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Sidilarsen - 2005
par Marcassin le 23-11-2005

C’est juste avant un concert de soutien pour l’AFEV que je rejoins Sidilarsen dans les loges de la SDF de Ramonville pour ce qui s’apprête à devenir une interview marathon : pas moins de ¾ d’heure de palabres en compagnie de Didou (chant), Viber (guitare, chant) et Turbo (batterie) ! Au final, une rencontre très chaleureuse et sympathique avec des musiciens très détendus, une disponibilité et une gentillesse énorme.

Yezzi : Présentez moi le groupe.

Viber : Sidilarsen çà existe depuis 1997, çà fait maintenant quelques années. L’actu c’est l’arrivée du nouveau guitariste Ben Ben suite au départ de Sabash, qui est parti pour se consacrer à la technique du son.
Didou :Sidi c’est 2 albums, dont le dernier paru en mars 2005, avec une tournée prévue jusqu’en 2006 / 2007. On a environ 250 concerts à notre actif.

Yezzi : je vous ai vu en Septembre à Empalot et Sabash a refait une apparition live ? Est-ce qu’il en refera régulièrement ?

Didou : On voulait montrer au public toulousain au niveau de la symbolique que Sabash a quitté Sidilarsen mais qu’au niveau de l’amitié et au niveau humain on est resté proche. Sabash n’est plus motivé pour faire de la guitare, il disait qu’il n’avait plus l’âme du musicien, il avait envie de faire des choses plus concrètes. Lui avait le sentiment de nous ralentir au niveau de la créativité dans Sidi, de nous mettre un frein à nos envies d’évolution. Mais Sabash aime beaucoup la scène, donc il est venu sur un titre s’éclater. Et pour nous, voir Ben Ben et Sabash ensemble sur un titre c’était très fort émotionnellement pour nous. On ne le systématisera pas mais çà pourrait recommencer sur une date exceptionnelle.

Turbo : Ouais, c’était une façon de montrer aux gens la prise de relais chez les guitaristes.

Yezzi : Parlez moi de « Eau » et des conditions d’enregistrement de l’album.

Viber : Il a été enregistré avec Fred Norguet (ndlr : déjà aux manettes sur le premier opus du groupe nommé « Biotop ») au chalet à Bordeaux, qui est un bon studio, très agréable, au milieu de la nature. Fred participe activement au projet et nous connaît très bien. Cela a permis d’aller encore plus loin que sur « Biotop ».

Didou : On a choisi fred car humainement et artistiquement on s’entend très bien. C’est quelqu’un qui touche à plusieurs styles, qui n’est pas enfermé dans un courant musical, Il a produit du Ezekiel comme du Burning Heads, c’est quand même très différent. Il a une ouverture d’esprit intéressante et il ne cesse d’évoluer et de se remettre en question, ce qui fait qu’il n’a pas de son figé. On pense d’ailleurs retravailler avec lui pour le troisième album.

Yezzi : Parlez-moi du visuel de « Eau » avec cette méduse violette

Viber : l’artwork a été réalisé par Jouch, un pote graphiste. On a travaillé sur un visuel très simple, épuré comme « Eau ». Et puis la méduse donne un côté féminin, plus que le tire-bouchon (ndlr : l’artwork de « Biotop », l’album prcédent), et aussi quelque chose de beau, de fluide et de dangereux. Une méduse c’est vénéneux, c’est l’eau et le feu mélangé. C’est les extrêmes, quelques chose de très beau qu’on a envie de toucher, et çà brûle quand on touche. C’est un peu notre vie, du métissage, des choses mélangées, le feu et la glace.

Didou : C’est quelque chose de plus organique que l’homme machines. Il y aune opposition entre « Biotop » et « Eau ». d’une part le côté masculin vs le côté féminin, mais aussi dans les couleurs c’est exactement les couleurs opposées que sur « Biotop » (ndlr : noir et vert contre blanc et mauve sur « Eau »). Et puis la méduse çà représente aussi l’onde puisqu’elle suit ce qui se passe dans l’eau, et dans cette album on trouve qu’il y a pas mal de sonorités aquatiques.

Yezzi : Essayez justement de caractériser l’évolution musicale entre les 2 albums de Sidi qui sont assez différents.

Viber : En fait sur « Biotop » on a posé les bases de ce qu’était la fusion selon Sidilarsen. On avait plus ce besoin de revendiquer notre façon de faire en faisant ressortir desinfluences qu’on avait auparavant. Après « Biotop » on est arrivé avec des choses beaucoup plus ragga, rock, avec plus de mélodie. On a travaillé naturellement sans se prendre la tête. Il y a une réelle évolution, soit, mais ce n’est pas voulu, on n’a pas essayé de s’enfermer dans des concepts. On veut que chaque morceau puisse vivre indépendamment, avec des paroles différentes.

Didou : Ouais comme disait Viber à aucun moment on calculera notre évolution. On a juste besoin de vibrer tous les 5. Ce qui est marrant de voir, c’est que les morceaux du nouvel album qui plaisent le plus aux gens sont en fait les plus différents de ce qu’on faisait avant, çà prouve que le public a accepté l’évolution, qui n’est pas non plus radicale. Il y a quand même la patte Sidi.

Yezzi : Dans l’idée de beaucoup de monde Sidi = boom boom avec des machines. D’où vous est venue cette idée de métissage entre électro et rock ? C’est venu naturellement ou c’est des groupes qui vous ont influencé ?

Viber : Au départ on était plutôt techno métal, et maintenant c’est plus électro rock car au fil du temps entre les 2 albums on a entendu pas mal de choses intéressantes sur la scène musicale, comme par exemple la scène dub-électro française qui est vraiment établie, il y a aussi le retour du rock.

Didou : De tout façon on est un groupe de rock depuis nos débuts. Au début on avait envie de faire de l’indus, un peu à la Nine Inch Nails. Mais nous on voulait une utilisation plus chaleureuse et festive des machines, d’où le côté tribal. L’étiquette dance métal a été employée pour bouger un peu la population française assez bloquée sur les machines dans le monde du rock. Maintenant Sidi çà a toujours été un cadre plus large, la preuve sur « Eau ».

Yezzi : Le chant est en français. Pourquoi ?

Viber : Moi mon niveau en anglais n’état pas fabuleux à la base. Pour parler de trucs touchants je préfère m’exprimer en français de manière à être compris. Pour nous c’est important de dire les choses car on fait une musique puissante connotée de violente. E tpuis avec Didou on a des influences en commun dans la chanson française. Ca demande du boulot mais çà rajoute de la substance, plus de profondeur et de sens.

Didou : Il faut être proche de ce que l’on ressent. En français çà passe mieux. Et puis même au niveau de l’originalité ou de la personnalité, le français peut très bien sonner sur du métal ou du rock. Dans un autre ordre d’idée, un groupe comme Rammstein (ndlr : illustre groupe de métal teuton) a prouvé que c’était intéressant de conserver sa propre langue, même en export. C’est un espoir qu’on a, qu’un jour que les maisons de disque développent un groupe qui chante en français à l’étranger. Car les français qui chantent en anglais çà part des fois à la rigolade. C’est vraiment dommage que les grosses maisons de disque ne parient pas sur un groupe chantant en français et ayant une réelle identité qu’un groupe qui fasse de la copie des standards actuels d’outre atlantique…

Yezzi : Parlez-moi des thèmes qui reviennent à l’écriture chez Sidi

Viber : Les thèmes qui nous tiennent à cœur, c’est nous. On parle de ce que l’on voit, de ce que l’on ressent, de ce que l’on vit. On se censure pas, il y a des événements qui se passent dans notre société qui nous influencent (« A qui je nuis me pardonne », « La morale de la fable »). On a un côté un peu politique sans donner des leçons, juste de l’indignation. Sinon les thèmes sont axés surtout sur les relations humaines.

Yezzi : Sidi était au Larzac, au festival du 38, à Tournefeuille contre Le Pen. Ce soir c’est aussi pour la bonne cause. Peut-on dire que Sidi s’implique sur le plan social en faisant passer des messages un peu comme Lofo ?

Didou : Ouais, à part que passer des messages c’est à double tranchant. On essaye d’amener de la réflexion. Oui, on s’engage quand il y a besoin, mais çà ne doit pas prendre le dessus au niveau artistique. Je citerai Cantat qui disait dans une interview que quand on a la chance d’avoir le haut parleur, c’est important de se responsabiliser là-dessus et d’en avoir conscience. Attention à l’impact que çà peut avoir.

Viber : C’est çà. Sans porter de drapeau, il faut garder les yeux ouverts et ne pas avoir peur de l’autre, on le sent bien en ce moment (ndlr : allusion à l’épisode des banlieues de Novembre). Vu qu’on prône le métissage, c’est notre approche.

Yezzi : Vous avez Sriaracha, pourquoi ? Faîtes le bilan de l’époque Sriracha pour Sidi.

Cà nous a amené beaucoup de crédibilité car c’est une structure très reconnue dans le métal français pour faire jouer les groupes en concert. On travaille avec Fabristi (notre tourneur / manageur) depuis longtemps. Il bossait chez Sriracha et on était naturellement chez lui. Et puis Fabristi en avait marre de la vie parisienne donc il est descendu sur Toulouse où il vient de monter sa propre structure nommée Talowa et qui se veut encore plus éclectique que Sriracha, et bien sûr on a suivi. Il y a 8 groupes dont Sidi, Punish Yourself, L’Air de Rien, des groupes de ragga, de l’électro…En fait c’est une énorme aventure humaine qu’on vit avec Fabristi depuis des années.

Yezzi : un mot sur Antistatic, votre collectif toulousain.

Didou : La rencontre Sidi-Psykup-Delicatessen est partie d’un besoin mutuel d’entraide car à l’époque le rock et le métal avait du mal à s’exprimer sur Toulouse, moins que le festif et le reggae en tout cas. Ca a donné lieu à des initiatives : affichage la nuit, orga de concerts, beaucoup de travail sur le terrain, un fanzine appelé la réaction positive, le festival « Furia Antistatic »,... Ca nous a permis de sortir de Toulouse via des échanges et çà a pu en influencer d’autres, avec une dynamique qui s’est montée autour du métal à Toulouse et qui a maintenant fière allure, avec un public, des bénévoles. Maintenant l’objectif du collectif est plus de développer Mary Slut et Leiden qui n’ont pas de tourneur et pas de label (ndlr : Delicatessen arrête en décembre). Maintenant il y a Jerkov. Je pense que le collectif va intégrer d’autres groupes par la suite mais on attend de réussir le contrat : développer un peu plus Leiden et Mary Slut, car Sidi et Psykup n’ont quasi plus besoin d’Antistatic, on est là juste pour un enrichissement humain. Et puis nous çà nous amène une lucidité, cela nous permet de garder les pieds sur le terrain. On a pas mal d’idées mais il y a la réalité financière derrière. On n’a jamais aucune subvention, aucune aide, alors qu’on a la reconnaissance des gens du milieu, les institutions ne nous ont jamais filé le moindre coup de pouce. L’actualité du moment, c’est arriver à rembourser les dettes que l’on a depuis le début.
On a aussi des idées comme ce festival où les groupes qui participent feront 3 reprises d'artistes qui ont la même lettre, et si possilbe le plus décalé possible. Psykup pourrait reprendre Pow Wow, çà pourrait être rigolo.

Yezzi : les groupes avec qui Sidi aime jouer en concert.

Viber Il y en a tellement ! A Toulouse, les gens sont de plus en plus professionnels et ont envie malgré le statut précaire d'intermittent. Les groupes avec qui on aimerait jouer dans la mesure du possible c'est lofofora, mass Hysteria, Freedom for King Kong, Ezekiel, mais aussi du dub, sans limites quoi. Ca me permet de dire qu'en 2006 on va sortir un coffret avec "Biotop" réédité et un cd où seront présents des groupes qu'on aime bien qui feront des remixs de "Eau".

Didou : Moi j'aime beaucoup Freedom for King Kong ou Prohom car il y a la qualité musicale et le metissage. Cette année, on a croisé les Burning Heads, et ils sont super détendus après tant d'années de route. C'est beau.

Yezzi : 2/3 dates marquantes depuis les débuts de Sidi.

Viber : Il y a le Larzac à cause du contexte très spécial, 300 000 personnes réunies avec un esprit ultra positif. Ensuite la date au nouveau Casino à Paris qui s'est super bien passée car on l'appréhendait un peu.

Didou Ouais Sidi à paris c'est peu développé. On aime pas trop l'ambiance parisienne et le microcosme qu'il y a là-bas. cette date on s'est pas mis de pression, et il s'est passé un super truc avec le public. j'ai beaucoup vibré.

Yezzi : vous écoutez quoi en ce moment ?

Viber : Beaucoup de Rammstein sinon je viens de cassser mon lecteur donc pas grand chose.(rire jaune). Camille aussi, du dub, Eminem

Didou : Le dernier Dépêche Mode, Rammstein, Gojira, et du post rock comme Cult of Luna, Isis. Il me tarde vraiment le nouveau Deftones. Et du dub français, Ezekiel, hightone, Zenzile. Du hip hop, du ragga, la Phaze.

Yezzi : Yezzi, le nom du webzine vient de vous. Expliquez-moi enfin d'où vient ce nom !

Viber Ca vient de yes, c'est pour dire qu'on est content, heureux d'être ensemble. il y avait "Yessaï" de Mouss de mass Hysteria (ndlr : écouter le titre de Mass "La canopée"). Comme d'habitude quand on entend un truc on joue avec et c'est devenu Yessi pour faire plus français. Et puis des Z à l'italienne, un délire très crétin, avec 2 Z pour pas qu'on le trouve ailleurs. C'est un mot positif qui explique la joie et la déconnade tout en étant sérieux.

Didou : Ca a été initié par Turbo. On voulait un truc différent, qui ne tombe pas dans le nocturnal metal dark des abysses de l'enfer des chaos des cendres de la mort. (rires); un truc plus positif et plus ouvert.

Yezzi : le mot de la fin

Viber : Content de rejouer là car le deuxième soir de la Furia a été annulé faute de moyens. Il y aura plein d'amis ce soir. On va essayer de faire une bonne date.

Didou : On est content que cela se passe dans un contexte caritatif avec l'AFEV (structure d'étudiants qui font du soutien scolaire), surtout quand on voit le contexte social actuel du moment. le but n'est pas forcément de récolter des fonds, mais de faire du recrutement. Pour nous c'est bien concret, être utile et aller vers les autres, çà change en ces temps !

Je remercie du fond du coeur Didou, Viber, Turbo et Verlaine pour cette entrevue qui fut fort plaisante.

Plus d'infos sur: www.sidilarsen.com

Photos (Cliquez dessus pour les agrandir)

Sidilarsen - 2005 - cliquez pour agrandir


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