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YEZZI Interviews

Svinkels
par Plux, Djinax, Boo le 02-10-2003

C’est pour la sortie de leur deuxième album, de passage à Toulouse pour un de leur premier concert de cette tournée, que nous avons rencontré les Svinkels.
Rendez-vous avant le concert dans les loges du Foyer Panousse à Tournefeuille. Ambiance cuisine pour cet interview qui commence avec Gérard Baste et Nikus Pokus, fidèle à eux même, ballon de rouge à la main.


Yezzi : De quand date la rencontre des Svinkels?
Gérard Baste : ça fait 10 ans qu'on se connaît et qu'on a inventé le groupe. On s'est connu au bahut et on traînait dans le même quartier. La rencontre avec Dj Pone s'est faite plus tard, après la sortie du premier album "tapis rouge" car notre premier Dj (Fred lansac) était parti, il nous fallait un Dj pour la scène et Pone kiffait bien ce qu'on faisait. La rencontre s'est faite rapidement et naturellement par des connaissances communes. Pone était déjà renommée (champion de France, d'Europe et du monde par équipe et deuxième en individuel) et voulait sortir des carcans du hip hop assez strict. C'est un Dj qui s'implique à fond dans la création du spectacle, qui est motivé et nous on attendait que ça pour évoluer donc c'était vraiment une belle rencontre (rires).

Yezzi : Vous avez pas de mal a gérer vos emplois du temps entre Svinkels et Dj pone ?
G.B. :
On a fait quelques dates avec d'autres Dj comme Para one ou Dj damage pour la tournée de "tapis rouge" mais ça a surtout été dur pour lui, de part sa renommée car il était pas mal demandé et qu'avec Svinkels c'était les débuts.

Yezzi : On vous considère comme le groupe le plus rock du hip hop, ce mélange est venue naturellement ?
G.B. :
C'est venu hyper naturellement car nous on a jamais considéré qu'on faisait un truc rock.
Nikus Pokus : Quand tu écoutes le premier disque, ce sont des instrus rap. Et au fur et à mesure, avec le délire des textes on s'est mis à rajouter des guitares comme dans "réveille le punk" et ça nous colle à la peau. Dans "bons pour l'asile" il y a plus de grattes mais bizarrement ça sonne plus hip hop.

Les Svinkels souhaite à Aiwa un gros « Merde » pour la première partie de leur concert.

Yezzi : Votre aspect rock n'roll vient surtout de vos textes plutôt que de vos instrus!
G.B. :
Oui, mais c'est surtout une question d'attitude, c'est l'énergie qu'on dégage qui nous donne un aspect plus rocker que rappeur dans l'âme. Quand tu fais de la musique, tu va être amené à avoir une vie un peu rock n'roll. C'est plus l'adjectif que réellement la définition.

Yezzi : Qui fait les instrus ?
N.P. :
C'est moi qui fais une bonne partie des instrus. Sinon on va commander les singles autre part, on a un spécialiste pour ça, moi je ne suis pas un hit maker. Pour cet album j'ai vraiment essayé d'avoir un son qui collait aux textes et à une énergie sur scène. Dans le premier album, les instrus sont plus rap et elles ne collaient pas forcément à Svinkels alors qu'on avait trouvé les flows et les textes qui nous caractérisaient. Maintenant ça fait plus longtemps que je fais ça, donc ce sont des instrus hip hop avec un son un peu électro et des guitares samplées. Elles ressemblent plus à l’image du groupe, et on a réussi à trouver un son qui nous correspond mieux …un son plus lourd.
G.B. : Ce qu'il faut dire aussi c'est que sur "Tapis rouge" on avait quasiment écrit tous les textes avant les musiques alors que pour cet album c'était le contraire, ce qui nous a permis de plus rentrer dans le groove des musiques, de faire des refrains chantés, des gimmicks, …
N.P. : D'habitude on a le thème de la chanson avant la musique, même des années avant, et puis on trouve une instru qui va bien avec l’esprit, ce qui donne de la fluidité au tout.

Yezzi : Et comment se passent les répets ?
N.P. :
Il n’y a pas de répet, un groupe qui fait du live avec des instruments est obligé de répéter, même pour créer, nous c'est pas la même chose.
G.B. : On a juste répété deux semaines avant la tournée mais c'est différent.
N.P. : Un groupe de rap peut ne pas se voir pendant quelques temps parce que chacun peut travailler de son côté et c'est ce qui va se passer pour nous à la fin de la tournée. On a déjà quelques instrus pour le prochain album et on se mettra à bosser dessus un peu plus tard.
G.B. : C'est vrai qu'on laisse mûrir pas mal les choses, par exemple le titre "bons pour l'asile" c'est un morceau qu'on a fait il y a sept ans....et il n'est même pas sur l'album. (rires)

Yezzi : Vous les gardez pour sortir un maxi ?
G.B. :
C’est à dire qu’il ne nous satisfait pas entièrement mais ça fait des petites exclues pour le web par exemple.

Yezzi : Est-ce la raison pour les 2 ans entre ces 2 albums ?
G.B. :
C’est surtout une question de business, c’est à dire, on l’a prémaquetté et on a quitté notre label, on en a recherché un autre, mais le temps imparti n’a pas été gâché. On a commencé à écrire la moitié des morceaux il y a deux ans puis certains titres comme « vite fait mal fait » ou « Ma musique » sont venus se greffer dans les dernières semaines d’enregistrement.

Yezzi : Justement, un morceau « Ma musique » apparaît sur le nouvel album d’Enhancer, comment ça s’est fait ?
G.B. :
On va dire que chacun à la sienne. En fait ce sont des potes, on les a rencontrés sur des concerts et il s’est avéré qu’ils habitent près de chez mon cousin et donc j’ai été amené à les fréquenter, puis ils m’ont proposé ça, et vu que l’on s’entendait bien, je leur ai dit « vas y ».

Yezzi : Vous dites, dans un de vos titres, « No featuring », ce qui est effectivement le cas sur « Bons pour l’asile », est-ce que c’est réellement un choix ?
N.P. :
En fait on est trois à rapper, trois à écrire, c’est donc déjà assez compliqué de trouver les mêmes terrains d’entente, il y a même des morceaux où l’on est que deux. Donc rajouter encore d’autres rappeurs, ça prendrait trop de temps. De toute façon, quand on a fini nos morceaux, on se dit, c’est bien comme ça, on n’a pas le courage d’aller chercher autre part pour retravailler.
G.B. : Ouais on va featurer ailleurs, c’est à dire que chez nous, on reste entre nous, et on va faire des trucs chez les autres, on va salir chez les autres (rires).
N.P. : Peut-être que sur la suite, on ira plus vers ça, en même temps, ça nous fait marrer, on l’a pas voulu mais on est peut-être les seuls dans le rap français à ne pas faire de featuring, c’est un truc qui existe pas.
G.B. : Malgré qu’il y avait des idées, par exemple pour un titre comme le corbeau où il y a un refrain ragga. Quand j’ai écrit ce refrain, je pensait un peu à Lord Kossity et finalement c’est un peu chiant quand tu écris les textes de demander à un autre mec « Tiens tu veux pas aller chanter ça à notre place ? ». Alors que finalement on se démerde pour le chanter. Pareil pour le plan Gotainer (sur « le svink c’est chic »), on s’était dit que ça pourrait être drôle d’aller lui demander, puis finalement aller payer 10000 balles plus une séance studio uniquement pour dire Featuring « Gotainer » c’est aussi marrant de le faire soi-même. En fait on fait nos propres featurings.

Yezzi : Vous n’aviez pas parlé de faire venir Enhancer sur votre version de « ma musique » ?
G.B. :
C’était peut-être une façon de leur renvoyer l’ascenseur, bon d’un autre côté on aime bien ce qu’on fait (rires). Non mais pourquoi pas plus tard, il est aussi question que l’on fasse quelques concerts avec eux. Pourquoi pas faire une version mais c’est pas vraiment d’actualité. Par contre il est vrai qu’à force de faire des trucs avec les autres, ça donne envie de faire des projets communs avec le groupe.

Yezzi : Par exemple avec TTC !
G.B. :
TTC, on avait fait un morceau avec eux il y a 1 an et demi, là on est sur l’album de TRIPTIK, on a fait PARABELLUM l’année dernière. Non c’est vrai que tant qu’il y a des possibilités de collaboration, on a envie de les faire, ceci dit sur notre album, c’est actuellement trop de taf, vu qu’on est déjà trois caractères bien différents, ça prend trop de temps.

Yezzi : Justement, est-ce que vous vivez de votre musique ?
G.B. :
On en vivote. Disons que depuis quelques mois et sur l’année à venir, on n’a pas de problèmes. On n’a pas de gros besoins non plus, c’est à dire qu’on n’a pas de famille à nourrir donc on assume à peu près. C’est vrai qu’il n’y a pas de quoi faire de gros projets comme acheter une maison (rires). Ça semble un peu compromis pour l’instant. Mais on a déjà la chance de pouvoir faire que ça depuis déjà plusieurs années.

Yezzi : Vous êtes un groupe sous-médiatisé. Pensez-vous que c’est à cause de votre franc-parler ou alors que vous faites parti d’une branche du Hip hop qui n’en est encore qu’au début de son évolution ?
N. P. :
Actuellement les gens ont leurs cases et on n’y rentre pas dedans !
G.B. : Si tu veux t’as tout ce délire de « Hype » où t’as des groupes qui vont être mis en avant pendant 3 mois puis ça va redescendre aussi sec. T’as des groupes anglais ou américains vachement médiatisés qui vont vendre 300 disques en France. C’est un cercle vicieux. Tu vends beaucoup de disque, t’es médiatisé et vice-versa.

Yezzi : Actuellement, à partir du moment où vous touchez un public, vous le captivez totalement ?
G.B. :
Effectivement on a un public fidèle qui a encore grossi ces derniers temps, ce qui n’est pas le cas de l’intérêt médiatique, ça va peut-être venir, mais même là pour la sortie de l’album, on a pas vraiment eu l’impression que les médias aient accroché. Après les médias suivent quand ils voient que tu passes en radio.

DJ PONE se réveille et débarque dans la pièce.

Yezzi : Vous êtes, avec des groupes comme TTC, L’ARMEE DES 12, LA CAUTION au début de l’émergence d’un style dans le Hip-hop donc il est normal que vous ne soyez pas encore médiatisé en quelque sorte ?
G.B. :
Ouais il y a un courant qui émerge, un courant un peu alternatif. En même temps on n’est pas très proche de cette scène parce que des groupes comme TTC ou LA CAUTION ont vachement intellectualisé leur processus. Ils ont une grosse culture musicale qui les motivent pour se démarquer du style, ils disent « Là faut qu’on cherche des sons de ouf pour taper dans l’originalité ». Nous, on a préféré la simplicité et l’authenticité qui nous représente, qui évolue, d’ailleurs, parce qu’on a progressé.
N.P. : Mais on s’est jamais dit, on va faire de l’expérimental, d’ailleurs on n’en a jamais fait. Même si on n’a pas été compris, j’estime pas que c’est de l’expérimental. Les titres sont écrits, réfléchis, carrés avec parfois un mélange de finesse et d’un esprit bourrin. Dans les instrus il y aussi ce côté là mais on n’est pas dans l’expérimental.

Yezzi : Je parle d’une vision que les gens peuvent avoir de vous sans vous connaître ?
G.B. :
Ouais si tu veux il y a une intelligence mais il n’y a pas une intellectualisation du truc. Tu vois, c’est pas des concepts, ça reste assez simple. Enfin, pour revenir à ce que tu disais sur les nouveaux courants et sur la médiatisation, c’est aussi pour ça que l’on fait beaucoup de concerts, c’est que c’est le meilleur moyen pour un groupe de faire parler de lui. Et d’ailleurs des groupes comme TTC et LA CAUTION finalement eux aussi arrivent à faire des concerts parce que ce qu’il propose c’est un peu plus intéressant que la moyenne des groupes actuels.

Yezzi : Justement, vous faites ressentir que vous êtes un peu dans l’attente d’une certaine reconnaissance vis à vis du milieu Hip-hop. Effectivement vous avez d’abord été connu du milieu Punk, Rock, Métal, etc…
G.B. :
Sans dire qu’on le recherche réellement, parce que si on nous aime pas et ben tant pis, c’est vrai que quand tu fais du rap, ou du graph, tu fais ça avant tout pour les mecs qui font la même chose que toi. Par exemple, en graph, tu le fais pas pour que les gens disent « Ah c’est super cette fresque ! », tu le fais pour montrer aux autres « Regarde j’ai tout niqué ! ». Donc petit à petit, à force de boulot et de progression on commence à avoir des rappeurs qui nous disent que ce qu’on fait c’est bien. Ça fait plaisir…

Yezzi : Mais c’est quand même un milieu fermé?
DJ Pone :
Moi tu vois, je fréquente beaucoup de gens du milieu du rap français. Quand ils passent chez moi je fais tout le temps écouter les SVINK et j’ai jamais vu un mec qui m’a dit « Non c’est pas bien ». Mais le gars, il reste toujours réservé, t’as l’impression que ça pose un problème. Tu vois à part ARSENIK et ZOXI, KOOL SHEN encore, il y en a pas beaucoup qui vont dire « C’est vraiment bien ! ». Alors qu’un groupe comme BEASTIE BOYS. Je compare pas le SVINK aux BEASTIE. Enfin tu vois, aux Etats-Unis ils ont le respect des mecs du Hip-Hop. Je dis pas que le WU-TANG CLAN écoute les BEASTIE tous les jours mais tu leur dis «BEASTIE BOYS », voilà c’est on touche pas, c’est respect. C’est un peu le problème en France mais ce serait bien que ça évolue. Je dis pas qu’il faut que tous les rappeurs français disent que SVINKELS c’est de la bombe atomique mais il faudrait qu’ils s’y penchent un peu plus.
G.B. : De toute façon, y’a un moment ou la longévité et la persévérance force un peu le respect aussi. Nos preuves, on les a un peu fait quelque part.
DJ Pone : Parce que les gars ils disent les mecs qui font « réveiller le punk », ils rappent mieux que certains rappeurs et tout c’est marrant mais non faut aussi qu’ils écoutent l’album et qu’ils se rendent compte qu’il y a des flows super techniques.

Yezzi : Les gens s’arrêtent surtout au à priori, ils écoutent un peu un son qui diverge…
DJ Pone :
Ouais et puis ils vont pas chercher, moi j’habite à Paris, mon voisin il écoute du rap français énervé, vraiment des trucs de rue et tout, le mec je lui ai fait écouter Svinkels, il a trop kiffé et j’étais super content parce qu’il s’est penché sur le truc. C’est bizarre il y a des mecs qui essaient pas.
G.B : Ben rien que le fait d’avoir DJ Pone aux platines, ça a apporté une certaine crédibilité aussi, en tout cas un crédit de se dire, si ce mec là qui est vraiment dans le hip hop s’intéresse à ce groupe, ça doit pas être pour rien aussi.
DJ Pone : Pour l’argent….
G.B. : On a déjà dit que c’était pas pour l’argent…(rires)

Yezzi : Est-ce que vous envisagez une carrière à assez long terme ?
G.B. :
Ben ça fait déjà 10 ans qu’on est dessus et ça commence à peine à marcher.
N.P. : Je pense qu’on va continuer comme ça.

Yezzi : Dans le sens long terme, je parle pas forcément que par rapport à Svinkels, est-ce que vous désirez faire des albums solos ou autres projets ?
G.B. :
Ouais ouais bien sûr !
N.P. : Ben quand on dis que c’est lourd que chacun écrive son couplet sur le même thème, tu vois ça veut bien dire qu’on a aussi envie d’aller parler d’autres trucs dont on va pas parler dans le groupe. Le groupe a son univers qu’on a créé et maintenant on sait ce que c’est, on connaît nos limites dedans donc on peut se barrer et aller faire des trucs autre part.
G.B. : D’ailleurs Monsieur Xavier a déjà commencer à le faire, il a un groupe qui s’appelle les professionnels (les pros).

Yezzi : A nous on avait entendu parler de « la maison hantée » ?
G.B. :
Ouais, ils avaient sorti un premier maxi, ils ont sortis un album, bon en super indé donc ça n’a pas été très connu et pas du tout médiatisé. Il a un collectif avec son groupe qui s’appelle « La Fondation M » et là ils ont déjà fait quelques concerts sur Paris. Dans leur groupe il y a aussi DSL qui sont en train de monter. C’est très bien ce qu’ils font et ils font ça depuis très longtemps aussi. Et puis même aller faire des featurings chez d’autres ou l’écriture pour d’autres, par exemple là, il y a Parabellum qui nous ont demandé de leur écrire des textes, moi j’avais bossé sur la Beuze avec Michael Youn.

Yezzi : D’ailleurs on avait lu un truc qui disait que vous deviez écrire des textes pour d’autres rappeurs ? ça nous a surpris…
N.P. :
Ouais ben ça c’est bizarre parce que dans le rap en plus ça ne se fait pas, ça se fait très peu. Le rappeur, il rappe ses textes, le rocker, il peut chanter des textes d’autres.
G.B. : En même temps, ça se fait, au états-unis ça se fait, Diam’s , elle sort un album, elle a un texte d’un autre.
N.P.: Mais c’est très très rare.

Yezzi : Le manque de médiatisation n’est pas difficile à gérer des fois ?
G.B. :
Ben on y croit, de toute façon quand tu fais un truc public, tu le mets entre les mains des gens, ils en pensent ce qu’ils veulent, ça t’as pas le choix.
N.P.: C’est pareil, on est pas médiatisé mais c’est les médias qui le décident, on peut pas en vouloir aux journalistes si ils ne veulent pas parler de nous. Bon ça nous fais chier mais on peut pas leur en vouloir.
DJ Pone : La vérité c’est la scène aussi et les concerts et si tu remplis tes salles et que tu les cassent en deux à chaque fois, c’est que t’existe.
G.B. : A la limite, ce qu’on pourrait reprocher aux médias c’est de pas s’intéresser plus à nous alors qu’on fait une masse de boulot que beaucoup de groupe de rap ne font pas. Des groupes de rap français qui tournent et qu’ont 200 concerts dans les pattes, tu les comptes sur les doigts d’une main et encore.
N.P. : Dans 2 ans, si on continue à tourner comme ça, on aura fait plus de concerts qu’NTM ou I AM.
G.B. : Y’a que SAIAN SUPA CREW qu’à réussi à faire tant de concerts.
N.P.: ça veut dire qu’un jour on sera peut-être le groupe qu’aura le plus tourner, en rap français. Ça, ça se sait pas tu vois, genre les journaux de rap, ils ont jamais parler de nous comme ça. On va essayer dans les prochains mois de les accrocher un peu la dessus, d’essayer d’aller vers eux, c’est vrai qu’on est jamais aller vers eux non plus.
DJ Pone : En tout cas pour l’album, je vois les critiques, y’en a des bonnes et des moins bonnes mais c’est vrai que tu sens pas qu’il y a de l’impact.
N.P. : ça reste timide.
DJ Pone : « Ouais le nouvel album il est bien mais…. », ils se rendent pas compte qu’au niveau des textes, des flows, du mix, de la musique, enfin tout a pris pour moi 10G. Les gars, ils s’arrêtent sur rien, tu vois, un morceau comme le corbeau comment les mecs ils font pour passer à côté ? C’est que les gars ils écoutent pas….c’est impossible qu’ils écoutent.
N.P.: Mais ça fait des années qu’on entend dire dans les articles qui parlent du rap et de la scène que ça tourne en rond et qu’il faut des gens qui tournent pas en rond. Quand les SAIAN sont arrivés, eux ils ont eu la médiatisation, justement avec cette étiquette « voilà du rap qui change des autres…. » ou avec TTC. Nous, on a jamais eu ça. Pour l’instant on n’a pas la hype. C’est vrai que nous on a l’impression de pas être compris. Après on s’en fout, si on était dans notre cave à composer tout le temps, tu sors ton disque et tu vois qu’en plus il est pas accepté il faut que tu retournes dans ta cave, composer et en faire un autre. Nous on s’en fout, on a la scène donc on y trouve notre compte aussi.
DJ Pone : Ouais après c’est une histoire de malchance mais c’est vrai que t’as l’impression qu’à chaque fois qu’il y a un mec qui va écouter l’album pour un magazine, le gars vient de se lever, il le prend, il l’écoute en 2 secondes avec la main sur le volume et que le mec il le passe aussi vite qu’un pauvre groupe de cité qui à galérer pour faire son morceau parce que les gars ils ont des piles de trucs à écouter et ils en ont rien à foutre qu’il y ait eu de la sueur et des larmes derrière le CD. Ils le prennent, ils l’écoutent comme si c’était de la marchandise. Et même un groupe comme Svinkels qui est signé chez Atmosphériques, qu’a quand même une notoriété, il le base aussi vite que n’importe quel truc. Pour moi il devrait rien baser alors en plus quand ils basent ton truc tu te dis merde c’est chelou quand même.
G.B.: C’est toujours hyper compliqué ce truc là parce que ça tient à plein de choses, ça tient au marketing du truc avant tout. Quand t’es chez Polydor, ils vont mettre 65 fois plus d’oseille que nous on a chez Atmosphériques.
N.P. : Un moment faut avoir une exposition pour donner l’envie. Ton truc il a beau être bien si t’es pas exposé comment tu veux que les gens ils aillent choper ton disque. Faut créer l’envie.
G.B. : J’ai pas vraiment l’impression que les maisons de disque te mettent des battons dans les roues niveau liberté artistique. Je crois que quand t’as un truc original, que ça soit Svinkels ou autre, les gens vont plutôt avoir tendance à t’aider dans ta créativité et te donner les moyens de faire ce que t’as envie de faire. De temps en temps, effectivement ils vont te dire « là le titre il est un peu long » mais ça s’arrête là. Après la hype ça se crée, c’est vrai que ça passe par le relais des médias. C’est que des plans du genre le soir j’arrive « et t’as écouté ça ? ». Nous il y a un buzz sur nous à Paris, les mecs disent « ouais l’album il était quand même assez attendu », on connaît quand même beaucoup de gens dans la musique, dans l’industrie qui disait « ouais il paraît que l’album des SVINK c’est fat et tout que ça arrive, que ça va être méchant ». C’est vrai qu’après, le relais est pas incroyable, pas très offensif quoi.

Yezzi : Et vous n’avez pas des articles sur les concerts que vous faites ?
G.B. :
Si ! en presse régionale (rires)…je dis pas qu’on mérite des couvertures mais bon on a rarement plus d’une page dans les canards. Quand il y a une photo c’est Hallelujah…pour un groupe en plus qui a une image aussi forte que la notre, avec des vrais look ! (rires)

Yezzi : Quelles sont vos influences principales et du moment ?
G.B.:
Ouais disons que plus que des influences, il y a des artistes qu’on aime ou qu’on a aimé. C’est pas spécialement des trucs qui nous influencent totalement si ce n’est sur une question de niveau et de challenge tu vois. C’est à dire que moi je suis un gros fan d’EMINEM, j’aimerais pas travaillé avec lui par contre quand je vois comment il rap, ça m’énerve, parce qu’il rap trop bien et je me dis attends moi aussi je veux faire des trucs comme ça, y’a pas de problème. On se met un peu la pression comme ça. Après au départ c’est vrai que le groupe c’était pas mal BEASTIE BOYS, CYPRESS HILL, HOUSE OF PAI, RED MAN, BUSTA RHYMES, enfin beaucoup de rap américain…
N.P. : Même maintenant encore…
G.B. : Maintenant bien sûr aussi, ça reste la musique qu’on écoute le plus. Après on n’est pas non plus fermés des oreilles et si les gens ressentent ce côté rock c’est parce qu’on écoute aussi du rock. Nikus a tous les albums des WHITE STRIPES, il va aller sampler du BRIAN ENO ou du PLACEBO.
N.P. : Même du RADIOHEAD

Yezzi : Et actuellement les artistes que vous kiffez ?
G.B. :
Moi je te dis EMINEM à fond, c’est vraiment le truc du moment. En rock j’adore MUSE, je trouve que c’est vraiment incroyable.
N.P. : JAY-Z, RADIOHEAD et le disque que j’ai le plus écouter ces derniers mois, c’est LES WAMPAS
G.B. : MISSY ELLIOTT et TIM BALLEN c’est des trucs incroyables. Avec ma nana on a acheté le JUSTIN TIMBERLAKE il y a deux semaines, bon je me le sui fais voler une semaine plus tard mais bon…je sais pas si j’irais le racheter. Y’a du bon dans tout, c’est un peu con à dire mais bon…
DJ Pone : Moi j’aime bien BENABAR
G.B. : Tu vois je trouve que dans la musique américaine ou anglo-saxonne en général, t’as quand même beaucoup de super bon trucs qui sont grand public. T’as pas un gros décalage entre les bons trucs et le grand public alors qu’en France par exemple, c’est quand même un peu horrible l’état de la musique. Quand t’as une ALIZEE Numéro 1…ou encore STAR AC mais bon c’est un autre délire…
N.P. : Tu vois un 50 CENT Numéro 1 c’est compréhensible largement. La musique anglo-saxonne, dans les 20 premières places, t’as des trucs où la production est monstrueuse, des trucs, t’écoute, tu fais « mais merde on n’arrive pas aux chevilles même si ça progresse grave ».

Gérard Baste se lève et fouille dans l’armoire...

Yezzi : Bon ben on va pas vous déranger plus longtemps les SVINK. On vous remercie.
G.B. :
T’as vu ? Même les poêles elles sont IKEA et elles sont encore neuves. Tout est IKEA on se croirait dans le loft. Merci à vous les gars.


Photos (Cliquez dessus pour les agrandir)

Svinkels - cliquez pour agrandirSvinkels - cliquez pour agrandir


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