yezzi.net - webzine musical et culturel du collectif antistatic - musique - culture - lecture - theatre - chroniques - live reports - interviews - news - concerts - photos - liens - salles

Dimanche 19 novembre 2017

Groupe du moment:
Rag'n'Bone Man
Soul Pop Blues
Rag'n'Bone Man est la révélation du moment avec la sortie de son premier album "Human"
:Site web ici:


Les nouveaux articles de Yezzi
Interviews récentes:
Ugly Kid Joe
Tang
Wonderbar
Therapy?
Le Dead Projet

Chroniques récentes:
Aqme - Dévisager Dieu
Exodus - Blood In Blood Out
Lordi - Scare Force One
Billy Idol - Kings and Queens Of The Underground
Alice Cooper - Raise The Dead - Live From Wacken

Live reports récents:
Saxon - Skid Row
Accept
Steve Harris British Lion
Nine Inch Nails
Suicidal Tendencies - The Inspector Cluzo

Infos
Concerts
Salles de concert


Les Partenaires de Yezzi

MySpace.com
My Space Webzine Yezzi

Voltadikt.com
VOLTADIKT.com - Plateforme de téléchargement pour groupes indépendants & DIY

Première Pression
Premiere Pression - Concerts à Toulouse et en Midi Pyrénées

Popcorn
Popcorn -Magazine mensuel sur les musiques amplifiées - supplément de Flash Hebdo et disponibles dans les shops, music shops, stands concerts,...

Bikini/Bleu Citron
Le Bikini et Bleu Citron - Concerts à Toulouse et en Midi Pyrénées

Jerkov Musiques
Jerkov Musiques - Label - Booking - Promo - Tourneur - Manimal - Agora Fidelio - Psykup - ... - Toulouse

Sidilarsen
Sidilarsen - Boom Boom Metal - Punk Electro Ragga Dance Metal - Toulouse

Tezla Booking Promo
Tezla booking et promo













Yezzi Radio
metal - pop - rock - hardcore - emo - neo - trip hop - hip hop - jazz - electronique - techno - dance - rock n' roll - death - trash - speed - heavy
YEZZI Interviews

Kery James
par Djinax le 15-12-2008

Kery James a sorti en 2008 "A l'ombre du show Business", son 4ème album. Son retour était très attendu dans le milieu et il est plus que réussi. Rencontre avec un MR du rap français.

Un petit mot sur les influences de débuts pour savoir comment tu es arrivé dans le rap ?

Je suis tombé dans le rap assez jeune en commençant par la danse. J'étais dans une ville où il y avait une activité hip-hop assez développée avec pas mal de danseurs, notamment un groupe nommé le Possee Ideal qui ont été pour moi ma première influence, ils m'ont poussé à écrire des textes. Après ce qui m'a intéressé dans le rap, c'est le message social que l'on peut faire passer à travers cette musique. J'étais donc plus influencé par des gens comme Chuck D, Public Enemy et KRS One par exemple.


Et maintenant, tu en as des nouvelles?

Je suis assez imperméable à ce qui se fait en général dans la musique, je n'ai pas d'influence. Je fais une musique assez personnelle où je parle beaucoup de moi.


Tu as sorti en mars ton 4ème album, "A l'ombre du show Business" qui était très attendu dans le rap. Tu as très bien préparé la sortie de cet album au niveau de la promotion, depuis au moins un an, ce qui est assez rare.

C’est un album que j'ai préparé dans des conditions assez particulières, car j'ai fait cet album en tant que challenger. Mon précédent album solo n'a pas très bien marché commercialement et beaucoup pensait que pour Kery James était terminé. J'étais en fin de contrat, aucune maison de disques ne voulait me faire de propositions. Donc j'ai vraiment entamé cet album en voulant montrer que j'étais toujours là, j'ai donc été présent à tous les étages, que ce soit artistiquement ou au niveau du marketing. Nous avons établi une stratégie très forte sur Internet. Le premier morceau est arrivé 6 mois avant la sortie ainsi que le premier clip. On a également fait des teasers pour l'album et certains morceaux donc ça a été un travail assez poussé, et il a été porté ses fruits car 25000 personnes ont acheté l'album la première semaine, ce qui est le double de la plus grosse sortie que j'avais faite.


Pourquoi avoir choisi le titre de cette chanson pour le nom de l'album? C'est celle qui représentait le mieux pour toi l'album?

Comme je te dis tout à l'heure, j'ai écris cet album en tant que challenger et j'avais l'impression que le show-business avait cette volonté de me mettre à l'écart et de ne pas reconnaître mon talent. C'est quelque chose qui est vrai pour moi mais également pour l'ensemble du hip-hop en France qui est un pays où le rap est considéré comme un sous art. Quand tu dis à un citoyen lambda que tu es un rappeur, il n'entend pas "poète" mais plutôt "petit con qui insulte les flics, sur un fond sonore qui ressemble à du bruit "(rires). C'est pour cette raison que j'ai appelé cet album ainsi.


J'ai lu dans une interview, que pour cet album, tu voulais revenir à l'origine du hip-hop, c'est à dire?

J'ai dis ça au niveau du message. Le discours des rappeurs français est passé de la dénonciation qu'on faisait à l’époque à la glorification, ce qui nous mène à notre perte. Il n'y a plus aucun engagement social, c'est devenu un peu autodestructif. Dans cet album, j'ai essayé de ramener le message social qui était à l'origine du rap, dans des morceaux comme "Banlieusards" par exemple. C'est ce que je vise par rapport au retour aux sources du hip-hop.


Combien de temps as-tu pris pour la composition de cet album?

On a pris notre temps pour faire cet album, nous avons largement dépassé le budget, il a coûté 80% plus cher que ce qui était prévu mais on a quasiment fait tout ce qu'on voulait. La dernière chose étant le clip de "l'impasse", en forme de court-métrage réalisé par Luc Besson. Donc en tout, on a pris au moins deux ans pour le faire.


Et au niveau de l'enregistrement?

L'enregistrement s'est fait en plusieurs périodes, je pense qu'il y a eu huit mois de studio intensif.


Parle-nous des nombreux invités qui apparaissent sur l'album.

C'est à la fin de l'album que je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup d'invités, ce n'était pas volontaire. On invitait les gens pour deux raisons. Premièrement, on pensait qu'artistiquement, ils étaient capables d'emmener le morceau plus loin. Et deuxièmement car certains invités étaient capables de nous ouvrir à un autre public comme Charles Aznavour ou Grand Corps Malade. Ils ne viennent pas du rap donc ils touchent d'autres personnes que je ne peux toucher.


"Vrai Peura" est un morceau qui parle des problèmes que vous avez eu avec la Mafia K'1 Fry. Un petit mot là-dessus

Ce qui s'est passé avec la Mafia K'1 Fry, c'est qu'on a fait un album qui devait sortir chez Hostile. La première chanson dévoilée s'appelait "Guerre" et un mois et demi avant la sortie de l'album, on nous demande de retirer ce morceau alors que c'est le single, car soi-disant les paroles ne leurs convenaient pas. On a donc essayé de décortiquer avec eux chaque parole mais on ne voyait pas trop où ils voulaient en venir, si ce n'est qu’à l'époque avec l'arrivée éventuelle de Nicolas Sarkozy au pouvoir, on a eu l'impression qu'un lien étrange c'était crée entre les maisons de disques avec l’état. Donc la seule raison de ne pas sortir cet album était le fait que le single portait atteinte au pouvoir, il n'y avait pas vraiment de raison juridique. Cette réaction a été la même chez toutes les maisons de disques. Nous l'avons donc sorti en indépendant ce qui ne nous a pas empêché d'être disque d'or. Je parle de cette histoire dans "Vrai Peura", je dénonce un peu le fait qu'ils essayent de faire perdre au rap son message, ils voudraient que ce soit une coquille vide avec juste du son.



Pour cet album, tu as beaucoup mis l’accent sur les clips, 6 en tout avec le dernier de Besson. Tu voulais vraiment imager tes textes ?

Oui, c’est un album où on a beaucoup travaillé l’image. J’ai eu la possibilité de bosser avec Leïla Sy, une fille vraiment talentueuse, c’est elle qui a fait la pochette de l’album et les clips de « Banlieusards » ainsi que « Le combat continu ». Elle s’occupait de la direction artistique et même des décors de scène, elle avait donc en charge l’image de l’album, et cela a fait la différence. Aujourd’hui, nous sommes à une époque où, avec le téléchargement, les gens doivent vraiment te prendre au sérieux pour ton travail, sinon ils n’ont pas vraiment de raison d’acheter ton album. Je pense que les gens ont vraiment senti qu’un gros travail avait été fourni à tous les niveaux et aujourd’hui c’est devenu nécessaire pour faire la différence.


En live, Kery James ça donne quoi ?

Pour moi, le live a toujours été très important. Sur scène, je suis avec Teddy Corona de la Mafia K’1 Fry qui est avec moi au micro, Dj Mosco, un pianiste et deux choristes. Donc c’est une formation qui est un mélange de deux univers, celui que j’avais sur « Si c’était à refaire », mon premier album solo et ce que j’ai pu faire avec Ideal J.


Quels sont tes morceaux préférés de l’album ?

« Le combat continue », « Banlieusards », et j’aime beaucoup « Laisse-nous croire » avec Kayna Samet. Il y a aussi des morceaux que tu redécouvres sur scène comme « Foolek » et « Egotripes » qui fonctionnent bien.


Selon toi, quelle est la particularité de cet album par rapport au précédent ?

Dans le précédent, j’avais tenté de réunir les univers de « Si c’était à refaire » et d’Ideal J mais je ne pense pas y être parvenu. Avec cet album, je pense qu’avec Kilomètre, on a réussi à faire ce mélange entre les deux univers que je peux avoir.


Peux-tu nous parler un peu de l’association ACES ?

Les initiales de l’association ACES signifient Apprendre, Comprendre, Entreprendre et Servir. C’est une association de soutien qui a pour but de revaloriser les études dans les banlieues et ma principale activité c’est le soutien scolaire. J’ai commencé pour l’instant dans deux villes dans le 94 et dans le 93 et j’espère pouvoir développer ça au niveau national.


Tu donnes des cours d’écriture aussi ?

Non ce n’est pas moi, ce sont des bénévoles qui ont envie de participer et de faire bénéficier les jeunes de leurs qualifications et de leurs savoirs.


Tu écoutes quoi en ce moment ?

Je n’ai jamais écouté beaucoup de musiques et je n’ai jamais été un grand mélomane dans le sens de celui qui écoute la musique. Je suis mélomane dans le sens où j’aime faire de la musique.


Tu n’as pas de découvertes à faire connaître ?

Ce ne sont pas des découvertes car ils sont déjà connus, j’aime bien notamment Nessbeal et DRY de la Mafia K’1 Fry.


Et en live, il y a des artistes qui t’ont marqués ?

NTM. A l’époque d’Ideal J, j’estimais qu’on était les meilleurs sur scène après NTM. C’était quelque chose d’extraordinaire, ce n’était pas seulement un groupe de rap, c’était hyper fort sur scène, même les rockeurs pouvaient s’y retrouver !


Pour finir, quels sont tes projets? Est-ce que tu as pensé à faire des featuring ?

J’ai quelques projets qui sont dirigés vers le cinéma et j’espère qu’ils vont aboutir même si pour moi, c’est plus compliqué d’être acteur que de faire de la musique. Au niveau de l’écriture, j’ai aussi des projets, un street album devrait sortir en avril prochain avec une dizaine de titres. L’esprit, c’est de faire un album où je ne prendrais pas en compte les donnes commerciales, ce sera vraiment plus comme « Un combat continu » avec des sonorités plus froides, il n’y aura pas de single. Ça sera vraiment axé vers le rap dur dans la forme, il n’y aura pas de piano voix. Et parmi mes autres projets, je pense faire également une tournée piano voix avec des places assises où j’interprète tous les classiques.


Plus d'infos sur: www.keryjames.com

Photos (Cliquez dessus pour les agrandir)

Kery James - cliquez pour agrandirKery James - cliquez pour agrandir


Yezzi.net - Qui sommes nous? - E-mail