yezzi.net - webzine musical et culturel du collectif antistatic - musique - culture - lecture - theatre - chroniques - live reports - interviews - news - concerts - photos - liens - salles

Vendredi 23 juin 2017

Groupe du moment:
Rag'n'Bone Man
Soul Pop Blues
Rag'n'Bone Man est la révélation du moment avec la sortie de son premier album "Human"
:Site web ici:


Les nouveaux articles de Yezzi
Interviews récentes:
Ugly Kid Joe
Tang
Wonderbar
Therapy?
Le Dead Projet

Chroniques récentes:
Aqme - Dévisager Dieu
Exodus - Blood In Blood Out
Lordi - Scare Force One
Billy Idol - Kings and Queens Of The Underground
Alice Cooper - Raise The Dead - Live From Wacken

Live reports récents:
Saxon - Skid Row
Accept
Steve Harris British Lion
Nine Inch Nails
Suicidal Tendencies - The Inspector Cluzo

Infos
Concerts
Salles de concert


Les Partenaires de Yezzi

MySpace.com
My Space Webzine Yezzi

Voltadikt.com
VOLTADIKT.com - Plateforme de téléchargement pour groupes indépendants & DIY

Première Pression
Premiere Pression - Concerts à Toulouse et en Midi Pyrénées

Popcorn
Popcorn -Magazine mensuel sur les musiques amplifiées - supplément de Flash Hebdo et disponibles dans les shops, music shops, stands concerts,...

Bikini/Bleu Citron
Le Bikini et Bleu Citron - Concerts à Toulouse et en Midi Pyrénées

Jerkov Musiques
Jerkov Musiques - Label - Booking - Promo - Tourneur - Manimal - Agora Fidelio - Psykup - ... - Toulouse

Sidilarsen
Sidilarsen - Boom Boom Metal - Punk Electro Ragga Dance Metal - Toulouse

Tezla Booking Promo
Tezla booking et promo













Yezzi Radio
metal - pop - rock - hardcore - emo - neo - trip hop - hip hop - jazz - electronique - techno - dance - rock n' roll - death - trash - speed - heavy
YEZZI Interviews

Experience
par MiLKa en 01-2003

Entrevue avec Michel Cloup, porte-parole d’EXPERIENCE, connu pour avoir usiné longtemps avec feu DIABOLOGUM. Il incarne la réconciliation du rock n’roll et de l’intelligence, possède les textes les plus intéressants de la scène française du moment. De plus, EXPERIENCE tend à s’affranchir du carcan nihiliste ou élitiste dans lequel DIABOLOGUM était cloisonné, bon gré mal gré. Quelques minutes volées avant leur concert du mercredi 5 décembre dernier, à Toulouse, son lieu d’origine.

De DIABOLOGUM à EXPERIENCE, qui est resté ?
Il n’y a que moi de DIABOLOGUM. Les autres membres d’EXPERIENCE viennent d’autres groupes. Francisco le bassiste vient de RIO CORTE et TELEFAX. François et Patrice viennent d’un autre groupe qui s’appelle SELEM. A la base, après DIABOLOGUM, j’ai bossé tout seul pendant plusieurs mois, pensant faire l’album seul, parce que j’en avais envie. Puis, j’ai rencontré Francisco, ça s’est plutôt bien passé, et de là, d’autres chansons sont arrivées. Le disque a pris alors une tournure plus rock que ce que je m’imaginais au départ. On s’est vite retrouvé le dos au mur avec sampler, guitare, basse sur un truc pas très vivant... Les samples batterie, je trouvais ça un peu mou du genou, ça manquait d’énergie et d’aspect organique. Or, pour moi, le sampler est un instrument comme un autre, pas un truc primordial. Je trouve ça un peu absurde. D’ailleurs, au jour d’aujourd’hui, même les gens qui font de la musique électronique a cette idée de "live", avec de vrais instruments sur scène, même dans le hip-hop. Et j’avais envie de retrouver l’énergie d’un groupe, l’aspect dynamique... C’est comme ça qu’on a cherché un batteur. On a trouvé facilement Patrice, qui nous a ensuite présenté François, le guitariste de son groupe. L’équipe s’est formée sur plusieurs mois, mais assez naturellement... de manière assez surprenante parce que j’imaginais avoir beaucoup de mal à trouver des gens pour reformer un groupe.

Peut-on évoquer la fin de DIABOLOGUM ?
Oui, il n’y a pas grand chose à dire. Je crois qu’on a un peu trop fait de concerts, on a été un peu trop les uns sur les autres, et tout le monde a eu envie de prendre l’air et de faire autre chose. En plus, artistiquement, il n’y avait pas forcément les mêmes envies pour donner une suite au "#3". Pas du tout les mêmes envies. Même si ce n’est pas complètement à l’opposé. Alors, plutôt que de s’entêter, musicalement, humainement, ça ne marchait plus. C’était mieux d’arrêter. C’était le bon moment, après ce disque-là. Il fallait pas faire un mauvais disque. On avait pas envie de continuer DIABOLOGUM parce que DIABOLOGUM ça marchait un petit peu... Alors on a fait autre chose.

Je vais te donner des adjectifs pour qualifier la musique de EXPERIENCE, tu vas me dire ce que tu en penses... Cinématographique ?
Ouais, je pense. On nous le dit beaucoup. Dejà à l’époque de DIABOLOGUM, et ça continue aujourd’hui. Ben, moi, je travaille beaucoup avec des images... "mentales"... J’aime bien cette idée de pouvoir voyager avec du son ou des mots. Après je ne cultive pas vraiment ça, ça vient comme ça, même dans les paroles. C’est vraiment quelque chose que je n’ai pas essayé de travailler. Je ne calcule pas trop. Mais pas mal de gens le disent. Ça fait plutôt plaisir, car l’inspiration, pour moi, elle vient autant de la littérature que du cinéma. Je travaille beaucoup au niveau des sensations.

D’ailleurs, chez les écrivains et cinéastes, lesquels pourrais-tu citer ?
Ceux qui ont guidé l’écriture dans EXPERIENCE... Il y en a tellement... De Jean Eustache à John Carpenter. La brèche est ouverte. J’essaie de n’avoir aucune barrière, aucune limite. Je fonctionne un peu par cycles, comme dans la musique. En fait, j’écoute du free-jazz pendant six mois, un an, puis ce sera du r’n’b... Et dans le cinéma, c’est pareil. J’ai envie de voir des films obscurs, difficiles, qu’on peut taxer "d’intellos", puis après des films d’horreur... Du moment que c’est bien fait, que c’est bien pensé, bien réalisé. Moi, j’ai aucune limite, c’est peut-être problématique. Du moment que le truc m’attrappe... Après, Godard ou « Massacre à la tronçonneuse »...

Du coup, est-ce que vous faites une musique élitiste ?
Je ne crois pas. J’espère que non. En tout cas, ce n’est pas dans cette idée-là que l’on travaille. Au contraire... Par rapport à DIABOLOGUM, il y a un peu plus cette envie d’aller vers les gens, pas forcément compliquer tout le temps les pistes... J’aime bien compliquer les titres à certains moments, les rendre plus complexes, mais aussi plus libres d’interprétation, et à certains moments, j’aime bien faire les choses le plus simplement possible, de manière à ce que ce soit compris par un maximum de gens. Après, je trouve que c’est un reproche assez facile. C’était déjà le cas avec DIABOLOGUM. Aujourd’hui, dès que ça devient un peu compliqué, il y a plein de gens qui lâchent l’affaire parce que les cerveaux sont pas mal formatés avec des choses faciles, simples. Et c’est vrai que les gens ont de moins en moins l’envie d’aller vers des choses obscures ou un peu plus difficiles. Moi, personnellement, j’aime bien ça par moments, pas tout le temps, pas brouiller les pistes pour brouiller les pistes et perdre les gens. Avoir par moments un discours assez simple, et par moments peut-être un discours un peu plus touffu...

Mais tout le temps, qu’il y ait un sens ? Éviter l’art gratuit ?
Oui, qu’il y ait un sens, et surtout une cohérence... Entre des choses plus simples et des choses... Entre "Aujourd’hui, maintenant" et "Pour ceux qui aiment le jazz", et au milieu de ça, "Les Ouvriers coréens", ou "Entre Voisins"... Avoir des cases, et pouvoir partir dans des directions un petit peu différentes, et pour autant, que le tout soit cohérent.

EXPÉRIENCE semble donc se vouloir plus accessible. On entend "Essayer" à la radio, chose qui ne se faisait pas pour DIABOLOGUM...
Oui, c’est vrai. Moi, je ne fais pas de la musique pour moi-même, ou pour écouter dans ma chambre. J’ai envie que les gens entendent la musique d’EXPERIENCE. Ça ne passe pas par la facilité à tout pris et l’envie de grimper en haut des charts. C’est juste inviter les gens à écouter l’album avec des choses peut-être plus évidentes, qui permettent de rentrer dans un disque qui par moments, est peut-être plus difficile. On avait déjà cette réputation d’être obtus avant. Ça n’a jamais été notre volonté.Simplement on faisait ça parce qu’on voyait les choses et qu’on les sentait de cette manière-là. C’était pas du tout des partis pris pour emmerder le monde. Mais c’est vrai que dans EXPERIENCE, j’essaie de faire des efforts, parce que j’aime aussi la simplicité, l’efficacité d’un titre rock. Un truc sur trois accords.

Vous faites une musique urbaine ?
Oui, je pense. C’est indéniable. De par le bruit ! (rires)

Comment se passe la tournée ? Avez-vous des échos ?
Ça se passe vraiment bien. Là, c’est presque terminé. Ce qui est vraiment super, c’est de voir qu’il y a d’autres territoires à part la France où il se passe des choses, notamment l’Espagne, où l’on a fait dix dates... ce qui est pas mal pour un groupe français. Sur la France, c’est plutôt bien, même si c’est un nouveau groupe, un nouveau projet, donc il faut un peu installer le truc, alors c’est pas le délire, mais les gens viennent à EXPERIENCE. Et par contre sur l’Espagne, là, c’est vraiment la folie, on est un peu des pop-stars ! (rires) Sur toutes les dates, les salles étaient pleines, c’était vraiment super !

Le dernier disque que tu as acheté par exemple ?
(grande réflexion) L’album de MISSY ELIOT, et le single des DESTINY’S CHILD... J’écoute pas mal de hip-hop et de r’n’b en ce moment, j’adore ça !

Dernière question peu originale : vos projets ?
Un nouvel album... on bosse dessus actuellement. Je pense qu’il sortira l’année prochaine. Un album écrit plus en groupe, par rapport au précédent, où l’intervention des autres s’est faite un peu après l’élaboration des bases de chansons. Là ce sera un vrai travail en commun. L’idée c’est de faire un disque pas vraiment différent, mais d’apporter peut-être quelques choses nouvelles dans la marmite.


Yezzi.net - Qui sommes nous? - E-mail