yezzi.net - webzine musical et culturel du collectif antistatic - musique - culture - lecture - theatre - chroniques - live reports - interviews - news - concerts - photos - liens - salles

Lundi 11 décembre 2017

Groupe du moment:
Rag'n'Bone Man
Soul Pop Blues
Rag'n'Bone Man est la révélation du moment avec la sortie de son premier album "Human"
:Site web ici:


Les nouveaux articles de Yezzi
Interviews récentes:
Ugly Kid Joe
Tang
Wonderbar
Therapy?
Le Dead Projet

Chroniques récentes:
Aqme - Dévisager Dieu
Exodus - Blood In Blood Out
Lordi - Scare Force One
Billy Idol - Kings and Queens Of The Underground
Alice Cooper - Raise The Dead - Live From Wacken

Live reports récents:
Saxon - Skid Row
Accept
Steve Harris British Lion
Nine Inch Nails
Suicidal Tendencies - The Inspector Cluzo

Infos
Concerts
Salles de concert


Les Partenaires de Yezzi

MySpace.com
My Space Webzine Yezzi

Voltadikt.com
VOLTADIKT.com - Plateforme de téléchargement pour groupes indépendants & DIY

Première Pression
Premiere Pression - Concerts à Toulouse et en Midi Pyrénées

Popcorn
Popcorn -Magazine mensuel sur les musiques amplifiées - supplément de Flash Hebdo et disponibles dans les shops, music shops, stands concerts,...

Bikini/Bleu Citron
Le Bikini et Bleu Citron - Concerts à Toulouse et en Midi Pyrénées

Jerkov Musiques
Jerkov Musiques - Label - Booking - Promo - Tourneur - Manimal - Agora Fidelio - Psykup - ... - Toulouse

Sidilarsen
Sidilarsen - Boom Boom Metal - Punk Electro Ragga Dance Metal - Toulouse

Tezla Booking Promo
Tezla booking et promo













Yezzi Radio
metal - pop - rock - hardcore - emo - neo - trip hop - hip hop - jazz - electronique - techno - dance - rock n' roll - death - trash - speed - heavy
YEZZI Interviews

Zenzile
par Marcassin le 09-11-2005

Zenzile est considéré comme un des parrains de la scène électro-dub française. Ils sont en tournée française depuis la sortie de printemps de leur nouvel opus : « Modus Vivendi ». C’est quelques minutes avant de monter sur scène lors de leur date de Tournefeuille avec Hightone que je rencontre Matthieu, bassiste du groupe. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le bougre ne pratique pas la langue de bois.

Yezzi : Zenzile, c’est quoi, c’est qui, c’est depuis quand ?

Matthieu : Ben çà tombe bien dans parler, on va fêter les 10 ans. Le line-up actuel c’est sept personnes puisque Jamika (ndlr : la chanteuse qu’on retrouve sur certains morceaux du groupe) nous suit sur la tournée. Il y a Alex à la guitare, Moun aux platines, Werner à la batterie, Vince aux claviers, Raggy au saxo, et moi-même à la basse. 4 albums depuis 10 ans, 4 maxis et…beaucoup de concerts ! (rires)

Yezzi : Pour le nouvel album qui est sorti en Mars, il y a eu un changement de label et un changement de line-up. Quelles en sont les conséquences ? C’est pas trop galère ce chamboulement ?

Matthieu : Il faut toujours prendre le positif quand tu changes de musicien, tu ne regardes pas derrière, même si évidemment çà change notre façon de fonctionner…Pour le changement de label, on a eu du bol car Stéphane et l’équipe de Small Axe (dont la boîte a coulé car le label Tripsichord avait aussi du arrêter) ont remonté quelque chose avec Uwe qui est un gros label de musique électronique, et on a voulu recommencer avec eux. C’est sûr que çà faisait bien longtemps qu’on n’avait pas eu une tuile comme çà, mais on a réussi à s’en sortir financièrement et à rebondir car on a eu cette opportunité. C’est pas le cas pour tout le monde, d’autres groupes sont restés sur le carreau et galèrent maintenant.

Yezzi : Présente moi Alex, le petit nouveau à la guitare

Matthieu : En fait on a toujours été chercher dans le vivier des personnes qu’on connaissait. On le connaît depuis longtemps, il vient de notre village ! C’est quelqu’un qui fait de la musique depuis très longtemps. Et puis çà se passe très bien humainement, en plus ! Son jeu de guitare est excellent, et dans Zenzile il s’exprime totalement, en apportant sa petite touche personnelle à la musique. De toute façon, Zenzile est ouvert à plein de choses, notamment la facette rock, moi d’ailleurs c’est ce qui me branche le plus.

Yezzi : le dernier album présente un côté tribal, africain, avec notamment le morceau « War still a run ». Pourquoi ? D’où vous sort cette inspiration ?

Matthieu : çà vient de Jean (ndlr : chant) qui est africain et qui a quand même une voix qui a un grain énorme, en plus d’avoir une présence scénique. Il y a 2 morceaux avec lui. Nous on fait çà à l’envie, on fait le tri entre les morceaux, il a choisi ces 2 là. Et c’est sympa de changer un peu les registres, car chanter sur des trucs plus reggae il sait la faire, on l’a déjà fait. Nous on a cherché à varier les sons de la production, par exemple en rajoutant de l’accordéon, des choses comme çà, qui donnent une autre couleur au morceau, un peu à part par rapport au reggae classique. De toute façon on n’a jamais eu pour but de jouer du reggae à la jamaïquaine, nous on est français et pas rasta. On aime çà mais çà s’arrête là. C’est là la différence entre le reggae et le dub : le chant d’expérimentation est plus libre dans le dub, c’est moins codifié au niveau de la musique. Tu peux y mettre beaucoup plus d’influences. Le reggae, c’est un folklore fermé, il y a plusieurs manières de le jouer, il y en a 2/3 qui sont efficaces, et puis après tu tournes un peu autour du pot !

Yezzi : Le dernier album a aussi un côté une façade un peu rock, voire noisy, avec des titres comme « Up is a long way to go » ou encore « Twilight ». Ce style était plutôt votre tasse de thé à vos débuts. Vous revenez à vos premiers amours ?

Matthieu : Ouais, exactement. En fait c’est un retour aux sources car on a rebossé avec Jaja qui a été notre premier guitariste et producteur. Et quand on commence un disque, on commence par réécouter toutes les chutes de studio, on remonte le temps en fait. On en est arrivé au début du groupe et on trouvait qu’on avait oublié ce truc plus sobre, un peu plus écorché au niveau du son. Plus brut, mais aussi plus rock. C’est vrai qu’à la base le côté rock de Zenzile est assumé, et dans les influences, et aussi de par la composition de notre line-up. C’est le terreau commun de tous les musiciens de Zenzile, à part Moun qui vient du hip jop.

Yezzi : sur l’album vous avez Jamika (chant) en invitée et elle vous suit sur la tournée. Qui est-ce exactement ?

Matthieu : Jamika c’est quelqu’un avec qui on travaille depuis environ 7 ans. On l’a rencontré en Angleterre. Elle nous avait été « imposée » par le producteur de la date, qui avait annoncé Zenzile + mysterous guest. Au début on n’était pas très chaud, plutôt méfiants. Et en fait on l’a fait à l’envie et çà nous a plu, et on a collaboré par la suite. Elle n’est pas musiciennne à la base, elle fait dans le « dub poetry », à la lisière entre le rap et la poésie clamée. C’est très anglo-saxon comme truc. Elle est américaine et vit à Londres depuis 12 ans. Zenzile, c’est en fait sa première expérience musicale. Elle n’avait jamais fait de scène à proprement parler avant çà. L’important, que ce soit avec Jamika ou avec Jean, c’est que l’on se retrouve dans les textes. Mais à la base ce n’était pas voulu, çà c’est fait comme çà. C’est davantage une histoire de rencontre que d’acuité musicale. Avec Zenzile on a toujours voulu laisser les portes ouvertes, de manière à se surprendre, innover pour éviter de se répéter, sans non plus faire l’auberge espagnole, un patchwork de toutes les musiques. De toute façon il ya aussi des trucs qu’on aime pas et donc qu’on ne fera pas ! (rires)

Yezzi : quelle est la signification de la pochette de « Modus vivendi » avec ces 2 coqs ?

Matthieu : D’abord c’est pas du tout pro-combat de coqs, çà n’a rien à voir avec çà. C’est plutôt dans l’esthétique. Le pote avec qui on a bossé au niveau visuel a ramené ces images de voyage au Mexique. Déjà ’est marrant car en France, le coq est l’animal emblématique. Mais cette pochette est plutôt là comme une symbolique, pour mettre en avant une attitude qui caractérise les rapports humains en général. Ca n’a pas changé, les rapports entre les gens, nations, entre les individus, c’est souvent des rapports de coqs. Qui c’est qui a la plus grosse bagnole, la plus belle meuf,…C’est aussi en rapport avec le titre aussi. « modus vivendi » çà veut dire « art de vivre », « façon de vivre ». C’est un peu un constat en demi-teinte, voire pessimiste, mais on nous rabâche sur le progrès, et tu te rends compte qu’à la base les rapports humains n’ont pas tant évolué que çà. Le 20ème siècle était bien là pour le prouver, c’était les plus grosses boucheries avec les deux guerres mondiales. Et depuis, j’ai pas l’impression qu’on en ait tiré vraiment les conséquences. Nous dans Zenzile on n’est pas trop dans la diatribe au niveau des paroles car on fait du dub et puis on préfère laisser les gens qui le sentent le faire, mais après on a quand même une vision en temps que citoyen. C’est plus simple je trouve de faire passer des messages comme çà. Il faudrait qu’il y ait une réflexion mondiale là-dessus, sur cette utopie des rapports humains. Mais tant que ce sera l’économie qui gouverne nos façons de vivre, franchement, on en restera toujours au même point, çà c’est sûr. On ne pourra pas parler écologie tant que le but des américains sera d’investir le marché chinois pour leur vendre à tous une bagnole. J’aime pas trop le catastrophisme, mais j’espère qu’on vivra assez vieux pour voir des changements. Mais c’est aberrant et puéril de ne pas voir les choses qui sont là et de ne pas les prendre en compte. Comme d’habitude, on attend que çà pète, c’est d’ailleurs valable pour l’épisode des banlieues en France en ce moment.

Yezzi : on va parler un peu de la scène, parle moi de la tournée mise en place depuis ce printemps ? Des dates qui t’ont marqué ?

Matthieu : On a fait pas mal de festivals. C’est une autre atmosphère, il y a plein de groupes. Et puis il y a la tournée, là avec Hightone, ou en tête d’affiche, là c’est différent car les gens viennent pour toi, c’est un autre rapport, tu fais des sets plus longs, et tu peux davantage exprimer ta musique. En général, enfestival, vu que t’as moins de temps de jeu, tu joues plus resserré, tu joues plus à l’efficace...Du coup, notre set en festival sonne peut-être plus rock. Quand on a plus de temps, on peut plus facilement mettre en place les différentes couleurs de Zenzile. Sinon j’ai pas de dates marquantes en mémoire. Mais les publics sont différents. Je pense surtout que Zenzile nous a permis de mieux connaître le pays dans lequel on vit. Tu te rends compte qu’il y a des disparités énormes au niveau des modes de vie !

Yezzi : et l’étranger ?

Matthieu : C’est vraiment un vœu pieu, c’est la prochaine étape pour développer le groupe. Déjà histoire de voir du pays, et puis parce que le dub est instrumental, et que des quelques expériences qu’on a eu à l’étranger, les gens n’en ont rien à cirer de ton origine, ils prennent ta musique comme elle est, et c’est là que tu te rends compte que c’est un message universel. J’ai toujours l’anecdote de Prague où on avait joué sur la même scène que Noir Désir et où le rapport au public était le même quel que soit le groupe, alors qu’en France on est tout petit à côté de ce groupe !

Yezzi : le 31 octobre est sorti un disque remixé par Zenzile intitulé « Bass culture ». Qu’est-ce que c’est exactement ? Dis m’en plus ?

Matthieu : En fait c’est juste un projet d’un label électro qui propose aux artistes de faire une sélection de musique qu’ils écoutent. Henry de Wagram a eu cette idée, en nous demandant de bâtir une play-list de trucs qui nous inflencent. Bien sûr, çà tourne autour du reggae, du dub, de titres qui nous ont marqué, mais on a essayé aussi de mettre des inédits ou des raretés. J’aime particulièrement le titre de Fugazi. On voulait faire un petit voyage musical, un truc qui coule de source entre la première et la dernière plage.

Yezzi : qu’est-ce que t’écoutes en ce moment ?

Matthieu : Hightone et Meï Teï shô de Lyon, Brain Damage de St-Etienne, et puis une foultitude de groupes de dub car je trouve que dans le dub les musiciens ont en général une culture rock, donc tu t’y retrouves dans la manière d’envisager les choses. Même si il y a des groupes où tu ne retrouveras pas cet esprit dans la musique, mais dans l’attitude, dans le « Do it yourself » en étant sur des labels indépendants. Il y a un truc dont je suis fier avec Zenzile, c’est qu’on s’est fait tout seul, et qu’on n’a pas attendu la major pour se lancer. Faut pas attendre que çà tombe dans le bec, il faut prendre des risques. Si tu baisses pas les bras et que tu es convaincu de ce que tu fais, et bien çà finit par « payer » au bout d’un moment. On fait partie d’une génération spontanée qui est arrivée au bon moment, parce qu’il y avait un vide musical dans le paysage français à ce niveau là. La question était : comment relayer le côté pêchu que j’aime dans le rock, tout en gardant cette scission entre musique et paroles ? Car personnellement, à la base, je voulais composer sans prendre le temps de chercher la personne idéale pour chanter sur les compos que je créais, car j’ai toujours eu une attirance vers les musiques un peu tendues et émotionnelles. Mais on fait çà uniquement pour le plaisir de la musique, même si des fois il y a des contraintes et des contradictions entre ce que tu voudrais et ce qui se fait vraiment, à cause de l’industrie du disque. Pendant des années, il n’y a pas eu d’investissement pour de la découverte, en se contentant de faire des fonds de catalogue qui ne leur coûtait plus rien avec des tas de compilations. A l’arrivée, avec quoi tu te retrouves ? En France, en 2005, la chanson française tous azimuts. Et le reste ? C’est super triste à l’époque de l’Europe, on se recroqueville sur nous même, par exemple cette histoire de quotas à la radio, c’est stupide. De toute façon, il y a un moment où les gens se prendront en main, mettront leur musique sur leur site et feront un pied de nez à tout ce business. Les gars, ils parlent pas de musique ou de disque, ils parlent de produit ! (rires jaunes)

Yezzi : le mot de la fin pour terminer ?

Matthieu : Toulouse c’est cool, à chaque fois on trouve un bon accueil du public quand on y joue. J’ai hâte que Toulouse ait sa salle de concert. Les assos sont motivées, tu sens que les gens ont faim de musique depuis l’histoire d’AZF. Depuis que le Bikini a fermé on sent que c’est un peu le désert, niveau salle, vu la taille de la ville en plus c’est un peule malaise…Ouais que Toulouse ait sa salle ! (rires)



Yezzi.net - Qui sommes nous? - E-mail