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Syrano
par Djinax le 14-02-2009

Auteur, compositeur, interprète et illustrateur, Syrano mêle avec beaucoup d'aisance et de talent rap et musette, violon, violoncelle, accordéon et guitare. Un melting pot qui a su captiver les professionnels et le public. L'artiste, qui revient avec un deuxième album, "Le goût du sans", a bien voulu se prêter au jeu des questions/réponses.

Comment as-tu commencé dans la musique ?

Je n’ai jamais pris de cour de musique mais j’en fais depuis que je suis tout petit, avec un peu la même approche, je pianote et je recherche des idées. Au départ, j’ai commencé en reprenant de la musique classique ou des chansons qui me passaient sous l’oreille, donc j’ai appris comme ça. Puis j’ai commencé à composer à l’age de 12ans, je voulais écrire mes chansons et j’ai commencé par le rap. Je suis entré dans la musique par ce billet là car le rap est une musique de notre génération, elle me parlait, du fait notamment du milieu d’où je viens et ça m’a happé. Depuis je ne suis pas trop sorti de là (rires). Jusqu’à il y a quelques années où j’ai voulu enrichir tout ça avec de vrais instruments pour métisser tout ça et depuis, je vogue là-dessus.


Avant de monter Syrano, tu faisais parti d’un groupe de rap ?

Oui, ça s’appelait Excalibur. D’ailleurs, histoire de se faire plaisir, on va refaire des morceaux ensemble mais sûrement sous une autre nom. C’est avec eux que j’ai fait mes premières scènes, à l’époque, on avait fait les premières parties d’Alpha Blondy, de Zebda et de Saïan Supa Crew. C’est là que je me suis dis : « C’est ça que je veux faire ! »


Quelles étaient tes influences à l’époque ?

Les mêmes qu’aujourd’hui, mais je les assume plus maintenant. Je faisais du rap mais j’écoutais Björk, Portishead, Nirvana, RATM, Beastie Boys, Pink Floyd ou Led Zep. Je suis plus entré dans le rap par « L’école du micro d’argent » d’IAM, cette notion de rap conscient et réfléchit me parlait. Pour moi, c’était vraiment la suite de ce que j’entendais à la maison quand j’étais petit. Brel et Piaf m’ont également bien influencé.


Tu t’es fait connaître grâce aux tremplins comme le Printemps de Bourges, Alors chante ou encore Zebrock en 2006. Qu’est-ce que cela à changer pour toi ?

Je suis forcé d’admettre que cela crée des échéances, quand on est qualifié pour la finale d’un tremplin, c’est un petit plus dans le CV et quand on gagne, forcément on attire l’attention. En l’occurrence, j’ai gagné 7 tremplins dans la même année et ça m’a permis d’enregistrer l’album sinon je ne pouvais pas le sortir. Clairement, ça m’a aidé à me développer. Le Printemps de Bourges m’a permis de signer avec mes managers. Dans la foulée, j’ai gagné le chantier des Francofolies qui m’a donné une prime et permis de jouer aux Franco de Spa en Belgique. Du coup, on a fait une sorte de cycle, il y avait des échéances tous les ans et ça nous a permis d’entretenir la motivation de la troupe car un choix de vie se mettait en place avec les sacrifices qui vont avec. Forcément, on les fait plus facilement quand des choses positives se dégagent de notre musique, toute cette période a été très enrichissante. On a fait 160 dates sur la tournée donc on a vécu pas mal de choses.


Les textes de ton 1er album étaient basés sur l’enfance, tu parlais vraiment à travers les yeux d’un enfant. Ils sont très bien tournés et très frais d’ailleurs, au passage. Pourquoi ce thème ? Comme tu le dis dans « l’Ecolier », car tu ne voulais pas grandir ?

Je pense que j’ai réglé avec cet album là des problèmes personnels, qui sont ceux de toute une génération finalement. Je ne suis pas le premier, ni le dernier à parler de l’enfance (rires). C’est un peu psychanalytique, on est des enfants de la crise, on a grandit dans les années 80 donc avec le Sida, on est la première génération à être plus pauvre que nos parents, ce n’est pas pour s’apitoyer ou faire du misérabilisme, c’est simplement de se dire, qu’est-ce qu’on peut trouver comme espoir dans une époque qui nous en a retiré trop tôt ? C’est un peu de ce décalage et finalement de cette tristesse que cet album s’est nourrit, il est vraiment né de ce constat. Je trouve ça attendrissant cette idée de chercher de l’innocence et de l’espoir à tout prix dans un monde qui nous pousse à ne pas en avoir. Mais bon, nique leur mère, comme on dit (rires).


Je n’ai écouté que 2 chansons de ton nouvel album dont une, « l’ours en peluche » qui parle encore de l’enfance. C’est encore la trame de cet album ?

Il y a forcément un lien car j’aime bien faire ce parallèle entre un sujet brut et une manière de l’apporter qui est un peu délicate et qui préserve un peu l’auditeur, je souhaite qu’il n’y ait pas d’agression. Je suis un peu contre ça, le fait de dire des choses brutes et directes. Même si je le fais par moment dans cet album car j’en ai ressenti le besoin quand ce sont des sujets très durs. En l’occurrence, « l’Ours en peluche » parle de pédophilie, je voulais que ce soit « romancé », que ce soit dit d’une jolie manière même s’il n’y a rien de beau là-dedans ; c’est simplement pour faire une métaphore, monter une sorte de fable et d’univers autour d’un sujet. Je pense que ça touche les gens plus profondément si on leur propose une histoire et qu’on puisse s’y retrouver dans certains points.

Donc pour essayer de résumer, les textes traitent de quels sujets ?

Ça parle d’immigration, de la situation actuelle en France, ce sont des constats. Comme je l’avais fait sur le premier album, je parle de choses de la vie quotidienne, d’amour, des résultats des élections, comment j’ai ressenti mon pays après ça. Je parle aussi des progrès de la technologie, de l’influence que ça peut avoir sur nous. Dans « Garçon de joie », je parle de ma condition d’artiste dans le sens où par moment, on peut se sentir un peu prostitué, car finalement on vend un peu un bout de soi quand on fait un concert ou quand on vend un cd. Je parle de choses qui m’ont touché durant ces 3 dernières années, de mon enfance, de ceux qui grandissent sans racine comme dans « l’enfant moitié ». Il y aussi un morceau sur un gars handicapé que j’ai rencontré dans un atelier d’écriture à Rennes qui se nomme La Grande Roue. On a parlé toute la journée, il m’a beaucoup touché et j’ai passé un très bon moment donc le soir même, j’ai écris un texte là-dessus. Je parle également de maladie car j’ai passé la tournée entre deux opérations du cœur, donc j’ai un peu psychoté là-dessus. J’ai un peu basé l’album sur ça, donc il se nomme « le Goût du sans ».


Justement, on peut s’attendre à quoi pour cet album?

J’ai essayé de plus fouiller les compositions et l’écriture, essayer d’aller plus loin et de métisser plus de choses. C’est ce que je ressens, après je ressentirais peut-être des choses différentes quand j’aurais un retour dessus. Pour moi, c’est plus abouti et mature. Egalement plus rock, il y a de vrais instruments, une batterie, une guitare électrique qui rentre un peu plus dans le lard (rires), des morceaux plus courts qui se veulent un peu plus efficaces. Quasiment tous les morceaux ont été enregistrés par Debout sur le zincet on a invité des gens pour rendre la chose plus puissante. Je pense que les influences sont plus affirmées, quand c’est du rap, ça en est vraiment, ça peut faire penser à du West Coast. Même chose pour la chanson, tout en gardant des liens et des fils conducteurs. Il y a un morceau par exemple qui part en techno avec de grosses grattes électriques rock donc il est possible que certaines personnes qui ont aimé le premier album pour le coté chanson ne s’y retrouve pas. Je me suis fait confiance sur le premier donc ça a été la même pour le second, je suis allé au bout de ce que je voulais et j’ai fais ce qui me ressemblait à ce moment de ma vie. Si les gens accrochent et répondent, c’est très bien, sinon tant pis (rires).


Combien de temps de composition as-tu pris pour faire cet album ?

C’est le deuxième donc on a eu beaucoup moins de temps que le premier où on prend tout ce qu’on a de meilleur et on le condense en 12 titres. Là, c’est 2 ou 3 ans de vie, et il faut pondre quelque chose donc on écrit plus dans l’urgence. J’ai écris beaucoup de choses sur la route avec de nouvelles expériences et ça n’a pas la même couleur que le premier, c’est obligatoire. J’ai grandi grâce à la musique, j’ai commencé à me professionnaliser, j’ai compris comment ça marchait donc j’ai un regard moins naïf sur tout ça. Je pense que c’est un album plus abouti, je l’ai voulu plus profond dans tous les sens du terme. Donc il y a eu 2 ans de compositions où je me suis pris la tête pour que ça s’imbrique. Autant le premier était vraiment fait comme un album de rap avec des mélodies qui viennent comme des samples, autant là, j’ai essayé de faire évoluer les morceaux et de plus les fouiller.


L’enregistrement s’est déroulé où et en combien de temps ?

On a fait les prises de son pendant 1 mois, 10 jours de mixage et 4 de mastering. On a enregistré au studio Ecospace qui est le studio associatif du collectif d’artistes nommé Urban Désert dont fait parti notre ingé son live. Tout c’est très bien passé, on a bien travaillé sur les prises de son. Le mixage a été fait par Steve Prestage, il a commencé sa carrière à Abbey Road, donc il a travaillé avec Peter Gabriel notamment, mais aussi De Palmas ou Johnny Hallyday. Le mastering a été fait par Didier Le Marchand, qui a remixé des albums de Dutronc et tous les albums de Pigalle par exemple.


Et parles nous des invités ?

Il y a tout d’abord les musiciens de Debout sur le zinc qui sont venus enregistrer leurs parties, donc le batteur, l’accordéoniste, le violoniste, le bandjo et la mandole. Puis au chant, il y a Mourad de la Rue Ketanou, Fredo des Ogres de Barback, Imbert Imbert, Batlik, Mell et François Hadji-Lazaro.


En live, Syrano ça donne quoi ?

On a commencé à 2, moi au chant et Cherzo aux backs et aux machines. Puis on a fait les sélections du Printemps de Bourges avec un accordéoniste, et très vite on a fait les finales donc en 2 mois, on avait 2 violons, la guitare et les costumes. Tout était prêt pour mettre une espèce d’univers sur scène donc on arrivait en sélection hip-hop avec un mélange de chansons françaises et de rap. Et finalement on s’est fait virer (rires) car on n’avait pas respecté la règle qui consistait à présenter aux sélections un morceau de ce qu’on allait faire au final. Ce n’était pas grave car ça nous a quand même permis de jouer et de faire évoluer la chose, ça ne nous a pas desservis, au contraire même. Au fur et à mesure, il y a eu des choix de vies à faire donc il y a eu des changements de musiciens. Pour cette tournée, il y aura Taka à l’accordéon, Stan au violon, Etienne à la basse et contrebasse, Thierry à la batterie, Alex reste à la guitare, Cherzo aux backs et moi au chant, donc on sera 7 sur scène pour le nouvel album.


Tu as des projets en dehors de la sortie du disque et de la tournée qui suivra?

Oui, je travaille sur un spectacle pour enfants, je le prépare mais ça prend du temps car je veux que ce soit bien construit. J’ai fait ça à la suite d’ateliers d’écriture sur le thème de la télévision que j’ai donné l’année dernière. J’ai donc basé le spectacle sur ce thème là, car cela m’a nourri et inspiré. J’ai également un livre qui est prêt mais je le sortirais quelques mois après la sortie de l’album. Il se nomme « Les autres gens », c’est une sorte de recueil de nouvelles et de fables qui suit un peu la logique de mon écriture sur album mais sous un support différent car je ne pouvais pas mettre ces textes là en chansons. Il y a une quarantaine d’histoires que j’ai illustré.


Tu écoutes quoi en ce moment ? Tu as fait des découvertes ?

J’adore “ Neon Bible ” d’Arcade Fire. J’écoute beaucoup l’album d’Imbert Imbert, ce n’est pas parce que je le connais mais je trouve ça vraiment énorme. J’écoute beaucoup de Loic Lantoine. J’ai du mal à découvrir des choses qui me font palpiter donc j’écoute souvent de vieilles choses comme Björk ou Led Zep. En rap français, il n’y a pas grand-chose qui m’intéresse, mais j’ai bien aimé Orelsan qui est de Caen, il ne se prend pas au sérieux et a des textes intelligents. Beat Assailant, je trouve ça mortel aussi, le dernier album est impressionnant.


En live, quels sont les groupes qui t’on mis une claque dernièrement ou dans ta vie ?

Cypress Hill, j’ai trouvé ça énorme. NTM à l’époque, m’a défoncé. J’avais adoré Ménage à 3 avec les 2Bal 2Neg. Sinon, je dirais, Toots and the Maytals, Beth Gibbons, la chanteuse de Portishead, elle m’a même fait pleurer sur une chanson, ça ne m’était jamais arrivé à un concert. J’ai vraiment accroché Loic Lantoine quand je l’ai vu sur scène, pour moi, c’est un des plus grands artistes français actuels.

Plus d'infos sur: www.syrano.net

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