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Grand Corps Malade
par Djinax le 01-02-2007

C’est lors de son passage à Toulouse que j’ai rencontré Fabien alias Grand Corps Malade, l’homme qui a fait découvrir le slam au grand public grâce à ses superbes textes et à la médiatisation qui s’en est suivie.

Raconte nous tes débuts et notamment comment tu es venu au slam ?
En fait, au début je n’ai jamais voulu faire une carrière artistique, être chanteur, faire des disques, ce n’était pas mon rêve, j’étais plus dans le sport à la base. Je suis arrivé au slam car j’aime l’accessibilité qu’il y a, c’est ça avant tout le slam, des scènes ouvertes dans des bars où tout le monde peut y dire un texte. Il y a un maître de cérémonie qui est slameur avant tout, il prend le nom des personnes qui veulent participer et les appelle sur scène. A l’époque, j’avais un pote qui slamer donc un jour, je l’ai suivis, j’écrivais déjà des textes comme beaucoup de personnes qui ne sortaient pas du tiroir. C’est donc de cette manière que j’ai découvert le slam, cela correspondait à ma manière d’écrire, j’ai eu envie de participer et ça m’a de suite beaucoup plus. J’ai donc commencé réellement à écrire et à faire pas mal de scène dans Paris et sa banlieue, c’est à partir de là que le virus d’écrire et de partager mes textes m’a vraiment pris. Puis les différentes rencontres m’ont amené à faire un disque et de la scène. J’ai rencontré réellement le slam en 2003 (pour info le slam est arrivé en France en 1997 et a fait réellement parler de lui grâce au film américain SLAM qui a été primé à Cannes en 1998), à la base c’était pour m’amuser, puis c’est devenu une vraie passion et finalement mon métier.

Pour ceux qui ne savent pas comment se déroule une soirée slam, il y a un thème…
Les organisateurs peuvent décider d’un thème ou faire un tournoi, mais la plupart du temps, c’est juste un endroit où on sait qu’il va y avoir une soirée slam avec une scène ouverte. Le maître de cérémonie va juste dire un texte pour ouvrir et après il appelle les personnes. Le texte doit faire 3 ou 4 minutes maximum et tout le monde peut y participer, donc on y retrouve une vraie diversité, des jeunes, des vieux, des femmes, un rappeur qui va lâcher son texte a capella, ou quelqu’un qui va faire de la poésie classique, un autre qui va le faire en prose, l’autre en vers…il y a vraiment tous les styles réunis, c’est pour ça que le slam n’est pas un genre musical, c’est juste un moment d’expression libre.

Tu es passé de petits bars à de grandes salles en peu de temps, comment gères tu ça ?
Oui, c’est vrai mais avant que le disque sorte je vivais déjà du slam, c'est-à-dire que j’animais des scènes et des ateliers d’écriture avec des jeunes…. et puis on organisait des spectacles avant que l’album sorte, il y avait déjà des programmateurs qui commençait à programmer du slam, je n’étais pas tout seul, souvent en collectif de 3 ou 4 slameurs, donc on étaient déjà sortis des bars pour faire des petites salles de 200 ou 300 personnes.

Tu apprends quoi dans un atelier de slam ?
Le concept, c’est de leur apprendre à écrire quelque soit leur age, moi je m’occupe d’un atelier où on rassemble des jeunes et des gens du 3ème age car je bosses en relations avec une MJC et une maison de retraite. Le but ce n’est pas de leur apprendre la poésie, j’en serais bien incapable, ni le slam vu qu’il n’y a pas « une » manière de slamer, mais de faire une espèce d’émulation, de faire comprendre que l’écriture c’est vivant et ludique. On se donne des thèmes, on écrit à plusieurs ou en solo, de temps en temps on se mets des contraintes comme écrire en alexandrins… C’est un atelier d’écriture comme il y en a beaucoup d’autres mais la particularité c’est que c’est un atelier slam, donc une fois qu’on a passé le stade de l’écriture il y a le passage à l’oral qui est important, le fait de le faire en public, de savoir l’interpréter, ça s’apprend aussi.

Tu écris tous tes textes à la première personne, pourquoi ?
Dans le slam il n’y a pas de règle, chacun fait ce qu’il veut, moi il se trouve que quand j’ai commencé à écrire et à partager mes textes, je me suis rendu compte que c’était souvent des textes très autobiographiques, qui parle de ce que je connais bien, de ma ville comme « Saint Denis » ou « vu de ma fenêtre », ou je parle de mes expériences passées ou futures… donc c’est vrai que souvent je dis « je », ça part souvent d’expériences personnelles. D’après les témoignages que j’ai depuis plus d’un an, ce sont des textes qui parlent aux gens car cela leurs rappellent des souvenirs, on a tous des galères, des envies, des histoires d’amours…. Même si ça part de quelque chose de personnel, j’aborde des thèmes qui peuvent toucher tout le monde et ça me fait très plaisir. Je me suis trouvé pas mal impudique dans mes textes, même si c’est caché derrière une rime, j’aborde des thèmes que je n’aborde jamais dans le privé, même avec mes proches.

Parles nous des rencontres que tu as fais pour arriver à l’enregistrement de l’album ?
En fait, il y a 2 principales rencontres, la première c’est l’homme qui est au piano ce soir, qui se nomme Petit Nico et qui traînait sur les scènes slam, il rappait mais il était également musicien et c’est lui le premier qui m’a proposé de mettre mes textes en musique. Donc on a essayé chez lui tranquillement et on a fait une maquette avec 5-6 titres mais on ne savait pas ce qu’on allait en faire, c’était limite même plus pour les proches, pour laisser une trace. Puis j’ai rencontré Jean Rachid qui est humoriste à la base, on a sympathisé et je lui ai fait écouter ce qu’on avait fait. Il a aimé et a de suite pensé que ça pouvait faire un vrai disque. Il est donc devenu le producteur, et a pris le risque d’y mettre de l’argent pour l’enregistrer dans un vrai studio.

Ton album ne s’est pas fait dans les règles du slam. D’abord quelles sont t’elles et pourquoi ?
Oui c’est vrai, il y a plusieurs règles. Tout d’abord, il faut que ce soit fait en a capella, donc tu peux voir que sur l’album ce n’est pas le cas. Ensuite le slam c’est du live, de la scène, ce n’est pas un enregistrement. Enfin, c’est avant tout de la scène ouverte, il faut qu’il y ait la notion de partage. Ce sont les 3 notions où on se retrouve un peu tous. Donc sur mon disque je me détache clairement de ça, ce n’est pas un disque de slam même si je suis un slamer et qu’il y a des textes de slam mais on a décidé de les mettre en musique pour un « projet musical ». Pour moi, un disque de slam n’a pas de sens. A la base, j’écris mes textes pour que ce soit de l’a capella et ce sont les musiciens qui ont joué le jeu de faire du sur mesure. Pour le 2ème album que je suis en train d’écrire, je continue de cette manière, j’aime jouer avec les sonorités et la musicalité des mots, qu’il y est un mélange entre le fond et la forme.


Comment réagit le public à cette découverte du slam en live ?
On a joué aux 4 coins de la France, en Suisse et en Belgique et pour l’instant on a un accueil de dingue partout. A la fin des concerts, j’attend que la masse soit partie pour aller à la rencontre du public et j’ai vraiment l’impression qu’on amène quelque chose de nouveau car dans les concerts il y a de l’a capella et les gens n’ont pas l’habitude de ça. On peut presque penser de temps en temps à un one man show, j’ai quelques textes assez marrants dont il y a un réel échange avec le public. Le slam impose une écoute qu’il n’y a pas forcément dans les autres concerts, c’est ça qui est le plus surprenant pour le public et qui est nouveau. Les gens découvrent mais ce qui est vraiment bien, c’est que le public est super large, ça va des enfants aux personnes âgées.

As-tu des slamers à faire découvrir vu que toi tu es maintenant médiatisé ?
J’essaye d’en faire découvrir, là par exemple en Avril, il y a Souleymane Diamanka (www.myspace.com/souleymanediamanka) qui va sortir son album chez Barclay. C’est un français d’origine sénégalaise et c’est un tueur, il a même commencé avant moi, je l’ai découvert dans un petit bar. Il a une écriture poétique incroyable et une voix très grave, donc tout pour accrocher l’oreille. Il y a aussi Arthur Ribo (www.myspace.com/arthurribo) qui est très fort aussi car c’est un freestyler. Le slam, c’est très peu improvisé, ce sont des textes le plus souvent écrits et très bien préparés, moi je ne suis pas bon en impro. Et de temps en temps, il y a quelques fous comme Arthur Ribo qui demande un mot dans la salle et enchaîne avec, dans un freestyle total, c’est impressionnant à voir. Le succès de mon album a ouvert des portes et les maisons de disques s’intéressent maintenant au slam, donc ça fait plaisir.


Quels sont tes projets ?
En ce moment on est en tournée, mais je continue à m’occuper de mes ateliers et de ma petite scène slam que j’anime donc je ne fais pas 25 dates par mois mais seulement une dizaine. Forcément la tournée va se rallonger, elle a commencé l’été dernier par des festivals pour réellement débutée en Octobre et je pense qu’on la finira en Novembre. Donc entre temps j’ai du temps libre, je continue à écrire et à aller dans les bars, donc j’ai pleins d’idées et de textes qui sont prêts pour le 2ème album. Dans le courant de l’année, on va se pencher sur la mise en musique et dès que la tournée est finie, on rentrera en studio, donc je pense qu’il sera prêt pour début 2008.


Plus d'infos sur: www.grandcorpsmalade.com

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Grand Corps Malade - cliquez pour agrandirGrand Corps Malade - cliquez pour agrandir


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