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No One is Innocent
par Olga et Sat. le 04-05-2007

C'est juste avant le concert donné aux Vents du Sud que Kemar, le chanteur charismatique du groupe répond à mes questions qui concernent notamment le nouvel album "Gazoline" qui vient de sortir.

Salut Kemar ! Première question : que peux tu dire de l'évolution entre "Revolution.com" et "Gazoline" ?

Gazoline a été plutôt construit dans la démarche basse/guitare/batterie sans penser à la couleur électro qu'on apporte. Je veux dire par là que les compositions pouvaient partir des fois d'une base électro alors que pour dans "Gazoline" elles partaient du trio basse/guitare/batterie, et ça change du tout au tout un morceau.

C'était une démarche consciente pour bien te démarquer de "Revolution.com" ?

Non, par forcément. On a fait ça aussi par rapport au live de la tournée "Revolution.com" où chacun a pris toute sa dimension dans le groupe depuis 2 ans. Shanka n'avait pas envie de faire un break de 6 mois, il voulait tout de suite se remettre au travail dans ce sens. Moi ça m'a plutôt plu !

Tout est donc venu de façon très naturelle ?

Oui et non car on a écarté pas mal de chose quand on partait trop vers l'électro ou quand on se rapprochait des trucs qu'on avait déjà entendu de No One.

C'est une nouvelle vision de la révolution de No One ? Chacun de vos albums est une révolution en soi…

De toute façon, c'est interdit dans No One de sortir deux fois le même album !

Ce qui m'a marqué ce sont les textes exclusivement en français sur "Gazoline"…

"Parce que nous sommes français, môôônsieur !" (rires). En fait, c'est juste parce qu'à un moment donné plus tu as confiance en toi dans l'écriture, plus tu joues avec le verbe et ça devient un véritable challenge de faire comprendre ton truc et de jouer avec les mots. L'important c'est d'arriver à trouver son ton. C'est le quatrième album de No One, et plus on avance plus on sait comment ça va se passer…

C'est une question de maturité ?

C'est un bien grand mot ! C'est juste qu'on devient un peu plus fort. On se connaît mieux, en fait.

Quelles étaient tes inspirations pour l'écriture des derniers textes ?

C'est vrai qu'on a beaucoup eu les présidentielles en ligne de mire mais en même temps on se disait que tout le monde allait nous attendre au tournant sur ce sujet. En fait, on voulait aussi éviter d'arriver avec un album et un constat. Très vite on a compris que Chirac ne se représenterait pas donc on a voulu écrire quelque chose là-dessus. François a sorti une instru à la limite pleine de tendresse que j'ai trouvé excellente. De son côté, il n'était pas sûr que ça allait sonner comme du No One, mais avec les textes que j'ai écris à côté on a tout de suite fait le lien. C'est ça le truc de No One : à chaque fois on cherche à trouver le lien entre ce que raconte la musique et ce que va raconter le texte. "Gazoline" est un morceau musicalement arabisant et oriental, j'ai donc décidé d'écrire un texte sur le pouvoir excessif du pétrole.

Est-ce qu'avec le départ de Chirac, vous avez perdu votre meilleur ennemi ?

Si tu veux avec ce qui va nous arriver, je pense qu'on risque de le regretter Chirac…
Tu sais c'est bizarre, ces grands hommes politiques là comme Chirac ou Mitterrand ont toujours fait l'envers de ce qu'ils ont dit : Mitterrand a fait plutôt une politique de droite, Chirac a essayé d'influer sur une politique de gauche même s'il n'y est pas arrivé etc.
Sauf qu'aujourd'hui, on sait vraiment à quoi on va s'attendre ! En fait, ça fait longtemps qu'on avait en ligne de mire Sarkozy et notre challenge dans No One c'est d'essayer d'écrire des textes pour faire passer des idées et parler de ces gens-là sans pour autant les appeler par leur nom.

On en revient donc à la maîtrise du texte dont tu nous parlais tout à l'heure…

Voilà, c'est ça. Je sais que beaucoup de monde nous attendent sur ce sujet car le côté engagé de No One est devenu un peu comme une marque de fabrique. Ce n'est pas parce qu'on fait du rock, qu'on pousse le son à fond qu'on doit dire n'importe quoi et qu'on doit attaquer au premier degré sur n'importe quel thème. Nous on recherche la qualité. C'est peut-être pour ça que le groupe tient encore. Sur chaque album de No One, il n'y a jamais de tromperie. C'est sûr, on n'a pas fait quinze albums mais moi à chaque sortie d'album, je peux le défendre à 100 % car j'en suis fier.
C'est pour ça, qu'à un moment donné il y a eu un break dans No One, car je sentais que même si on était assis sur une petite notoriété, je n'allais plus pouvoir défendre mon implication dans les textes musicalement, artistiquement ou même humainement.

Par rapport à ce que tu disais sur la marque de fabrique de No One. Tu n'as pas l'impression de t'y être enfermé ? Je veux dire par là, que le public attend de toi du pur No One avec des textes engagés etc.

Tout à fait ! Mais la tournée "Revolution.com" a révélé plein de trucs comme le fait qu'on est des joyeux drilles dans le fond. On a remarqué qu'en tournée, il y a plein de groupes qui se la jouent festif mais en fait ce n'est pas du tout la cas. A l'inverse, des groupes comme nous qui paraissent énervés ou en colère sont dans le fond de super déconneurs. Pourquoi ? Parce qu'on a énormément besoin de se lâcher. Pas forcément de lâcher prise par rapport à notre côté négatif car nos concerts sont des véritables teufs mais plutôt de l'environnement dans lequel nous vivons. Pour nous la musique est une thérapie, un véritable exutoire…

On a préparé quelques questions sur des titres de l'album. Pour moi, "Boomerang" me fait penser à une histoire d'amour qui fini encore mal (peut-être en moins trash que B.O)…

Ouais, c'est vrai ! "Boomerang" c'est simplement ce grand phénomène d'histoire d'amour du genre on se fuit mais on veut recoller les morceaux, on veut recoller les morceaux mais on se fuit etc. C'est en fait cette sorte de ping-pong qu'il peut y avoir dans le relationnel amoureux. C'est quelque chose de tellement flagrant et intemporel que j'avais envie de l'écrire. Et puis ça peut prêter à confusion car le gens peuvent penser que c'est un texte ravageur sur un truc qui va nous revenir dans la gueule…mais en fait, on en prend le contre-pied !

En plus c'est assez fin car au niveau du son, j'avais l'impression qu'on se trouvait à l'intérieur d'une bouche quand on roule un patin…

C'est intéressant comme idée, ouais…

Il se drogue beaucoup, aussi (rires)

(rires) On dirait, oui !

Quant à moi la lecture du titre "Police Délice" m'a fait penser à "Police Milice" de Trust…

Non pas vraiment. En fait, c'est juste le récit d'un pote qui a passé quelque temps en garde à vue…

Sur le titre "Laisse-Toi Aller", j'ai eu cette impression d'un manque d'inspiration sublimé…

Ouais, j'ai écrit ce texte quand j'étais dans le trou ! (rires). Par rapport à ce que tu disais tout à l'heure je me suis enfermé dans cette sphère de contexte d'écriture où j'ai tout raconté. J'ai parlé d'injustice, de misère, de nucléaire, de guerre, de révolution par Internet etc. et à la fin je me suis dit que j'allais écrire sur quelque chose de plus léger mais au final, la légèreté peut peser 3 tonnes ! Pour moi, parler du printemps et des hirondelles c'est super difficile…
Du coup, ce titre c'est un peu un exutoire qui permet de prendre de recul sur les choses ou sur soi-même.

Par rapport aux concerts que vous avez fait, quels en ont été les retours ?

Bien ! Tout s'est passé super vite. D'habitude on met entre 20 et 30 concerts pour bien se caler et d'avoir un rythme de concert, puis là curieusement, tout passe tout seul au bout de 4 ou 5 dates. On est vraiment fier de cet album et ça marche tout seul, quoi…

En ce qui concerne les concerts actuels, est ce que tu arrives toujours avec la même hargne qu'avant ? Je veux dire par là qu'avec la notoriété de No One, le public est déjà conquis d'avance…

Comme je te l'ai dit tout à l'heure quand je monte sur scène c'est pour défendre mon truc à 100%. Des fois, je me dis que c'est peut-être le dernier concert consciemment ou inconsciemment. Moi, c'est la musique et les mots qui me portent et le jour où je ne croirais plus en ce que je fais, j'arrête. Je suis sincère dans ce que je fais dans No One et je le resterai jusqu'au bout. Je pense que ce sera très dur pour moi, le jour où je jetterai l'éponge. Je suis comme un boxeur, je n'ai pas envie de gagner aux points…

Qu'est ce que tu penses du fait qu'une large partie du public ne réduise No One qu'à ta personne et que les autres musiciens soient un peu "éclipsés" par rapport à toi ?

Non je ne suis pas d'accord car quand tu vois Indochine, les Wampas ou Dionysos, tu vois ces groupes que par le chanteur. Le frontman c'est celui qui dégage l'image d'un groupe via les textes, l'attitude et l'interprétation. C'est comme la Mano Negra, à part Manu Chao, t'avais l'impression de connaître qui ?
Après quand tu vois un groupe sur scène, tu vois vite que le chanteur n'est pas le seul à se mettre en avant…

Une petite série de questions rapides : ton CD du moment ?

Nadj, une pure meuf !

Pourquoi avoir débuté le live "Suerte" par une reprise de Rage Against The Machine ?

Pour nous c'était un moyen de faire taire toute les personnes qui nous comparaient à RATM, bien que cela ne nous ai jamais vraiment dérangé. Mais depuis qu'on a fait ça, on nous prend 100 fois moins la tête avec Rage ! Le fait de mettre "les pieds dans le plats" de cette façon nous a permis de ne plus entendre toutes ces comparaison. D'un autre côté, je préfère être comparé à Rage plutôt qu'à Placebo !

Un mot pour les élections de dimanche ? (l'interview date du 4 mai 2007, 2 jours avant le second tour - ndlr Olga)

D'après le duel que j'ai vu à la téloche, mes convictions sont restés les mêmes. J'ai eu l'impression d'avoir à faire à un imposteur qui est un avocat de formation à la base et qui a fait une véritable plaidoirie sur la façon dont il avait envie de redresser la France. En face de lui, il y avait une femme avec une vraie formation politique qui ne jouait pas à fond sur le populisme. On sent bien son mépris et on sait qu'il ne pourra jamais être le président de tous les français. On sent que la rue va être en feu !
C'est sûr, les gens ont besoin de rupture, de changement et ça va être le cas mais avec des banlieues en feu, des ouvriers dans la rue, des grèves, une bérézina sociale etc. C'est ça qui me dégoûte ! Il a fait une plaidoirie en bonne et due forme avec 3 ou 4 thèses du FN…
Je ne dis pas que tout est rose du côté de la "madone" mais au moins on a ce sentiment qu'elle réforme un peu le socialisme et qu'elle a gagné des points dans ce duel.

Espérons. En tout cas il est possible d'avoir un excellentissime album de No One dans les 5 ans à venir, non ?

Je n'en sais rien mais on va continuer à utiliser la musique comme une arme comme on l'a fait au temps de Chirac ("le bruit et l'odeur", les essais nucléaires, la dissolution, le CPE…).
Putain, vivement qu'on fasse un album de chansons d'amour, quoi ! (rires)


Plus d'infos sur: nooneisinnocent.artistes.universalmusic.fr

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