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Enhancer
par Plux, Djinax et Boo le 03-12-2003

Nous avons rencontré Enhancer lors de leur venue sur Toulouse pour la sortie de "Street Trash", deuxième album du combo parisien. Bilan de la tournée pour le premier album et découverte du second avec Difré, Bill, Matthieu et Marc!

Yezzi.net : Vous pouvez nous faire une petite présentation du groupe ?
Difré : Alors avec nous ce soir on a Bill qui chante, Marc à la basse, Matthieu et Difré aux guitares et en plus y’a Tony et David au chant, Etienne aux samples et John à la batterie, donc en tout on est 8. On s’appelle Enhancer, actuellement, on est en tournée pour notre 2ème album « Street Trash ». On a commencé à jouer tous ensemble vers 1996, on a fait deux maxis puis un album autoproduit qu’on a été enregistré nous même, le premier vrai album qui s’appelle « Et le monde sera meilleur », après on a fait une tournée d’environ 1 an et demi. Ensuite on a changé de label et puis on a fait le 2ème album. Voilà c’est un petit résumé de la vie d’Enhancer.
Matthieu : Pas mal ton résumé…alors on est né en….(rires)

Yezzi.net : D’ou vient le nom Enhancer ?
Marc :
En fait c’est un mot qui veut dire « augmenter », « augmenteur » en anglais. Moi je faisais des études de bio et puis il y avait des trucs de génétiques qui s’appelaient des Enhancer , je trouvais ça rigolo et puis ça s’appliquait à tout, t’avais des trucs de traitement d’image qui s’appelait des Enhancer. Le nom nous plaisait bien donc on l’a choisi….et puis voilà.

Yezzi.net : On vous colle une étiquette assez Hip Hop Métal, ça vous convient ?
Matthieu :
On a besoin de mettre une étiquette pour pouvoir identifier le groupe quand les gens connaissent pas alors oui elle nous convient, même si on ne sait pas ce que ce sera le prochain album, peut-être que ça correspondra à une autre chose. On n’est pas fermé sur les étiquettes et on comprend que les gens aient besoin de cela pour savoir à peu près à quoi ça ressemble.
Difré : Hip hop Métal c’est peut-être un petit peu restrictif malgré que ce soit 2 grands courants et qu’on adore, y’a plein de trucs qu’on aime et plein d’autres influences qu’on met dans notre musique. Nous on essaie de faire du Enhancer et on aimerait qu’un jour les gens ne mettent plus d’étiquette mais bon après y’a eu du Rap core, du Rap métal, du Hopcore.
Matthieu : Peut-être qu’on devrait faire du Hip n’B comme Ophélie Winter (rires)
Difré : Peut-être la prochaine fois on fera du Hip n’B, on va réfléchir (rires)

Yezzi.net : Vous vous êtes fait connaître avec votre premier album « et le monde sera meilleur », votre 2ème album, « Street Trash » est différent de par la production et la recherche musicale. On sent que vous avez cherché, évolué et travaillé beaucoup plus sur cet album. Comment le voyez vous de votre côté ?
Marc :
C’est « Street trash pas Street tâches…. (rires)
Matthieu : Il y a eu presque 3 ans entre les 2 albums, une différence de moyens assez importantes et il y a eu notre évolution personnelle et notre envie de faire quelque chose qui vieillira mieux avec le temps. On est très content de notre premier album mais on l’a fait très très vite et si tu veux, avec du temps, on lui trouve des défauts. Je pense qu’on en verra aussi sur le 2ème mais comme on a essayé de travailler plus en amont, on le digèrera mieux sur la durée. Et on est très content de la production, on a travaillé avec Machine et ça s’est très bien passé, c’est pas parce que c’est un américain, c’est parce qu’il y a eu un échange, il est venu nous voir, il a vraiment kiffé et il a décidé de travailler avec nous. C’est pas du tout une question de dire il fallait que ce soit lui ou un américain, c’est que ça a vraiment été superbe avec lui, on s’est éclaté. On se contacte régulièrement, lui aimerait bien continuer de travailler avec nous, nous ça nous déplairait pas non plus, ça s’est très bien passé et on est content du résultat, donc c’est cool quoi !

Yezzi.net : Comment voyez-vous ce 2ème album avec le recul? Des regrets ?
Marc :
Ben moi je suis carrément fier de l’album. Par exemple ça m’arrive de l’écouter en caisse comme si j’écoutais une musique de quelqu’un d’autre. Je prends du plaisir à écouter ça, c’est la première fois que je ressens ça dans ma vie, d’être fier de ce qu’on a fait. Mais il y a toujours des regrets car tu ne peux pas faire 15 titres parfaits, ça n’existe pas.
Matthieu : En plus on est 8 et donc il y aura toujours un minimum de divergences, même sur des détails. Après t’apprends à savoir que même si un détail est important pour toi, il ne l’est pas toujours pour le groupe.
Marc : T’as toujours un moment où il y en a 7 qui kiffe le morceau et 1 qui aime pas du tout une partie donc on essaie de trouver des compromis. On fait aucun morceau à contre cœur pour quelqu’un, on essaie toujours de travailler dans le consensus. Au final je pense que sur l’album il n’y a pas grand chose à jeter surtout quand j’écoute d’autres albums de ce qui se fait, je suis vraiment fier de ce qu’on a fait. Aucun regret. Après pour reprendre ta question précédente, pour l’évolution, je sais pas ce que sera le troisième, ce qu’on n’a pas envie de faire c’est de refaire le 2ème ou le 1er. Pour nous les artistes que ce soit en musique ou en quoi que ce soit, si t’as un peu d’ambition artistique, faut te remettre en question à chaque fois, faut pas tourner en rond sinon ça n’a aucun intérêt artistique et même financier parce que de toute façon au bout d’un moment tu saoules les gens. Après le risque quand tu fais un album, c’est qu’il y a toujours un peu d’angoisse quand tu fais un truc nouveau, tu te demandes comment vont réagir les gens. Mais si tu fais deux albums identiques, c’est le même problème, soit les gens vont dire « ouais ils tournent en rond c’est de la daube », soit les gens vont faire « purée ils sont signés chez Barclay, ce qu’ils font c’est mélodique ». Tu peux toujours être critiqué quoiqu’il arrive. Nous on s’est dit, on fait ce qu’on envie de faire, on sera critiqué, il y en a qui vont aimé, du moment que nous ça nous plait, c’est ce qui compte, on n’a aucun regret à avoir.

Yezzi.net : Je trouve que vous avez énormément évolué entre vos 2 albums, notamment au niveau des voix. Est-ce l’album de la maturité ?
Bill :
Moi, je ne pense pas que ce soit l’album de la maturité, je pense qu’on a évolué en grandissant. On a beaucoup travaillé en amont, faire maquetter, se trouver, régler nos voix les unes par rapport aux autres pour être cohérent, avoir une écriture et des textes cohérents, on s’est beaucoup aidé les uns les autres, on a travaillé ensemble sur les paroles, en demandant l’avis des autres à chaque fois. On a aussi travaillé ensemble sur la prise de voix, on a travaillé techniquement, vocalement, on a pris un peu de cours de chant. Et au final, on a trouvé une cohérence par rapport au premier album qui était plus fait à la va vite, on ne savait pas chanter, on ne savait que gueuler et on le faisait du début à la fin.
Marc: Sur le premier album, on est arrivé en Belgique, les compos étaient finis instrumentalement mais ils ont dû écrire leurs textes en un mois pendant l’enregistrement. Quand on est arrivé sur cet album, tout était écrit, terminé. Par exemple sur le premier album, Matthieu était parti avant la fin de l’enregistrement, il a découvert les paroles le jour où il est rentré de vacances. Alors que là on savait tous ce qui allait être dit à part des petits détails, des trucs que tu fais au feeling en studio.

Yezzi.net : Vous avez enregistré au Manoir, comment ça s’est passé ?
Marc :
En fait on a enregistré tous les instruments au Manoir et 4 chansons pour les voix. Ensuite les chanteurs sont partis finir l’enregistrement à New York. Au Manoir, c’était une très bonne ambiance avec une très belle structure dans un parc avec une piscine. Nous on était studieux et à fond dans l’album mais on était dans le confort donc c’était super cool. On pouvait prendre le temps donc on s’est vraiment appliqué.
Pour les chanteurs, le fait de partir à New York était un désir de Machine car il préfère traiter les voix chez lui, il est plus à l’aise dans son petit studio. Là bas ils logeaient chez Machine. Une fois les prises faites, les chanteurs sont rentrés et Machine nous envoyait les mix par le biais du net, on lui répondait en lui montrant les défauts et les qualités de chaque truc et ils nous les renvoyaient au fur et à mesure. Pour finaliser, c’est Matthieu et John qui sont partis 1 semaine là bas pour les derniers détails. Pour nous c’est une super collaboration sur tous les points que ce soit avec les gens du manoir ou avec Machine.

Yezzi.net : L’idée de choisir Machine vient de qui ?
Marc :
En fait à la base c’était une idée de notre manager parce que nous on connaissait très peu ce qu’il avait fait. Nous on était parti sur des délires, des trucs inaccessibles, Andy Wallace, on était sur Internet pour voir les sites de référencement de mixeurs, de producteurs avec leurs managements. On avait essayé de les contacter mais ils ne voulaient pas bosser avec les européens, les tarifs étaient exorbitants, ce n’était pas possible. Et puis notre manager lui, il connaissait bien PitchShiffter, il était fan, il connaissait bien l’œuvre de Machine. Il nous a dit que c’était le mec qu’il nous fallait. Nous, on ne connaissait pas, c’est Barclay qui l’a contacté et il est venu nous voir un week-end dans notre local à Cergy-Pontoise. Il est arrivé un matin, on a pris le petit dèj’ ensemble, on a discuté et au bout d’une heure on avait déjà des grosses affinités.
Bill : Il connaissait même nos prénoms en arrivant.
Marc : En arrivant il avait un a-priori positif sur ce qu’il avait écouté. Il voulait nous rencontrer voir si le courant passait et c’est passé vraiment nickel. Et nous, dès qu’il nous a fait écouter ses prods, « Hed pe » était pas encore sorti mais il l’avait amené en skeud, il avait emmené un truc qui s’appelait « Save » qui n’est pas sorti en Europe. Nous on a vu tout de suite que c’était ce qu’il nous fallait. Il savait bien traiter les grattes, il savait incorporer des beats dans les morceaux, il déchire en traitement de voix. Et puis en plus c’est un mec adorable et ça s’est confirmé quand il est revenu 1 mois après, le temps de tout préparer niveau logistique. On a passé deux mois vraiment fantastiques et j’espère qu’on rebossera avec lui car c’était vraiment que des bons moments.

Yezzi.net : Pouvez-vous nous expliquer d’où vient l’idée de « la malette »?
Bill :
En fait, à la base c’est un morceau à part entière et on ne savait pas si on allait l’incorporer. L’idée du texte était d’écrire une fiction parce que c’est un exercice dans lequel on ne s’était jamais lancé et puis avec Tony on a eu cette idée de se refiler un objet et voilà c’est parti sur la malette. Et puis on a eu l’idée de le diviser en trois pour faire des interludes, ce qui fait en plus un fil conducteur dans l’album quoi.
Marc : Par contre on vous dira pas ce que contient la malette c’est top secret ! (rires)

Yezzi.net : La chanson « Music business » parle de la Star Ac, etc…avec un refrain qui « je trouve personnellement » ne sonne pas comme du Enhancer, est-ce voulu ?
Bill :
C’est un petit foutage de gueule aussi, l’idée c’était de se faire un trip punk mélodique, style qu’on aime beaucoup aussi, et après t’as les paroles qui donne un petit côté décalé.
Marc : Pour te dire en fait nous on aime plein de trucs, Hip hop, Métal…. On aime bien aussi le punk rock mélodique même si nous on fait pas que ça. Un jour quand on démarchait, on a rencontré une maison de disques qui nous dit je vous signe parce que vous avez le look mais ne faites plus du rock métal, faites moi du punk rock parce que le rock métal, c’est du Hip hop rock et c’est Has been, faut faire du punk. Je vous donne 30000 balles, vous me faites 4 titres donc nous on a pris les 30000 balles et on s’est acheté du matos avec. On a fait le trip pour nous, on savait qu’on n’allait pas signer avec lui. Nous ce qui nous faisait chier c’est qu’on nous dise faites ci faites ça. Si un jour on a envie de faire un titre punk rock ou un titre Reggae on le fera si on le sent. Après on n’a pas envie qu’on nous dise quoi faire. Sinon on assume complètement le fait de faire un morceau avec un couplet jungle avec un truc mélodique punk derrière. Moi c’est un de mes morceaux préférés, c’est un des refrains que j’adore écouter, j’assume total ce morceau de A à Z.

Yezzi.net : Et avec Barclay ? Avez-vous des contraintes ?
Marc :
On a démarché Barclay avec un album pratiquement fait, on avait des démos, il savait dans quoi il s’engageait. Ils nous ont jamais dit, faites ci ou faites ça, nous on arrivait avec des trucs qui étaient faits et ils disaient ce qu’ils en pensaient mais jamais on nous a dit faites Do-Fa-Sol, sinon ils embaucheraient des mecs pour écrire des textes et des musiques. Nous ils nous embauchent parce qu’ils se doutent très bien qu’on va pas faire du Céline Dion, ou du punk rock. Ils nous ont signés pour être Enhancer car ils pensent que ça peut marcher et puis ils nous aiment bien humainement et musicalement.
Bill : Cela dit c’est vrai que c’était important d’avoir un avis de personnes de la profession.
Marc : Le gros avantage qu’on a c’est qu’on est 8 donc on est plus créatif car on a 8 idées. Le désavantage c’est que comme on a tous une part de doute sur nous même et sur chacun d’entre nous, on connaît tous les qualités et les défauts de chacun. Ce qui fait qu’a un moment on n’arrive pas à se lancer et le fait que Machine soit venu nous a vachement aidé car il y avait 2/3 morceaux ou on n’était pas sur et on commençait à tourner en rond parce qu’on ne savait pas quoi choisir. Et quand t’as un mec que tu respectes, qu’y arrive et qui te donne son avis, tout de suite tu lui donnes du poids, tu vois c’est pas comme si c’était un mec qu’y était dans son bureau qui te fais « ouais moi j’ai signé Pascal Obispo, allez faites du punk rock », lui on s’en fous de son avis. Par contre si c’est des mecs qu’y ont une opinion, qu’y ont du goût, que tu respectes, leur avis peut nous importer. Après on est des individus, on choisit par nous même, c’est Enhancer qui prend la décision finale. Je pense qu’on a besoin d’être rassuré, on n’est pas des mecs qui prétendent connaître la vérité ultime sur la musique, nous sommes des gens qui doute, on a besoin d’avis extérieurs sur les choses.

Yezzi.net : Vos textes semblent plus posés et adoptent une vision plus généraliste de la vie? A quoi est dû le changement de thème des paroles depuis le premier album ?
Marc :
En fait on a pris 3 ans entre les 2 albums, il s’est passé pas mal d’événements fin 2001, les attentats au World Trade Center, la guerre en Irak, le 2ème tour des présidentielles avec Le Pen. Enfin bon on s’est pris pas mal de trucs dans la gueule, on est devenu plus adultes, avant on était plus insouciants. En plus on a du quitter notre label à cause d’embrouilles internes, il a fallu retrouver un label, on était dans une période un peu de doute. Enfin tout n’est pas gai, il y a des moments ou tu souffres, en Hiver 2002 on a écrit quelques chansons un peu tristes parce qu’on était un peu en difficultés. Ouais on est un peu plus posé je pense.
Bill : Tout simplement, on avait aussi besoin d’aller quelque part où on était pas encore allé, on a envie d’explorer pleins d’autres choses encore, si ça se trouve un jour on pondra un album avec que de slow...peut-être. L’idée c’est de faire ce qui nous plait au moment où ça nous plait, c’est vrai qu’une chanson comme « Paname », c’est un jour où tout le monde étaient plus ou moins déprimés, enfin déprimés c’est large comme terme mais il suffit d’avoir un coup de blues et basta.

Yezzi.net : Comment expliquez-vous le paradoxe entre les paroles de « Cinglés » et de « KO » ?
Bill :
« Cinglés » c’est juste un état d’âme passager que tu peux avoir. N’importe qui se réveille un matin super énervé, il lui arrive 3 conneries dans la journée, il pète un plomb et il est capable de prendre un flingue et de tirer dans la foule. En fait, c’est juste qu’on n’est jamais à l’abri d’un coup de folie. « Cinglés » parle plus d’un état d’âme alors que « K.O. » c’est plus ou moins pour faire réagir les gens, en plus on pensait fatalement à « Fight Club » avec le projet « K.O. »
Marc : « Cinglés » c’est plus « Bowling for Columbine » tu vois.



Yezzi.net : Comment s’est passé le featuring avec Gérard Baste, Jimmy Mac et AMS sur « Ma Musique » ?
Bill :
Contrairement à tous les autres titres de l’album, ce morceau a été conçu en studio. A la base on ne savait vraiment pas qui allait participer, nous on voulait depuis très longtemps faire un truc avec Svinkels parce qu’on est fan. On s’est connu sur la première tournée, on a gardé des contacts surtout avec Gérard qu’on voit souvent en teuf. L’instru c’est Matthieu qui l’avait ramené à la base et puis on s’est dit que si on devait faire des featurings ce serait sur ce morceau. On avait décidé que le sujet était la musique, le thème fédérateur dont tout le monde peut parler. On a fait écouté le morceau un soir à Gérard et on lui a proposé de poser dessus, lui il était chaud, et il a écrit le soir même. Après AMS c’est des potes à Tony qui tournent pas mal en teuf et qui toasts. C’est des gens qu’on voient souvent à nos concerts et donc ça s’est fait naturellement. Et puis Jimmy Mac on l’a rencontré à New York, c’était un pote à Machine, il est venu il a fait 2 One Shot et on a récupéré pleins de morceaux dessus. On avait enregistrés des guitares, des batteries, etc… et on a construit le morceau en studio, on a trouvé une osmose, c’était un moment magique, c’était mortel. Machine il n’en pouvait plus….c’était énorme, tout le monde était à fond sur ce morceau.
Marc : Ouais c’était assez rigolo. Par exemple Baste on lui a dit que le morceau allait s’appeler « Ma Musique », il fait « Ah putain mais nous aussi on a un morceau qui va s’appeler comme ça sur l’album » et en fait le couplet qu’il a mis sur notre skeud il devait le mettre sur son skeud à lui, il était bien emballé. Au départ y’avais que l’instru de Matt et puis on a rajouté des boucles de basses, guitares, etc en studio. On a posé les voix et puis au final on a tout envoyé à Machine à New York, il nous disait mais vous êtes fous ça va faire 12 min c’est pas possible. Et puis petit à petit, il a vu que ça pouvait se structurer, il est devenu fou il s’est trop investi dans le morceau. Je crois que c’est un des morceaux qu’il a préféré au final dans le skeud. L’ovni, il dure 8min45, mais ce qu’est mortel c’est qu’il est pas chiant, c’est un vrai featuring.
Difré : Juste au passage pour dire qu’il y a John, le batteur, on ne l’entend pas souvent, qui est en featuring sur un couplet de « Ma Musique ». Et pour passer un message à Gérard Baste à qui on souhaite un bon rétablissement car il a des problèmes de santé, on aimerait bien le revoir lui et les Svinkels très bientôt sur la route et en bonne santé.

Yezzi.net : Bravo pour l’artwork du nouvel album, il est très réussi, qui s’en est chargé ? Et est-ce primordial pour vous de faire une belle pochette ? De quoi est partie l’idée ?
Difré :
Ouais on se jette à l’eau…sur une major et tout…c’était l’idée …et ça nous collait bien pour cet album. On voulait aussi représenter l’énergie du groupe en concert.

Yezzi.net : Etes-vous content de votre clip ? Vous faites vraiment du BMX ?
Difré :
Ouais super content du clip.
Bill : Ouais t’as vu comme on assure en BMX hein quand même, on a pris deux heures de cours avant (rires). Non mais le clip c’est encore une belle histoire. On a eu plusieurs scripts de plusieurs personnes et à côté il y a eu un gars qui est venu nous voir, Louis Leterrier qui a réalisé entre autre au cinéma « Le Transporteur », un mec qui sait faire de l’image quoi! Il est venu nous voir plutôt que de nous envoyer un script et il nous a exposé ses idées et ce qui est bien c’est qu’on a pu être interactif, lui était à l’écoute, on lui donnait une idée et il rebondissait direct dessus. On est sorti après deux heures de discussion, toutes les idées du clip y étaient. Nous on est parti avec lui car il avait l’air d’être bien motivé. Il aime ce style de musique mais lui, il avait fait des clips pour Ophélie Winter.…, des trucs qui le faisait chier quoi. Là il s’est investit dans le délire, on a passé deux jours mortels. Pour en revenir au BMX, c’est des potes à nous qui déchirent en BMX sur le clip.

Yezzi.net : Que penser vous du virage musical de Pleymo ?
Bill :
Moi je trouve que c’est ça aller vers la maturité. Même si y’a quelques titres que je trouve pas très bien, je trouve qu’il y a quand même 5 ou 6 titres qui sont très forts et c’est un vrai virage vers la maturité quoi.
Marc : Pour moi c’est leur meilleur album. Comme Bill il y a 2-3 titres que je trouve moyens mais les ¾ des titres déchirent. En plus, ils l’ont produit eux-mêmes derrières les manettes, je trouve ça très bien et je suis content de ce qu’ils ont fait.
Bill : Au niveau des textes il y a un vrai concept qui est suivi du début jusqu’à la fin, tu as une vrai histoire, tu te laisses prendre facilement au personnage. Et par rapport à la musique, je trouve que tu rentres dans un univers et là dessus c’est réussi par rapport à Médecine Cake où il n’y avait vraiment qu’une chanson ; à la base c’était presque un concept album à part que la musique faisait partie du concept.

Yezzi.net : Ou en est le projet Vortex ? Avec Sniper ?
Bill :
En fait ce n’était pas avec Sniper, c’était avec Dech Musique qui est le label de Sniper. Nous on pensait qu’on allait pouvoir rencontrer les Sniper et puis finalement il s’est avéré que parmi les gars il y en a 2 qui sont quand même très fermé et deux autres qui sont plutôt tranquilles donc ça n’a pas pu se faire. Le projet Vortex c’était avec un mec qui s’appelle TNT et un autre gars qui s’appelle SHAKIM et puis éventuellement d’autres gars qui seraient venus se greffer à l’affaire.
Marc : C’est surtout à cause de Jaff que ça ne s’est pas fait, qui n’assurait pas du tout derrière. On devait réserver des studios, ce n’était pas fait ou alors on part enregistrer un truc et les contrats ne sont pas signés ou c’était n’importe quoi comme contrats. Enfin ça partait en vrille…à cause de ça, le projet ne s’est pas fait. Nous il y a des morceaux qu’on a gardé pour l’album comme « J’ai pas sommeil », le squelette du morceau date de cette époque. Après on aurait bien aimé mettre TNT dans les featurings mais ça n’a pas pu se faire.
Bill : Dans le clip on en voit certains d’ailleurs c’était le petit clin d’œil.

Yezzi.net : Quelle est votre vision de la scène rock française ? Combien de temps donnez-vous à la scène Métal Actuelle ?
Marc :
En fait je pense que le nom Néo-métal va durer 2-3 ans et après ça aura un autre nom. Pour nous, avant ça s’appelait Fusion ou Hardcore donc tout bouge. Les styles se diversifient et c’est en train d’exploser.
Bill : Moi j’espère que ça va s’ouvrir encore, c’est pas encore énorme comme mouvement. Après ça va dépendre aussi de la qualité des groupes. On a rencontré quelques personnes qui venaient d’autres pays qui nous disaient qu’en France, il y avait des tas de bons musiciens.
Marc : Tu peux pas prévoir parce qu’une scène c’est des groupes et c’est un public. Les groupes d’aujourd’hui je sais pas si ils sont meilleurs ou pas que les groupes d’y a 10 ans mais tous sont toujours là. Ce qui compte c’est le public, là ça commence à arriver depuis 4-5 ans. Ça va ça vient ça c’est des trucs que tu peux pas prévoir.
Difré : Moi je pense que y’a plein de groupes et de gens motivés qu’ont envie de faire des concerts, de s’investir dans la musique et qui se poussent tous entre eux et ça c’est super positif et on le voit tout le temps. Je pense que la scène elle continuera par contre moi ce qui me fait peur c’est l’intermittence, les salles qui ferment, la place de la culture qui se minimisent en France petit à petit. Parce que des groupes qu’ont envie de faire de la musique et des gens motivés pour faire bouger la culture y’en a partout.
Marc : Tu vois nous on est un des groupes favorisés dans ce qu’on fait, on a des couvertures médiatiques relativement importantes, on est chez Barclay mais quelque part on est quand même fragile. La semaine dernière on jouait dans une salle où il y avait deux gars qui était intermittents et des bénévoles, ils n’avaient plus aucune subvention alors que c’est une salle qui tourne et bientôt ils vont devoir fermer. Il y a beaucoup de gens qui vont devoir arrêter, perdre leur statut…On va gagner beaucoup moins alors qu’on va devoir jouer plus. Alors qu’a coté de ça, t’as la Star Ac’ qui vend des millions de skeuds. En ce moment la culture alternative est un peu dans la merde, même le cinéma et le théâtre. Les gens qui sont là ce soir, ce sont des gens motivés qui ne sont pas devant la Star’Ac ce soir. Le problème c’est qu’il faut que le public se rende compte que si rien ne bouge, il y aura beaucoup moins de subventions pour les petites structures. On ne sait pas ce que sera la culture demain…bref, faut qu’on se bouge.
Bill : T’auras la musique underground et la musique grand public….

Yezzi : Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?
Bill :
Là dans le camion c’est DMX, Billy Talent…
Marc : Glassjaw, 36 Crazy Fists
Bill : Le dernier Svinkels, Pleymo, Missy Elliott
Marc : Thrice aussi on a trouvés ça mortel.

Yezzi : Les groupes français que vous kiffez ?
Difré :
Il y a les Sleepers, Tripod, Watcha, Toute la Nowhere, Wunjo, Aqme, les Svinkels….je me rappelle pas de tous les noms mais y’en a un paquet.
Marc : Stereotypical working class
Difré: Gojira aussi qu’on connaît depuis longtemps

Yezzi : Est-ce que le nom « Street Trash » est tiré du film du même nom ?
Difré :
Ouais on s’en est inspiré!

Photos (Cliquez dessus pour les agrandir)

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