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Le Peuple de l'herbe
par Djinax le 13-11-2007

Le Peuple de l'herbe revient avec "Radio Blood Money" son nouvel album et le premier sans Dj Stani, l'un des fondateurs du groupe. Il y a donc quelques changements et c'est Dj Pee qu nous en parle.

Un petit mot sur vous influences pour commencer.

Dj Pee :
Les influences évoluent forcément mais à l’origine l’envie première avec Stan était de faire un projet pour étoffer nos sets Dj. On a d’abord monté notre label puis le groupe, on voulait faire du trip hop à la Dj Shadow, d’ailleurs on aimait bien une phrase de lui disant « le trip hop n’existe pas, ce n’est que du hip hop instrumental » sachant qu’à l’époque le trip hop était le nom qu’on donnait à la musique de Portishead et de Massive attack. Puis il y a eu « Reprezent » le projet drum’n’bass live de Roni Size qui nous avait bien impressionné. Dans nos sets, on jouait très varié, du hip hop, du old school également, de la salsa, beaucoup de musiques de film, des choses très rythmées aux influences soul et jazz, de la jungle, du ragga, du reggae… Nos références restent toujours les mêmes, personnellement le hip hop et la drum’n’bass m’intéressent moins en ce moment car on en écoutait beaucoup et là je trouve que ça ne se renouvelle pas depuis 2 ou 3 ans. J’ai grandi avec le punk rock, puis je suis arrivé au punk hardcore, j’aimais beaucoup les Dead Kennedys et les Bad Brains, jusqu’au moment où je trouvais que ça tournait en rond également. C’est à ce moment là que j’ai commencé à écouter du hip hop en 89, à l’age d’or avec Public Enemy notamment puis tout l’afrocentrisme autour de Jungle Brothers, De La Soul et surtout A Trible Call Quest. C’était dans l’ensemble des périodes charnières très importantes puis le fait que le Gangsta soit devenu en quelque sorte le modèle pour le hip hop m’a un peu calmé. Donc en ce moment, j’écoute plus des vieux sons, une sorte de retour aux sources avec des groupes comme The Clash par exemple que j’adore.


Depuis la sortie de Cube et la fin de la tournée française, Dj Stani, le fondateur du groupe avec toi a décidé d’arrêter l’aventure. Un pti mot sur Spagg son remplaçant qui est à la basse et au clavier et qu’est-ce qui a changé depuis son arrivée dans le Peuple?

On avait déjà travaillé avec lui, il avait fait des arrangements de guitare sur PHT 2 donc ça fait un moment qu’on le connaît. Il joue aussi de la basse et on voulait aller plus loin dans le live, que ce soit plus joué, alors que Stani a plus une culture de Dj. Même s’il gratouillait un peu, il n’avait pas envie d’explorer ces pistes là. Donc suite à son départ, on a cherché à développer ce coté là, c’est ce qui a été emmené sur le dernier album où 6 morceaux sont joués alors qu’avant on composait uniquement sur sampler, MPC ou avec l’ordinateur. Maintenant on est plus comme un groupe classique, on joue nos morceaux et on les fait tourner jusqu'à ce qu’ils nous plaisent. Spagg a aussi emmené un coté plus froid puisqu’il a joué chez les Treponem Pal et les Young Gods notamment donc il a cette culture là, il apporte des tonalités plus froides et qui correspondent très bien à l’album car on voulait lui donnait un coté plus dark. Pour cet album, les influences restent les mêmes, on essaye de ne pas se répéter, au niveau du hip hop, il est plus teinté d’electro moderne avec des sons biens tordus comme sur le morceau « History blues » avec JC 001.


Vous avez sorti votre 4ème album nommé « Radio Blood Money », une fois de plus très varié. Où et avec qui l’avez-vous enregistré ?

On l’a enregistré chez nous, dans notre studio Supadope Factory à Lyon avec mon frère Chris qui est notre ingé son depuis le début. Il a fait beaucoup de progrès et on est super fier de ce qu’il nous a fait, ça faisait longtemps qu’on voulait un son bien fat et là, on a enfin réussi à faire quelque chose qui nous plait. Au niveau de la composition, c’est difficile à dire, je dirais qu’on a pris entre 6 et 9 mois, on voulait avoir le choix donc on a beaucoup composé et beaucoup jeté pour ne garder que les choses qui nous plaisaient vraiment.


Explique nous le concept qu’il y a autour de l’album.

Le concept est arrivé par le biais d’un ami qui est critique et écrivain de science fiction, il vient d’ailleurs de sortir une encyclopédie sur la science fiction. En discutant on voulait quelque chose de plus sérieux mais sans tomber dans la démagogie, c’est vraiment ce qui nous fait super peur, comme des groupes qui se permettent de dire « faut penser comme ci, faire ça sinon t’es pas du bon coté de la barrière ». Donc l’idée, c’était d’utiliser le biais de la science fiction, ça nous paraissait une bonne référence car on aime beaucoup ce qu’il écrit. Il nous a ressorti « Radio blood money » ce livre de K. Dick qu’on avait oublié et on trouvait le concept intéressant, cet espèce de Dj qui tourne autour de la planète et qui passe de vieux morceaux aux gens et si cela a donné envie à un ou 2 auditeurs d’ouvrir un livre et de chercher autre chose tant mieux, on peut emmener des pistes différentes encore une fois sans démagogie. Pour parler du bouquin en gros, il a été écrit dans les années 50 et ça se passe dans le futur. On expédie un couple au fin fond de l’univers donc on imagine que le voyage va durer très longtemps vu qu’on envoie un couple pour qu’ils puissent procréer. Ils embarquent avec eux des bandes avec tout ce qui a été enregistré sur terre pour notamment s’occuper pendant le voyage. Puis il y a une sorte d’apocalypse entre les 2 grosses puissances mondiales et tu ne sais pas trop si c’est à cause de ça ou à cause d’un accident mais la femme meurt et la fusée est coincée en orbite terrestre. Comme il est parti pour très longtemps, il a des vivres et cette radio est un peu à la fois, le symbole du passé et le lien entre les gens puisqu’ils ne peuvent plus communiquer mais certains peuvent l’entendre. On aimait bien cette image mais il faut vraiment lire le livre, c’est une bonne analyse de l’humain en général.


En featuring sur l’album, il y a notamment Sir Jean qui a écrit « Judge not » et qui vous accompagne sur la tournée, un petit mot sur votre rencontre.

Alors en fait, on a commencé le Peuple avec Sir Jean, avant qu’il soit dans Meï Teï Sho, on partageait le même local qui depuis est devenu le local Jarring Effects. Donc quand on a commencé le Peuple de l’herbe, on a fait le PH Thème qui est notre premier maxi, c’était Sir Jean qui chantait, on a juste échantillonné sa voix pour en faire un gimmick. Puis Jarring Effects a organisé une tournée avec High Tone et Meï Teï Sho dans les capitales des pays de l’Est, donc c’était assez impressionnant d’aller notamment en Bosnie, 10 ans après la guerre. C’était une tournée forte en émotions avec des gens qu’on connaissait bien et à cette époque Sir Jean venait tous les soirs faire le PH Thème. Donc on a eu envie de refaire un morceau ensemble et vu qu’il a arrêté Meï Teï Sho, il nous suit en tournée. L’autre featuring est bien sur JC 001 qui est avec nous depuis le 2ème album, c’est l’invité permanent du Peuple de l’herbe, le 5ème membre.


Justement pourquoi JC 001 n‘est pas plus présent sur l’album ?

C’est une volonté, à l’origine on est un groupe instrumental, mais le jour où JC 001 voudra faire son album solo, on lui écrira peut-être des morceaux. On n’a pas envie d’être limité qu’au cadre de la chanson, on aime bien en faire avec des chanteurs mais on ne veut pas faire que ça. C’est pour cela qu’on utilise beaucoup de samples, de voix notamment pour évoquer et amener une vision différente de la musique.


Quels sont les thèmes des chansons ?

Les thèmes se rapprochent de l’esprit autour de l’anticipation. Le morceau « Judge Not » qu’a écrit Sir Jean dit qu’on ne peut pas juger un livre avant de l’avoir lu, c’est un message de paix et de fraternité avec un peu de réflexion, c’est un super texte. On a beaucoup discuté avec nos mcs avant l’album en leur expliquant le concept, le fait qu’on voulait faire un album plus engagé et ils ont trouvé des sujets forts. JC sur « History Goes » parle de deux sujets, à la fois il se sert de la métaphore du hip hop et des gens qui parlent beaucoup sur le hip hop alors qu’ils ne savent pas forcément comment ça se passe en réalité et en même temps il dénonce la manière que certaines personnes ont de revisiter l’histoire. En France, on essaye par exemple de nous présenter Mai 68 comme une révolution de glandeurs alors que ça a été une révolution sociale. Notre président avec qui je ne partage pas toutes les idées notamment son sens de la communication, et bien c’est le premier à inventer des termes comme soixante-huitards ou altermondialiste alors qu’il est divorcé, remarié, se pointe à l’Elysée en short… sous De Gaulle il aurait été inconcevable qu’un représentant, qui plus est de droite fasse des choses pareilles. Cette espèce d’hypocrisie comme quand on se sert de symboles pour les déformer, quand il parle de Jaurès par exemple ou de livres qu’il n’a même pas lu, c’est ce coté révisionniste qui m’énerve. C’est aussi ce que décrit Horwell dans « 1984 », quand on a la capacité avec la technologie, de changer tout de suite ce qui s’est passé, on peut suivre l’info en temps réel mais on ne sait plus vraiment qui croire. Si on oublie les supports, vu que ça semble être la direction prise avec Internet notamment, bientôt on lira des livres qui ne sont plus réels, seulement des fichiers. Il faut quand même se poser la question, comment garder une trace réelle de l’histoire, « History Goes » traite de ça. L’autre titre c’est « Free Degree » car on avait eu cette discussion sur la guerre en Irak et comme à l’époque du Vietnam, aucun américain membre du congrès n’a de famille qui se bat en Irak, donc ce sont les pauvres, les latinos, les blacks et quelques blancs qui y vont pour avoir un boulot. On avait lu un article sur les recruteurs de l’armée américaine qui étaient sur les campus pauvres et en échange de leur engagement, ils leurs donnaient une bourse. Donc on imaginait une pub pour l’armée en disant « vas y, inscris toi maintenant t’auras ton diplôme gratuitement sauf que tu seras mort les armes à la main dans une guerre qui n’est pas la tienne». On avait déjà fait un morceau sur la guerre quand le gouvernement britannique c’était engagé aux cotés des USA car JC avait vraiment besoin d’expliquer aux gens que beaucoup d’anglais étaient contre la guerre.


Le peuple de l’herbe en live, ça donne quoi ? Je suppose que vous avez spécialement retravaillés les morceaux.

Ça donne de la merde (rires). Oui, on s’est efforcé de bien retravailler nos morceaux, on y a passé beaucoup de temps. On a retravaillé également les anciens morceaux, arrangé les nouveaux, on en jouait certains avant la sortie de l’album donc ils ont un peu évolué depuis et d’autres ont été réadaptés à notre sauce pour la scène. Mais ça, c’est à vous de juger.


Vous avez des projets en dehors de la tournée comme un Dvd par exemple?

On va essayé d’en faire un, on aimerait bien. En fait, on voulait le faire il y a 2 ans, avant le départ de Stani mais cela a un peu contrarié les plans. Peut-être qu’on en fera un sur cette tournée, il y a des chances qu’on filme 1 ou 2 concerts mais on aimerait faire un Dvd live accompagné d’une version audio.


Vous avez collaboré avec les Pupettmastaz sur l’album « Cube », comment vous êtes vous rencontrés ?

On était à Berlin, dans un magasin de disques et le vendeur était français, il nous a fait découvrir les Puppetmastaz en nous passant leur cd vu qu’il les appréciait et on les contacté à partir de là. Après on les a emmené en tournée avec nous car on trouvait le concept génial et ils n’étaient pas très connus en France. Maintenant ça marche bien, ils ont signés sur un label français, on est super content pour eux mais ce sont des marionnettes, il ne faut pas leur faire confiance, ils n’aiment pas les humains.


Tu écoutes quoi en ce moment ?

J’ai beaucoup aimé l’album de Burial, c’est du Dubstep, il l’a sorti il y a 1 an et demie et je le trouve vraiment très complet et intéressant. J’ai beaucoup écouté Amy Winehouse, Mark Ronson, j’aime bien les filles qui chantent quand ce n’est pas trop commercial comme Lilly Allen par exemple. Le dernier Dizzee Rascal est sympa, il progresse, j’ai bien aimé le titre qu’il a fait avec les Arctic Monkeys. J’écoute les Dub Pistols, chez Ninja Tune, il y a The Heavy que j’aime bien, c’est de la nouvelle soul et le chanteur on dirait Curtis Mayfield, c’est assez mortel.


Quelles sont les dernières claques que tu as prises en live ?

C’est difficile car j’essaye d’aller voir les concerts que j’aime et je suis rarement déçu. Là on a joué au festival Marsatac à Marseille avec MOP, c’était vraiment bien, j’ai été un peu déçu par Mos Def alors que j’aime beaucoup ce qu’il fait mais je pense que la salle ne s’y prêtait pas, ça aurait mieux fonctionné dans un club. Wax Tailor a fait quelques dates avec nous et le show est vraiment bien foutu, il a eu quelques galères au début avec sa vidéo mais maintenant ça marche bien. J’adore ce que fait Ursula Rucker, ses prods et les morceaux de cet album sont vraiment bien. Ma dernière grosse claque, c’est Public Enemy, je les avais vu en 95, à l’époque ils ne m’avaient pas impressionné alors que j’adorais ce qu’ils faisaient et là, ils ont réussi à faire un super show, ça envoie grave, ça fait plaisir. J’y suis allé car ils jouaient à Lyon donc je ne pouvais pas les louper et comme notre logo en fait, on l’a piqué sur Public Enemy, je voulais offrir un disque à Chuck D. J’ai pris une claque énorme, j’étais super content d’y être allé, c’est bien quand des anciens ne te déçoivent pas, il y a beaucoup d’investissement et le show est vraiment bien travaillé. Il y a pleins de bonnes choses, il y a encore de l’avenir sur scène.


Plus d'infos sur: www.lepeupledelherbe.net

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