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La Phaze
par Djinax le 17-10-2008

La Phaze a sorti cette année "Miracle", son nouvel album et c'est Dany le chanteur qui nous en parle avant leur concert toulousain.

Une petite présentation du groupe s’impose

La Phaze, c’est 3 personnes, Arnaud le guitariste, Rouzman le batteur et moi, Danny au chant et au clavier de temps en temps. On s’est formé en 1999, et à la base, on était juste Arnaud et moi. On a commencé à tourner en 2000, il y a eu plusieurs formations et maintenant on est en trio depuis 2 ans.


Quelles sont vos influences et vos références?

Les influences sont hyper variées, ça va des Clash, avec toute la scène punk 70’s anglaise en passant par la scène française des année 80. Il y a également l’electro un peu plus dure et radicale et tout ce qui est drum’n’bass jungle des années 95 à 2000. On écoute énormément de choses, tout ce qui est assez brut, énergique et en même temps assez mélodique. Chacun à ses préférences donc on se communique un peu tous nos goûts. En groupes, je pourrais te citer Pigalle, la Mano Negra, Ludwig, les Shériff, j’ai grandi avec toute cette scène. Après il y a Pandoloum, Roni Size et tous les anciens reggae man comme Peter Tosh qui sont des grosses influences. Tous les gens qui sont engagés, qui ont des textes assez marquants politiquement, le Renaud de la première période ou les vieilles chansons de Boris Vian par exemple. Egalement beaucoup de musiques brésiliennes, maghrébines et des pays de l’Est. Résumer nos influences en une interview, ce serait super dur car nous sommes des gens très larges d’oreilles (rires).


Combien de temps avez vous pris pour la composition de « Miracle » ?

L’album c’est fait en 3 ans. On a commencé à écrire certaines chansons au moment du mixage du précédent disque, on a crée beaucoup de chansons mais on a fait un gros tri pour arriver aux 12 présentent sur le disque. On voulait faire un album comme les bons groupes de hardcore de l’époque savaient le faire, je pense notamment aux Bad Brains qui faisaient des albums très courts avec une grosse énergie mais tu avais l’impression qu’il n’y avait rien à jeter. On voulait vraiment faire ça, d’autant plus avec notre formule electro punk. On est allé à l’essentiel, que ce soit fluide sans mettre un mot ou une note de trop. C’est peut-être justement le problème des productions de ces 10 dernières années, les gens se disent tient, il y a un support avec de la place dessus, on va faire des albums à rallonge. Avant avec le vinyle, tu avais des contraintes de format, 8 plages maxi et il ne fallait pas se délayer, je trouvais ça bien.


Et l’enregistrement, vous l’avez fait où et en combien de temps?

On l’a enregistré à l’ICP à Bruxelles qui est un studio assez réputé depuis des années pour tout type de musique. On est allé là-bas pour deux raisons : Rouzman avait déjà travaillé avec June, un ingénieur du son qui a beaucoup de bouteille et car il y a énormément de pièces avec beaucoup d’espaces pour faire des prises de sons batterie. Ça correspondait exactement avec ce qu’on voulait faire. Il y avait aussi tout un parc d’amplis et de micros, on savait ce qu’on voulait, on n’a pas perdu de temps vu qu’on n’avait pas le budget pour (rires). Donc on a fait 10 jours de prises et un peu près la même chose pour le mix. Ce qui est court pour un album, sachant en plus qu’on a enregistré 20 chansons pour en garder 12. Deux ont atterries en vinyle et quatre autres se baladent sur d’autres supports comme Internet et l’EP que nous avons sorti.


Pour parler des textes globalement, quels sujets traites-tu dans les textes ?

C’est toujours dur de résumer 12 chansons mais globalement cela traite de sujets d’actualités, c’est un disque de combat sur comment renouer avec un esprit de solidarité dans un tout qui sert juste à séparer les gens. Il parle du droit d’exister sur la planète, d’aller et venir sans forcément être enclin à des contraintes d’origines, de couleurs de peau, de couleur sociale, etc… Il parle de l’écosystème qui va droit dans le mur, on commence un petit peu à réagir notamment les industriels car ils se disent que finalement il y a aussi une manne financière à explorer là-dedans; et quitte à faire du fric autant pérenniser ça sur les 100 prochaines années alors qu’on est même pas sur de passer les 50 prochaines. Il parle de « Qu’est-ce que c’est qu’être musicien dans la société d’aujourd’hui ? ». Est-ce que c’est monter sur scène et être un représentant « humble » des gens qui nous entourent pour se faire l’écho d’une manière terre à terre des gens qui n’ont peut-être pas la possibilité de se faire entendre ou si c’est juste penser à sa carrière ? Cet album parle de beaucoup de choses et notamment de sincérité, d’authenticité et de choses avec lesquelles on a grandi dans le groupe.


Dans votre bio, il est marqué que vous écrivez pour les autres, ça veut dire quoi ?

Je n’ai pas écris la bio donc je ne sais pas (rires). C’est certainement dû au fait que ce ne sont pas des textes sur des relations amoureuses ou des problèmes de livreur de pizza (rires). Ce sont des chansons qui s’adressent aux gens ou en tout cas à une catégorie de gens qui n’est pas forcément la plus représentée. Dans ce sens là, ce sont peut-être des chansons humanistes mais cela devient presque un terme fallacieux aujourd’hui. Moi je trouve qu’humaniste, ce n’est pas être enclin d’une mission, je trouve que c’est juste considérer l’autre comme le reflet de soi et lui accorder de l’importance.


Au niveau des featurings, vous avez notamment invité Keny Arkana qui se rapproche de votre esprit.

Complètement, c’est quelqu’un qui a sa démarche et sur laquelle on se retrouve. Donc forcément, on se rencontre et ça se passe simplement. On se comprend, on parle des mêmes choses avec nos cultures et nos origines différentes. Et c’est la même chose avec Eugène des Gogol Bordello, un autre personnage. Ça c’est fait par des rencontres, par la scène.


Selon vous, quelles sont les différences entre vos 2 albums ?

Je pense que cet album est beaucoup plus organique et plus acoustique, avant on utilisait beaucoup plus les machines, donc les guitares et les chants étaient plus trafiqués, c’était plus digital. Maintenant on est allé dans quelque chose de plus organique dans le sens rock et analogique du terme. On recherchait quelque chose /b>d’assez brut, sans être trafiqué. C’est la différence avec l’album précédent et comme je te disais, il y a ce format très court qui va à l’essentiel, on voulait faire un effet coup de poing. Je pense aussi qu’on a exploré des territoires musicaux que l’on n’avait pas encore abordé. et certains titres pourront décontenancer des fans de la première heure.


Un petit mot sur « Little face », une chanson reggae rock qui change un peu de vos habitudes.

Il y des gens qui me disent que ça leur rappelle « Cushy time », notre premier maxi ou certains titres de « Pungle Roads », du genre « Johnny Jamma ». C’est vrai qu’il y a des similitudes, nous n’avons pas perdu cet univers là et cela fait parti intrinsèque du groupe. On l’a juste mûri et radicalisé par rapport à l’ensemble du discours. Dans une chronique sur le net, j’ai lu que c’était du reggae hardcore et j’aime assez l’idée.


On va parler également de « La langue » qui dénote un peu.

C’est vrai que c’est peut-être la grosse surprise du disque pour beaucoup de gens, mais c’est un morceau qui a été fait avec tellement de sincérité que pour nous, il n’était même pas envisageable de ne pas le mettre sur l’album. C’est un morceau de lutte qui est là pour rappeler que la langue est vivace. C’est bizarre car on a fait ce morceau spontanément en une après-midi, ce qui est assez rare vu qu’avec le groupe on a plutôt tendance à être des artisans, à prendre le temps.


Parles-nous de « Colère noire », le mouvement citoyen que vous avez lancé en 2005.

« Colère noire », c’est un rassemblement avec des débats l’après-midi et des concerts le soir (http://colere-noire.fautquonsactive.com ). On a fait 2 éditions et on a était vraiment surpris de la dimension que ça a prie, on ne s’attendait pas à autant de réactions de la part des gens et je ne parle uniquement de l’aspect musical mais de l’aspect débat qui a vraiment passionné les gens. Ils sentaient qu’il y avait quelque chose à dire et à défendre qui n’était pas permis dans le cadre de forums politiques par exemple. Là, c’était fait spontanément de la part du peuple et c’est devenu une sorte de coup de gueule de la part de gens qui ne se sentait pas représentés. Donc il faut qu’on canalise ça, on veut ramener le débat sur l’écologie qui était l’idée de départ. Mais au-delà de ça, ce mouvement permet de montrer qu’il y a un contre pouvoir en France. On est le petit caillou dans la chaussure mais justement ça permet d’avancer. Notamment quand il y a eu le premier compte rendu sur l’Erika, ce n’est pas une grande victoire mais ils ont reconnu une partie de leurs torts et psychologiquement, c’est quand même très important. C’est un premier pas qui permet peut-être à certaines multinationales ou gros industriels de sentir le vent souffler au-dessus de leur tête. Et ça, c’est intéressant car ça prouve qu’on est pas complètement mort. Donc il faut que les gens viennent aux débats pour trouver des alternatives, qu’on arrive à les impliquer dans tout ce tissu associatif qui est en train de dépérir en France et qui a besoin de forces vives.


Vous avez fait le « No Bullshit Tour » avec les Gogol Bordello pour une tournée européenne. Un mot sur cette expérience.

C’était beaucoup de dates, beaucoup de bonheur et de fun mais beaucoup de fatigue aussi. On est parti en commandos, ce n’était pas le tour bus grand luxe et chauffeur, on a tracé un mois et demie à travers l’Europe à 4 dans le camion, on faisait tout mais c’était génial. Ça doit être un rêve pour tous les groupes et c’est ultra formateur. On a eu d’excellents retours et ça a déclenché énormément de choses notamment à l’international, on va retourner dans la plupart des territoires où on a joué, le disque sort là-bas et également au Japon. C’était une aventure qui mériterait un bouquin, pourquoi pas quand je serais fatigué et vieux (rires).


Quels sont vos projets ?

La grosse tournée va durer presque 2 ans, et je pense qu’on va rapidement mettre le pied à l’étrier dans de nouvelles chansons pour ne pas perdre l’énergie du moment. On a chacun des projets en cours, je pense que c’est important. Arnaud est dans HINT, un groupe assez majeur au début des années 90 en France dans la veine noise, indus, post rock et expérimentale. Moi, je vais faire un disque qui devrait bientôt sortir.


Vous écoutez quoi en ce moment ?

J’écoute pas mal de drum’n’bass car je me suis remis à mixouiller pour quelques soirées. Beaucoup de rock, il y a beaucoup de choses qui me plaisent dans tout ce qui sort en ce moment. C’est curieux car autant on dit que le disque est en train de s’effondrer, autant en ce moment, il y a une vraie qualité dans ce qui se fait, en France notamment. J’ai découvert Poni Hoax que je trouve super bien, on a joué récemment avec les Hushpuppies et ils sont vraiment bons. Dans un autre genre, j’aime beaucoup le dernier Daniel Darc et puis quelques vieilleries. Rouzman écoute beaucoup de punk rock comme Rancid par exemple, tandis qu’Arnaud lui, c’est plutôt The Racounters, les Pixies et toute cette veine pop rock noise.


Quelles sont les dernières claques que tu as prises en live ?

Gogol Bordello, ça c’est clair, ils sont très bons, je ne peux en dire que du bien. Ces derniers temps, je n’en ai pas trop prises mais dans ma vie, il y en a des tas, j’ai adoré Foo Fighters, c’était hyper bien, puissant, maîtrisé. Les autres ont vu Queens of The Stone Age récemment et ils ont trouvé ça énorme. Sinon j’ai vu la reformation des Bérus aux Transmusicales de Rennes, c’était un vrai moment de bonheur vu que ça m’a bercé dans mon adolescence.


Plus d'infos sur: www.laphaze.com

Photos (Cliquez dessus pour les agrandir)

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