-je ?! Je me poste donc dans la salle. Les premiers rangs sont à l'image des groupes cités plus haut, jeans slim, Vans à damiers et tout ce qui va avec... Le groupe débarque sur scène. Dieu qu'ils ont l'air jeune (20 ans de moyenne d'âge apprendrais-je plus tard), dieu qu'ils sont lookés ! Je suis maintenant sûre de savoir ce que je vais voir, du Franz Ferdinand mixé avec du Norma Jean et saupoudré de Klaxons... Pfff... Même pas ça m'intéresse ! Mais que nenni ! Le concert commence et dès les premières notes, non seulement cette idée est déjà chassée de mon esprit, mais je ne sais déjà plus où regarder ! Ces mecs là sont fous ! Outre le fait que le mélange musical est des plus inattendu, ça saute partout, ça fait des roulades et s'éclate la gueule par terre, ça s'accroche aux totems de lights, ça fait virevolter les guitares autour du buste, une prestation à la Dillinger Escape Plan, la violence en moins et la déconne en plus ! Puis point de Franz Ferdinand et de Klaxons, non, ici on te balance du gros riff heavy à souhait ou complètement néo métal sur fond de dance années 90 et de chant guttural hurlé pour te prendre ensuite à contre pied avec un refrain mélodique à la Offspring de la grande époque ! Un truc de fous vous dis-je ! Niveau jeu de scène, ça ne s'arrange pas, le chanteur fait des ATR sur son clavier et le batteur profite des longs passages dance pour sauter en avant scène et se rouler par terre ! On aperçoit les roadies sur le côté de la scène qui semblent pour le moins stressés, je veux bien croire que certains membres du groupe se soient déjà blessés, ils doivent en tout cas au moins finir tous les concerts avec bon nombre de bleus ! Malgré toute cette bonne volonté, la musique à proprement parler devient vite indigeste, la recette semble la même sur tous les morceaux et on se demande ce que ça peut donner sur cd. Ce qui est sûr c'est que je ne vois vraiment pas ce que le mot émo est venu faire ici si ce n'est pour qualifier leur look... Excellente première apparition française de ce jeune groupe anglais en tout cas, je ne doute pas qu'ils feront parler d'eux dans un futur très proche.

C'est sur cette note de folie que se termine mon Printemps de Bourges 2007. Je réalise que je n'ai finalement pas vu énormément de concerts, mais rien n'est plus indigeste que d'enchaîner sans réfléchir. J'avais opté pour du qualitatif plutôt que pour du quantitatif et je n'ai pas été déçue. Bon cru musical, soleil et chaleur au rendez-vous sans discontinuer donc pour cette trentième édition, en espérant que cela perdura encore longtemps…

Plus d'infos sur: www.printemps-bourges.com

Photos (Cliquez dessus pour les agrandir) - Crédits Photos: Cristelle Frisch

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