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James Delleck
par Djinax le 16-01-2008

James Delleck s'est fait connaitre à travers différents projets comme L'atelier ou le klub des 7. Là, il revient en sortant son premier album solo nommé "Le cri du papillon" et nous raconte tout ça.

Un petit mot sur tes influences. De tes débuts et actuelles ?

Quand j’étais gosse, j’écoutais Jean-michel Jarre, puis Public Enemy, Run DMC, des trucs plus New yorkais comme Redman, Def Squad et Eric Sermon. Puis vers la fin des années 90, je découvre la drum’n’bass, la musique électronique, la musique anglaise…cela m’emmène donc vers la musique plus électronique et moins samplée avec des choses plus tordues, c’est donc là que je découvre l’electronica et tout le label Warp. Maintenant, j’écoute vraiment pleins de choses, j’ai fait mes bases avec un peu de chanson française comme Léo Ferret par exemple, j’écoute Tom Yorke, Björk, j’aime bien Interpol, le dernier The Cinematic Orchestra est plus pop mais il est vraiment bien foutu.


Après avoir collaboré avec TTC, L’atelier, le Klub des 7, tu te lances enfin en solo, ça faisait longtemps que tu y pensais ?

Oui, je l’ai toujours voulu mais à chaque fois, j’en étais empêché en étant embrigadé dans des projets à plusieurs, ils m’y obligeaient (rires). Mais je n’ai jamais vraiment eu de groupe, Gravité Zéro c’était un one shot, le projet était plus lié sur le concept que sur le groupe, même chose pour L’atelier, c’était un album concept et du coup le Klub des 7 aussi, vu que c’était basé sur l’enfance. Mais en parallèle de ça, j’ai toujours fait mes titres et là sur Le cri du papillon, il y a des morceaux qui ont 7 ans et d’autres qui ont été fait en studio.


Tu as pris combien de temps au niveau de la composition, même s’il y a de vielles chansons dans le lot.

Ce sont plus des vieux textes que des vieilles chansons, car les prods ont été travaillées l’année précédant la sortie. On va dire une bonne année de taf, de pré-prods et l’enregistrement a duré 1 mois en comprenant les prises, l’édition et le mix. J’ai enregistré dans un studio où était également Bumcello, j’y ai fait toutes les prises des voix et de tous les instruments acoustiques puisque justement Cyril Atef et Vincent Segal ont joué sur l’album. J’ai eu Yan Péchin à la guitare qui est le guitariste de Bashung et de Miossec donc juste un peu la classe (rires). En musicien additionnel, il y a eu Vincent Torrel au clavier qui joue en ce moment avec Oxmo Puccino dans les Jazzbastards. Je suis hyper content de tout ça, c’était une vraie chance de les avoir sur mon album.


C’est toi qui les as démarché ?

Non, ça c’est vraiment de la combine de maison de disques qui sert vraiment à quelque chose car en général tu te retrouves à jamais faire ce que tu veux avec les gens que tu ne veux pas. Là, chez Tôt ou Tard, c’est un peu l’inverse justement, tu n’oses même pas le demander et ils te le proposent donc c’est super cool.


Tu es accompagné par Dj Detect pour cet album ?

Oui, Detect fait tous les scratchs et sur scène, je suis toujours accompagné par le Jouage et de temps en temps, il y a aussi un guitariste additionnel qui vient sur scène.


Ton album « Le cri du papillon » est très varié, tu as enfin vraiment pu faire tout ce que tu voulais ?

Oui, l’avantage c’est ça, le fait qu’il ne sorte que maintenant ça peut paraître un peu tardif au vu de tous les projets que j’ai eu et des années qui sont passées mais malgré tout ça m’a permis de bien potasser le truc. Normalement quand on arrive au 2ème album, les gens disent que c’est l’album de la maturité, j’espère que pour moi ce sera le premier (rires). Non mais pour l’instant les critiques sont plutôt bonnes donc on verra.


Quelle est la signification du titre de l’album « Le cri du papillon »?

Je suis fan du surréalisme d’André Breton, j’aime bien les invraisemblances poétiques et comme j’utilise pas mal de « punch line » dans mes textes comme par exemple la sphère carrée, je trouvais que le cri du papillon pouvait me résumer. Puis le papillon exprime la liberté, et vu que pour la première fois cet album n’est pas encré dans un concept, je n’étais pas bridé, ça permet d’aller plus loin. Là, il n’y avait pas du tout de concept ou de thématique mis à part peut-être mon passage d’enfant à l’age adulte artistique, enfin j’espère vu que j’ai quand même 33ans (rires).


Dans tes textes, tu aimes souvent te mettre dans la peau des autres, comme dans « Gérard de Roubaix » par exemple.

J’incarne à la première personne car ça me parait toujours plus réaliste. Je suis fan de jeux vidéo et surtout de Doom like, je trouve que tu t’insères mieux dans le réalité de l’histoire. Mais je n’incarne pas que des personnes, j’incarne aussi un réverbère et une gouttelette, c’est une manière de mieux faire passer l’idée et l’histoire, ce qui permet peut-être de la faire ressentir plus profondément aux gens.


On sent que c’est souvent fait d’une manière assez cinématographique.

C’est évidemment dû au fait que je n’ai aucune culture dans le sens où je ne suis pas du tout littéraire, je n’ai jamais lu un bouquin de ma vie donc ma seule culture passe par l’image. Les tableaux de Magritte me touche par exemple. C’est dans le cinéma que je puise une grande source d’inspiration comme les Lynch, les Darren Aronofsky … Mais je ne voudrais pas non plus être catalogué dans un truc barré car ce qui me touche et m’intéresse vachement c’est la télé, pourquoi pas la plus grosse merde des télés réalités ou des trucs très populaires pour en tirer des thèmes comme Gérard de Roubaix par exemple. Je n’ai pas qu’une facette et je ne veux pas que mon album soit super triste comme c’est super facile de faire, c’est toujours plus facile de faire pleurer que de raconter des choses légères sans que ce soit nié, ça c’est le plus gros chalenge.


Pourquoi n’y a t’il que des featurings de musiciens sur ton album ?

Il n’y a que des featurings de musiciens mais pas de feat avec mes collègues artistiques simplement parce que j’ai fait que des albums avec eux donc je me réserve un petit peu le droit et le devoir (rires) de faire ça seul. J’avais déjà une bonne inspiration pour cet album vu qu’il y en a 14 sur le cd alors qu’on en a mixé et masterisé 22. Il devait donc déjà y avoir de l’épuration et du coup c’était compliqué à gérer. Ce n’était pas du tout dans l’esprit de faire ça tout seul mais plutôt dans l’envie d’être bien compris jusqu’au bout et que toutes ces personnalités soient bien exprimées.


Tu es signé chez Tôt ou Tard qui est plutôt un label axé sur la chanson française, comment s’est passé cette rencontre ?

Elle s’est passée comme normalement ça ne se passe plus. Je sortais de Gravité Zéro, on était en train de préparer le Klub des 7 et en parallèle j’avais mes maquettes comme « Gérard de Roubaix » et « Le profil psychologique » par exemple. Je démarche tout le monde, je rencontre pleins de gens et j’essaye de me dire prétentieusement que cet album est plutôt pas mal écrit, qu’il n’y a aucune raison que je l’autoproduise ou que je termine sur un obscur label indépendant malgré que je n’ai rien contre eux vu que c’est grâce à eux que je suis là mais je voulais juste me donner ma chance et taper plus haut. Donc je rencontre tous les gros labels et dans mon plan de bataille, j’ai le boss du label Tôt ou Tard que je ne connaissais pas. Un ami me dit que ce mec est cool, qu’il pèse dans le métier et qu’il pourra me diriger vers d’autres personnes s’il aime ce que je fais car son label n’est pas du tout fait pour ma musique. Je lui envoie un mail dithyrambique où j’avais complètement abusé la chose genre en lui disant que j’étais un cyber Léo Ferret… (rires) et ça le fait rire car il comprend que c’est au 15000ème degrés. Il m’appelle pour que je lui fasse écouter et on se rencontre à son bureau avec les disques d’or de Vincent Delerm au mur. Humainement ça passait super bien, à ce moment là, il organisait les Victoires de la musique vu que c’est le président. Il m’a rappelé 3 mois plus tard pensant que c’était pour me donner 2 ou 3 adresses et il me dit qu’il a bien écouté, qu’il en a parlé autour de lui et qu’il a envie de le faire, que c’est une démarche risquée mais qu’ils ont envie de prendre en ce moment. Donc parfait tu vois (rires), c’est une super expérience.


Que penses tu de la scène rap française ? Tu en écoutes ?

Oui j’en écoute mais pas trop mis à part mes colocataires artistiques. Je n’ai pas trop d’avis car je ne me sens pas trop concerné, c’est une industrie et je ne trouve pas qu’on fasse la même musique. J’ai l’impression d’être parti avec les mêmes clés, les mêmes bases, j’ai 33 ans, j’ai commencé à rapper avec Hi-fi et X men, mon super pote de Vitry c’est Mokobé, on a passé le bac ensemble mais je n’ai aucun problème avec ces gens, je ne dénigre pas forcément leur musique mais ils l’a font pour un type d’age et une cible bien précise qui est assez abstraite pour moi. Il y a une musique pour tout age, j’ai quand même l’impression de ne pas faire de la musique pour des gens qui écoute Lorie. Je pense qu’à la fin des années 90 il y a eu vraiment de la grosse daube, de pales copies des américains très mal faites et maintenant on est dans la pale copie des américains qui sont un peu mieux faite. Depuis 7 ou 8 ans, mes collègues et moi, on a essayé de faire un hip hop plus personnel, qui est influencé mais dont on a extrait le folklore bling bling et les clichés qui vont avec le rap, on a essayé de donner un nouveau souffle.


Certaines chansons, notamment « le profil psychologique » me font un peu pensé à Rocé et ses débuts, tu l’apprécies ?

Ah bon ? C’est cool…Oui carrément, je l’apprécie et en plus c’est un mec de Vitry (rires). Si tu veux, « le profil psychologique » est pour moi un morceau super facile, on peut complètement le taxer d’enfoncer des portes ouvertes dans le sens où je fais une liste exhaustive de tout ce que le mec peut aimer, ça intéresse qui ? A à mon sens, il n’y a pas d’originalité dans le thème. La seule petite originalité qu’il peut y avoir dans ce morceau, c’est de le décaler avec cette petite intro un peu drôle d’un mec qui se présente dans une agence matrimoniale. La thématique est pour moi évidente et ça ne me pose pas de problème qu’on me dise qua ça fasse penser à un truc, c’est normal. C’est un morceau générique qui permet de présenter mon état d’esprit car à travers les textes, c’est mon vrai profil psychologique, pour une fois, c’est complètement moi, c’est le seul morceau où ce n’est pas un personnage.


Dernièrement, quels sont les albums qui t’on marqué ?

J’ai beaucoup aimé l’album de Tom Yorke, le dernier de The Cinematic Orchestra, le dernier EL-P, un groupe finlandais qui s’appelle Lo-Fi Funk, une espèce de musique électronique très sucrée qu’on peut détester à souhait et que j’adore, c’est super frais, genre de la musique de vacances, des mélodies évidentes, vraiment un super bel album à mon sens. Donc ça résume ce dont on parle depuis le début, un espèce d’éclectisme, c’est important d’essayer d’écouter des bonnes choses dans tous les styles et de ne pas être cantonné dans un seul, c’est ce que les gamins peuvent faire légalement sur internet.


Justement tu es pour le téléchargement ?

Alors je vais avoir une sorte de lange de bois ultime en énonçant le slogan des labels indépendants français : « Télécharger c’est découvrir. Acheter c’est soutenir » . Je trouve que ça résume assez bien la chose, être contre et emprisonner des gosses pour ça, je ne trouve pas ça une super solution, maintenant il y a un moment où ils va falloir qu’ils comprennent que s’ils nous soutiennent pas financièrement alors qu’ils nous aiment, on ne pourra plus d’album, ça c’est une vérité. L’équation et simple, un album coûte de l’argent, il faut qu’il rapporte un minimum pour être à un état 0 et pour peut-être en rapporter. Le niveau 0 est déjà difficile à atteindre et le peu de gens qui nous permettent encore de faire des albums risquent de ne plus nous faire confiance, déjà qu’ils ferment régulièrement. L’industrie du disque ne se retrouvera alors qu’avec des gros blockbuster. Donc le téléchargement est à manier avec précaution et c’est très sérieusement que je le dis.


Je pense qu’il faut savoir aussi qui tu télécharges et qui tu achètes.

Oui exactement, par exemple si vous télécharger Michel Sardou, au lieu d’en vendre 500000, ce sera 300000, ce n’est pas la mort. Mais méfiez vous, car nous sommes à la croisée des chemins, les 5 prochaines années vont êtres assez périlleuses et je pense qu’il va y avoir des chamboulements, des artistes arrêteront.


Au niveau concerts, qui t’as mis une grosse claque ?

Ma grande claque, c’est Philippe Katerine, c’est énorme, tu as tout, le personnage, la prestance, le charisme, des bons musiciens qui jouent derrière, de l’esprit, je dis chapeau. Il y a pas longtemps j’ai revu EL-P, le rappeur qui était dans Company Flow, je ne suis pas objectif car je suis super fan, j’ai même joué avec lui à Genève et là j’étais juste un petit fan à prendre des photos avec lui, ça fait plaisir.


Pour finir, quels sont tes projets ?

Là en ce moment c’est la tournée, mais le projet sous-jacent c’est 2ème album le klub des 7. Au niveau personnel, j’ai des idées comme des nouveaux concepts avec mes potes ou comme un album instrumental, mais rien de concret pour l’instant.

Plus d'infos sur: www.myspace.com/delleck

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James Delleck - cliquez pour agrandirJames Delleck - cliquez pour agrandir


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