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Khod Breaker
par Olga le 29-05-2009

Après la chronique du terrible album de Khod Breaker voilà qu'on a rencontré le sieur Medic pour en savoir un peu plus sur le premier album du groupe "Prime Time"... Yo !

Salut ! Originalité oblige, est ce que tu peux présenter le groupe, pour ceux qui ne connaissent pas encore Khod Breaker ? Qui ? Quand ? Où ? Pourquoi ? Comment ?

Qui : MC Monsieur (chant, sampling, programmation, beatbox, batterie...) + Sketch (programmation + claviers) + wam (chant, sampling, programmation, et j'apprend la guitare aussi.)
Quand : depuis 2004, bichon.
Où : à Albi bien sûr.
Pourquoi : hé hé hé...


"Prime Time" est sorti en avril. Comment vous sentez-vous ? Avez-vous eu des retours des ventes ? Du public ?

Pour tout dire, on est vachement content que cet album soit enfin sorti, car on a pas mal planché dessus, de la conception jusqu'à sa confection, et c'est un réel soulagement de le voir par centaines dans des cartons. Après; en terme de ventes, il est encore trop tôt pour avancer quoique ce soit, mais tous les retours qu'on a eu pour l'instant sont extrêmement positifs.


Pourquoi faire un disque appelé "Prime Time" ? Les thèmes abordés tournent autour des médias et de l'abrutissement des masses. Ce n'est pas un sujet nouveau. Qu'est ce que Khod Breaker peut apporter de plus que les autres ?

Sûr que le thème a été abordé mille fois, on ne va pas faire semblant de révolutionner le truc. Après, dans ce disque, on ne parle que de notre propre vécu finalement. Quand tu parles d'abrutissement des masses, les premières masses abruties dont on parle dans ce CD, c'est nous ! Quand tu prends la chanson 3636 par exemple, elle est venue d'une discussion qu'on a eu avec MC Monsieur un jour. Je commence à lui raconter que je me suis fait avoir par ces émissions nocturnes, ou une plantureuse jeune fille vous invite avec une voix sensuelle à appeler un numéro pour gagner de l'argent. Évidemment, toi, tu finis par te dire « ouais c'est clair, à cette heure là, personne ne regarde la télé j'ai mes chances » et évidemment tu appelles, tu te fais entuber 5€ et tu gagne jamais. On s'est alors rendu compte qu'on était tous les deux tombés dans le panneau, comme des cons ! Donc ce disque n'est rien de plus qu'une thérapie. Depuis on n'a plus de télé chez nous, et on ne se porte pas plus mal.


"Sitcom" était votre précédent disque. Est-ce que "Prime Time" est sa suite logique ? Pourquoi toujours ce thème de la TV ? Vous êtes des enfants de la télé et de la e-generation ?

La télé est un miroir fidèle de la société. Tout est beau et propre en surface, et ultra pourri en dessous. Le sitcom, c'est tout à fait ça. Le brushing de Mike est parfait, mais il a quand même baisé sa soeur pour se venger de son père.


Khod Breaker vient du Tarn (désolé). Alors que de nombreux groupes du 81 que vous côtoyez souvent comme Dirty Fonzy, Condkoï, La Rotule ou Act Of Fortune font de la musique qui fait du bruit, vous avez opté pour du hip-hop. Pourquoi ? Pour vous démarquer ?

Avec MC Monsieur, on vient de la scène rock. Sketch est plus issu du milieu electro et drum'n'bass. Le projet Khod Breaker s'est tout simplement monté à une époque ou on voulait essayer des choses différentes, et briser la routine rock qui était alors la nôtre. On écoutait déjà du hip hop, de l'electro. Et on voyait des groupes comme TTC se faire plaisir, alors on s'est dit « pourquoi pas nous ? ».


L'alchimie de Khod Breaker fonctionne plutôt bien. Comment vous êtes vous tous rencontrés ? Quels sont vos parcours musicaux ?

Avec MC Monsieur, on s'est rencontré en 2003. Je sortais du lycée, et je passais mon temps à boire des bières comme un gros branleur. Je foutais rien de mes journées, à part dormir et écouter de la fusion. Je bossais les week end pour me faire un peu de rond. MC Monsieur, lui, était encore au lycée, et jouait de la batterie dans un groupe de métal. On avait en commun d'écrire des raps bizarres pour se marrer. Un jour, on les a rassemblé et on a fait un groupe.


Comment s'est passé l'enregistrement de ce disque ? Où est ça a été fait ? Combien de temps ça a pris ?

On a enregistré chez nous, à Gaillac. On a pris le temps, avec notre ingé son, de faire ça bien. En tout et pour tout, ça a duré deux semaines.


Un mot sur la production ce cet album ? Comment ça s'est passé ? Qui s'en est chargée ?

On a produit l'album avec nos petites mimines. Il a été mixé à Paris, avec Franco Mannara & Timour Cardenas, une paire de mixeurs incroyables, qui travaillent avec Spoke Orkestra, Kabal... On l'a ensuite envoyé à Dakar pour le faire masteriser chez Patino.


Comment tu vois cette réalisation par rapport aux débuts du groupe ? Une (r)évolution ? Une étape… ? Une continuation…? Un début…? Un retour aux sources ?

C'est la suite logique disons. C'est également l'aboutissement de quatre années de recherches, et disons-le d’errements, pour enfin parvenir au son autour duquel on se réunit tous dans le groupe. A savoir, ce mélange de hip hop, de rock et d'electro aux influences précises (Nine Inch Nails, label Def Jux, Pendulum etc etc).


Les compositions de "Prime Time" sont loin des clichés rap de bas étages et Khod Breaker se forge sa propre identité. Quels sont vos modèles du genre ? En ce qui me concerne j'ai l'impression que l'ombre de Triptik plane beaucoup sur Khod Breaker (le parallèle entre "TR303" et "Prime Time" est parfois criant).
On peut y retrouver aussi certains aspects de TTC et même de L'Armée des 12… Ce sont des influences pour vous ?


Tous ces groupes ont représenté beaucoup pour nous à l'époque. Tu parles de Triptik et de TTC, mais il y a également La Caution (réunis dans l'Armée des 12 avec TTC) et l'Atelier qui sont des groupes qui ont beaucoup compté pour nous. Ce qui était important avec ces groupes à l'époque, c'est la grande liberté de ton qu'ils avaient. Ils pouvaient parler de ce qu'ils voulaient, ne cessaient d'innover dans les prods... C'était incroyable cette émulsion qu'il y a eu pendant ces quelques années. Après ça s'est un peu épuisé. Mais certains de ces artistes ont continué à innover. La Caution a fait exploser son univers par exemple dans son album fleuve « Peine de Maures et Arc-en-Ciel pour Daltoniens ». Blackboul de Triptik, qui se fait désormais appeler Greg Frite, a sorti un titre incroyable qui s'appelle « Français ». Tandis que d'autres comme TTC, ont commencé à se répéter un peu. C'est dommage.
Après, en hip hop, on écoute surtout des trucs américains. Le label Def Jux comme je disais plus haut, avec El-P, Cannibal Ox, Cage, Rob Sonic, Aesop Rock, des mecs comme Kool Keith, Dälek, Morbski... Necro aussi, avec Ill Bill, Non Phixion, Sabac et les autres... Et puis évidement Antipop Consortium et tous les projets annexes, Airborn Audio... Il y en a tellement !


A côté des influences musicales, on sent qu'il y a aussi énormément d'influences des médias télévisuels comme l'œil du cyclone, le bidule ("Le Truc" en est un clin d'œil ?) ou le message à caractère informatif…

Même remarque que précédemment : ce qui est intéressant dans ces émissions, c'est ce côté libre, affranchi, qu'on retrouve aussi dans Groland ou dans Action Discrète. Des programmes qui prouvent qu'on peut aborder des sujets polémiques en conservant le côté poilant du truc. Les Messages à Caractère Informatif, c'est grandiose : moi j'ai pris un fou rire pendant une heure non stop en regardant le DVD, et en même temps, c'est quand même grave positionné ! Ca pointe bien le malaise créé par la compétitivité à outrance et les névroses de l'hyperconsommation. J'adore ça, quand tu arrives à créer cette émotion complexe entre le rire et la contestation.
Après en ce qui concerne « Le Truc »; ce n'est pas un clin d'oeil au bidule, mais à un film qui s'appelle « The Stuff ». C'est même quasiment une transposition en fait. Le but étant qu'en écoutant le morceau et en s'intéressant au thème, les gens puissent aller voir le film. C'est un film important je trouve, qui oscille également entre humour et dénonciation du consumérisme ignorant.


Le découpage de l'album se calque comme une soirée télé qui commence par un "Prime Time" et qui se termine par "La Dernière Séance", le tout entrecoupé de pub ("Le Truc"…). Pourquoi ne pas avoir aussi inclus les programme du matin et de l'aprem' ?

Comme au cinéma, nous sortirons la préquelle après l'opus. Prime Time 0. On essaie d'avoir William Lemergie, Thierry Beccaro et les Minikeums.


On sent que l'aspect de dénonciation des médias est toujours mis en avant mais avec beaucoup de cynisme et de dérision. Est-ce que cette dénonciation aura toujours lieu d'être chez Khod Breaker ?

On ne peut pas dire de quoi demain sera fait ! Nous même, nous ne le savons pas. Après, pour ma part, j'ai toujours pensé qu'un groupe ne pouvait pas rester éternellement dans la dénonciation. Il faut bien, quand on dénonce, pouvoir proposer autre chose à un moment donné. Ne serait-ce que de la bonne musique pour détendre les gens. J'adore Prime Time, et tout ce qu'il véhicule, mais j'espère que le second album sera différent et pourquoi pas un contrepoint.


Est-ce que ce n'est pas paradoxal de fustiger les médias de masse commerciaux et à la mode et d'avoir une page officielle de KB sur Facebook, MySpace, YouTube en plus de vos pages persos ?

C'est peut-être paradoxal, mais je ne pense pas que ça altère le discours. On ne pose pas de dogme, on propose des pistes de réflexion. Ou juste un moment de détente musical. Rien de plus. On n’a pas la prétention de changer les mentalités ou les modes de vie. Pour ma part, j'adore Internet, je suis un geek assumé, et j'ai toujours baigné dans les ordinateurs. Et, pour moi, un ordinateur et une télé, ce n’est pas vraiment le même truc.


Dans la même optique, Khod Breaker semble être un groupe DIY dans l'âme mais on vous a souvent vu dans de gros évènements comme le Garorock (avec Dirty Fonzy et Babylon Circus), Au Printemps De Bourges etc.

On ne prétend pas être un groupe DIY au sens strict du terme. Ma vision du DIY, c'est plutôt « n'attend pas que les autres viennent te chercher », après, nous, nous ne refusons aucune opportunité que l'on peut nous proposer pour faire avancer le groupe. Le jour où Coca nous proposera de nous sponsoriser, on se posera peut-être la question, en attendant, je n'ai pas l'impression qu'on n’ait fait quoique ce soit qui aille à l'encontre de notre éthique.
Pour répondre plus globalement aux deux questions précédentes : ce qu'on essaie de combattre dans l'hyperconsommation et la main mise médiatique, c'est le sentiment d'aliénation et d'oppression qui en découlent, et qui font, que de manière très personnelle, on ne se sent pas heureux dans nos vies aujourd'hui. Mais si c'est pour retomber dans les mêmes travers dans des dogmes, aussi alternatifs soient-ils, DIY ou anti-média ou je ne sais quoi ça sert à rien. Ce n'est pas notre propos. On ne donne pas des ordres aux gens, on ne leur dit pas quoi penser, et on n’essaie pas de les culpabiliser. On parle de nous, de ce qu'on ressent. L'important c'est de se sentir bien dans ses baskets. C'est tout.


Tu es totalement satisfait de ce disque où tu changerais quelques petits trucs avec du reculs ? Lesquels ? Pourquoi ?

Si la question est « referais-tu ce disque » la réponse est clairement : NON. Un disque, c'est une combinaison de réussites et d'erreurs, c'est comme ça qu'un groupe apprend et avance. Évidemment qu'à la réécoute on tique parfois, sur telle voix ou telle ligne de basse. Mais l'important sur un disque, c'est de pouvoir graver l'esprit qui sous-tend l'affaire. Après, peu importe les détails.


En ce qui concerne les compos, comment ça se passe ? Tout le monde compose et vous fonctionnez en démocratie pour la direction artistique des morceaux ou il y a un tyran parmi vous ?

Je suis le tyran ! Non, la plupart du temps, on essaie que tout le monde soit d'accord, et on part du principe qu'un morceau de Khod Breaker est un morceau dans lequel on se retrouve tous les trois. On essaie de faire la part des choses entre l'infinité de choses qui nous plaisent à chacun, et les éléments qui nous réunissent, et qui font qu'on ne s'est pas retrouvé dans un groupe par hasard. Dans la compo, chacun met la main à la patte, en sachant que je suis un peu moins impliqué là-dedans que les deux autres. MC Monsieur s'occupe majoritairement des samples et de l'échantillonnage, alors que Sketch évolue plus dans la programmation et les claviers, et à un côté plus électronique dans son son. Mais il n'y a pas de règle pré-établie. Chacun va voir dans l'univers et le travail de l'autre. On essaie de briser la routine dès qu'on peut.


On a pu voir Khod Breaker s'acoquiner avec de nombreux groupes comme La Rotule 50's, Dirty Fonzy et Babylon Circus et même monter Dirty Babylon Breaker… pourquoi tant de projets ? Est-ce que vous n'avez pas peur de trop vous disperser dans des projets parallèles ?

C'est vrai qu’on n’a jamais vraiment trop réfléchi à ça, et qu'on nous a renvoyé des remarques type « vous bouffez à tous les rateliers » etc... J'aimerai bien qu'ils viennent voir dans nos frigos, ces mecs là, ce qu'il y a à manger ! Par rapport aux collaborations, on a toujours travaillé à l'envie, sans se poser plus de questions. Aller voir ailleurs, retravailler des morceaux à nous, faire constamment évoluer le truc, ça fait parti de notre processus créatif. C'est aussi pour ça que tu retrouves des mecs de Plebeian Grandstand ou Montréal on Fire sur l'album, qui n'évoluent pas à priori dans le même registre que nous. On a même fait une reprise de Run DMC avec Condkoï, comme ça, à l'envie. Je n’ai pas l'impression qu'on y perde quoique ce soit dans la multiplication des projets, bien au contraire. Je pense que chaque nouvelle rencontre enrichit notre musique et notre façon de voir les choses, et nous permet de préciser ce qu'on veut faire... ou ne pas faire !!


Un mot sur l'artwork. Qui s'en est chargé ?

C'est un ami à nous, Mëos, qui travaille à Toulouse. Son univers est fascinant, et on a l'impression qu'il capte ce qu'on raconte quand il écoute notre musique. Vous pouvez voir ses travaux sur : www.myspace.com/meos_blog


Qu'attends tu de Khod Breaker à court et long terme ?

De pouvoir m'épanouir dans ce que j'aime tout d'abord, et pourquoi pas gagner des ronds !


Est-ce que le fait d'avoir remporté récemment le Rock In Tarn ou d'avoir été élu comme une des révélations du Printemps de Bourges vous donnent une certaine légitimité aux yeux du public ? Des médias ?

Il faut relativiser ! Ca s'inscrit dans une démarche plus globale je pense. Le Rock in Tarn et le Printemps de Bourges permettent de mettre le pied à l'étrier pour d'autres évènements, ça permet de rencontrer des gens, d'engager d'autres projets, ça ouvre quelques perspectives... après au niveau du public, un show est un show, à Bourges ou ailleurs. Tu peux faire un très bon show dans une salle minuscule, et te planter sur une grosse scène. Je ne pense pas qu'on ait plus de légitimité aux yeux du public depuis Bourges ou le Rock in Tarn.
Au niveau des médias, il y a eu une bonne réactivité des radios, qui ont bien relayé le truc. Après, au niveau de la presse écrite -nationale je précise-, on n’a eu absolument aucun retour, mais moi je ne m’étonne pas. La presse musicale aujourd’hui est une lamentable catastrophe. Ils ne parlent que de modes merdiques, la moitié des groupes chroniqués sont à chier. On se serait appelés Sexy Biatches on LSD, ou Gay Talibans on Fire, et on fera du mauvais protopunk, peut-être qu'on aurait eu une chronique. La plupart des journalistes spécialisés sont des tocards finis, qui ne sont là que parce qu'ils écrivent bien. Ce sont des branleurs. La dernière fois, je lisais un article d'un mec qui était censé parler d'un festival auquel il était allé. Les trois-quarts de l'article concernaient l'espace VIP dans lequel il était accueilli, la bouffe et les cocktails. Il n'y avait aucun second degré là-dedans. C'est complètement atroce. Je pense qu'il faut encourager les fanzines et les webzines, faits par des passionnés. Dès que les mecs commencent à essayer d'en faire leur métier, ça tourne mal. Il y a quelques exceptions quand même, comme Vibrations, où les mecs parlent encore de musique.


Comment tu définirais un concert de Khod Breaker ? Est-ce que des dates sont prévues afin de promouvoir ce disque ?

Un show de Khod Breaker, c'est deux mecs sur scène avec micros, pédales d'effets, un macintosh, des machines, une guitare, une batterie et d'autres trucs selon l'humeur. On a une grosse base electro, sur laquelle viennent se greffer moult influences hip hop, rock, funk et autres... Après on aborde toujours nos thèmes de prédilection, ceux cités plus haut, on va pas y revenir non plus, faut suivre hein. A savoir que sur scène nous sommes très bien vêtus, c'est très important à savoir, car les gens supportent de moins en moins les saltimbanques attifés de haillons, et ça se comprend.
On a une première série de dates pour défendre l'album qui s'achève début août. On est en train de booker le reste jusqu'à la fin de l'année, et on continuera probablement à tourner durant toute l'année 2010.


Un mot sur Zomai Production ?

Ben là je laisse la parole à Vincent de Zomai Prod.
Vincent : Zomai c'est une structure qui organise des concerts essentiellement dans le Tarn mais pas que. Il y a aussi une branche, Zomai production qui s'occupe de la gestion (et le management pour certains) de groupes: Khod Breaker, Chrypto, La Rotule, Mc Monsieur et Sketch. On y trouve aussi un atelier de décorateurs pour concerts, festivals et autres. Sinon quoi de plus, Zomai a été crée fin de 2007. Depuis on a travaillé avec la Scène Nationale d'Albi, l'asso Pollux, les Aztek de Montpellier. On agit surtout sur les milieux electro / hip hop / slam avec quelques excursions dans le punk / rock. Il y a plus d'infos sur www.zomai.fr


Est-ce qu'une autre réalisation (album, maxi, démo, compilation, split…) sortira bientôt ou du moins est en cours de réflexion ? A quoi peut-on s'attendre ? Toujours chez Zomai Production ?

Nous préparons un maxi de remixes et de ré-interprétations qui sortira dans les mois à venir. Nous envisageons également de sortir un vinyle avec Les Boucles Etranges, un duo de producteurs mythiques de la scène techno, dont nous sommes tous fans dans le groupe et que nous avons eu la chance de rencontrer. Et puis on ne perd pas espoir de refondre l'alliance Dirty Fonzy/Khod Breaker, si un jour, par miracle, nos plannings correspondent...
Après, Zomai ou pas Zomai, trop tôt pour le dire, mais la voie de l'indépendance est actuellement la seule envisageable et la plus confortable finalement dans cette période de crise !

Que penses-tu de la scène hip-hop française actuelle ? Vous sentez-vous affiliée à des groupes en particulier ?

Nous adorons Booba, mais je ne me sens pas particulièrement affilié à lui. Sinon, nous apprécions en règle générale les artistes qui au-delà de l'étiquette rap/slam, ont leur propre langage, et s'éloignent du caractère un peu « dogmatique » du hip hop français. Des groupes comme Spoke Orkestra, AbraxXxas, Chrypto ou même NonStop, et puis La Caution et Tryptik comme tu les citais plus haut. Un mec comme Oxmo Puccino aussi, avec l'album qu'il vient de sortir, se classe définitivement comme un mec à l'écriture irréprochable et aux goûts musicaux novateurs. C'est ce qui manque aujourd'hui à Youssoupha par exemple, dont j'adore la plume, mais dont je déteste les instrus.


Ton meilleur souvenir au sein du groupe ? ...et le pire ? Oui, c'est ma question "people"…

Je crois que nous avons trop de bons souvenirs pour pouvoir un choisir un seul. Les pires moments sont les moments de fatigue où on manque de se taper dessus. Ca, et puis aussi la fois où on est reparti d'un concert à Lyon avec 12€ en poche. Avis aux mecs qui nous programment : ça ne se reproduira pas !!!


S’il y a une question que je ne vous ai pas posée et à laquelle vous espériez fébrilement tant répondre…c’est à vous !

Ben non, ton interview était brillante, je n'ai rien à rajouter. Chapeau bas.

Un message pour les (millions de) lecteurs de Yezzi ?

“The gates of hell lie waiting as you see
There's no price to pay just follow me
I can take your lost soul from the grave
Jesus knows your soul can not be saved...”


Plus d'infos sur: www.myspace.com/khodbreaker

Photos (Cliquez dessus pour les agrandir)

Khod Breaker Khod Breaker - cliquez pour agrandir


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