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Sonisphere festival - à Madrid (09-07-2010)
avec Faith No More, Rammstein, Megadeth, Slayer, Deftones...
par JL de Metalsickness

Il fallait vraiment être un metalleux jamais rassasié pour aller se vautrer en plein milieu de l'Espagne en plein mois de juillet, loin des plages pour aller assister à un festival. C'est pourtant ce que votre serviteur a trouvé être une bonne idée lorsque l'affiche du Sonisphere espagnol fut dévoilée : Faith No More, Rammstein, Megadeth, Slayer, Deftones, etc. Cela méritait bien neuf heures de route et un week-end entier passé sous un soleil de plomb et une température caniculaire (36°C à l'ombre au bas mot !).
Et pourtant, alors que nous installons notre campement le jeudi soir dans le camping très ombragé et encore peu occupé du festival, c'est la pluie qui nous accueille ! Surprise de courte durée puisque les nuages disparaitront à jamais dès le lendemain. Un premier constat s'impose à nous : l'organisation est loin d'être prête ! Le guichetier nous confie que les programmes ne sont toujours pas imprimés, l'entrée du camping n'est même pas filtrée et des sanitaires continuent à être installés alors que les places de parking déjà occupées sont réquisitionnées le lendemain matin à grand renfort de fourrière. Morale du guichetier : c'est l'Espagne ! C'est sûr qu'on est loin de l'orga du Hellfest, mais bon…

Après quelques déboires pour entrer sur le site qui d'ailleurs n'ouvre ses portes qu'à 15h15 alors que le premier groupe est programmé à 15h30 (!), nous découvrons le site situé dans une zone industrielle sur un terrain poussiéreux au possible (nous y reviendrons…). La fosse de la scène principale est étrangement séparé en deux par des barrières et la scène secondaire est quant à elle placée sur un chemin goudronné très en adéquation avec la chaleur ambiante. Le metal market représente le quart de celui du Hellfest et les stands de restaurations sont peu nombreux et de qualité médiocre mais les bars sont assez nombreux pour être servi rapidement. Par contre, les prix sont carrément prohibitifs (8€ le litre de bière…) et il est impossible de récupérer la monnaie des tickets (en forme de billets aux couleurs de Metallica et Slipknot) de 8 et 5 euros. Heureusement, nous trouverons par la suite la parade en se procurant des médiators d'une valeur d'un euro…
Mais place aux concerts…

VENDREDI 9 JUILLET

VOLBEAT (Stage 2 | 16h20-17h)

C'est donc Volbeat qui lance les hostilités pour nous et c'est une excellente chose car les danois savent y faire pour instaurer une ambiance de fête. Avec son metal très typé US et son chant très rockabilly, le combo trouve vite un écho à ses compos entrainantes auprès du public de la Stage 2. Ce mélange improbable de Metallica et d'Elvis Presley fait mouche avec des cartouches telles que "Radio Girl" et "Pool Of Booze". Volbeat touche sa cible avec une facilité déconcertante à l'américaine. Michael Poulsen (chant/guitare) se met encore plus dans la poche une assistance somme tout encore assez confidentielle lorsqu'il dédie un "Sad Man's Tongue" endiablé à Ronnie James Dio et à Johnny Cash. Même si la reprise du "I Only Wanna Be With You" de Dusty Sprinfield nous fait quelque peu sourire (vous connaissez malheureusement comme nous la version française de Richard Anthony "À présent tu peux t'en aller") et que les danois massacrent largement l'extrait du "Raining Blood" de Slayer, on repart de cette prestation avec le sourire sans même avoir ressenti la chaleur, c'est dire !

ANATHEMA (Stage 1 | 17h-17h45)

Avec tout les excellents échos concernant son nouvel album "We're Here Because We're Here", j'étais curieux de voir ce que donnerait le set d'Anathema en pleine après-midi. Les Anglais inaugurent la Stage 1 en balançant d'entrée de jeu le "Kashmir" de Led Zeppelin ! Plutôt surprenant pour un groupe de cette stature de commencer par une reprise alors qu'il ne disposait que de 45 minutes de temps de jeu. Quoiqu'il en soit, la prestation des frères Cavanagh est loin de m'exciter malgré la qualité musicale et vocale d'un groupe à mon sens peu adapté à une configuration festival. A revoir dans d'autres conditions. Pour l'instant, l'heure est plus à la recherche de quelques mètres carrés d'ombre car le soleil commence vraiment à nous taper sur le système !

BULLET FOR MY VALENTINE (Stage 2 | 17h45-18h35)

Les metalcoreux de Bullet For My Valentine sont clairement attendus par la frange la plus jeune du public qui se presse devant la stage 2. De mon côté je regarde de loin la bonne prestation des gallois dont le côté radio-friendly me gonfle royalement. Techniquement c'est clairement costaud mais ce chant clair est vraiment ignoble et gâche des morceaux qui ne manquent pourtant pas de bons riffs.

SAXON (Stage 2 | 19h30-20h25)

Après avoir raté les britanniques au Hellfest, je me devais d'assister à ce concert alors que le soleil couchant rend les concerts plus supportables. Là encore le public répond présent et supporte fortement ces pionniers de la NWOBHM. De mon côté, le heavy metal traditionnel de Saxon ne m'emballe pas plus que ça et lorsque Biff Byford nous propose de choisir entre deux morceaux, je prends comme option d'aller me restaurer au son de "Wheels Of Steel" rallongé jusqu'à plus soif.

PORCUPINE TREE (Stage 1 | 20h25-21h25)

Tout comme Anathema, Porcupine Tree n'est pas le genre de groupe qui booste l'ambiance d'un festival car ça musique n'est pas assez directe pour ça. La chaleur retombant un peu, j'aurais plus de facilité à m'imprégner du metal progressif de Steven Wilson et sa bande. C'est très bien joué et plutôt captivant même pour le novice que je suis. A noter un sympathique hommage à Ronnie James Dio et à Heaven And Hell que Porcupine Tree remplace ce soir. A approfondir en salle.

WASP (Stage 2 | 21h25-22h35)
Changement radical d'univers avec WASP qui prend d'assaut la Stage 2. Pour le coup, le hard rock des américains correspond plus à l'ambiance d'un festival avec ses morceaux accrocheurs aux refrains fédérateurs. L'espagnol aime le metal old-school et le prouve une fois de plus en réservant un accueil hyper chaleureux à la bande à Blackie Lawless. Il faut dire que les yankees renvoient une belle énergie sur scène. En s'entourant de Doug Blair (guitare) et Mike Duda (basse), le père Lawless ne s'est pas trompé : ceux-ci sont intenables pour le plus grand plaisir des fans qui en redemandent. Comment ne pas se moquer gentiment du look du frontman de WASP qui arbore fièrement des bottes à franges beiges et des scies circulaires aux poignets ? Un must ! Nous partons avant la fin se placer convenablement pour Slayer, un peu déçu par l'absence de show théâtral mais plutôt impressionnés par sa faculté à enflammer le public.

SLAYER (Stage 1 | 22h35-23h35)

Ayant fait l'impasse sur le set de Slayer au Hellfest pour assister au concert des frapadingues de The Dillinger Escape Plan, le show de ce soir m'était inratable et ce même si j'avais déjà pu voir Slayer à de nombreuses reprises. Je n'attendais pas grand-chose de ce concert mais la bande à Araya m'a rappelé ce soir que Slayer est une machine de guerre et qu'il est impossible de lutter contre cet état de fait.
Il est assez marrant de remarquer que les écrans géants diffuse le dernier clip de Korn alors que l'intro du concert débute. On imagine la tête d'Hanneman s'il savait ça ! L'intro c'est celle de "World Painted Blood" bien sûr. Et les quatre cavaliers de l'apocalypse de débouler remontés comme des coucous suisses avec un deuxième extrait de leur dernier album, le teigneux "Hate Worldwide". Votre serviteur jusque là plutôt frustré par une journée maigre en moment fort, a trouvé judicieux de se placer en plein milieu du pogo pour se défouler un bon coup. Mission accomplie : c'est le feu dans le moshpit. Tellement le feu qu'un épais nuage de poussière envahi l'ensemble du site et persistera longtemps après la prestation des américains. Au centre des débats, c'est intenable : il est impératif de s'octroyer quelques pauses en dehors du pogo pour respirer. Le problème avec Slayer c'est que les moshpits sont tellement indissociables de la musique qu'ils se multiplient un peu partout. Il n'y a plus qu'à utiliser son tee-shirt en guise de masque… Personne ne recule devant ce petit inconfort parce qu'en face ça mouline sévère : "War Ensemble", "Disciple", "Dead Skin Mask", etc.
Le point d'interrogation de ce set était l'état de forme vocal de Tom Araya qui avait contraint le groupe à annuler quelques jours auparavant son concert parisien. Et bien non, le chilien était en forme et a même plus chanté qu'à l'accoutumée. Pour le reste de la troupe, rien à signaler, c'est toujours aussi solide, comme d'habitude… Sur le côté de la scène, Mike Patton apprécie comme nous cet enchainement mortel "Hell Awaits/Mandatory Suicide/Chemical Warfare/Raining Blood". Après ça, il aurait pu grêler que personne n'aurait été capable de bouger, trop content de se prendre une dernière mandale en rappel avec à nouveau une déferlante de tube : "South of Heaven", "Silent Scream" et "Angel of Death", mes amis ! Non décidemment ce soir rien ne pouvait arrêter Slayer qui a donné le meilleur concert de la journée jusque-là.

Set list :

World Painted Blood
Hate Worldwide
War Ensemble
Cult
Disciple
Dead Skin Mask
Beauty Through Order
Seasons in the Abyss
Hell Awaits
Mandatory Suicide
Chemical Warfare
Raining Blood
Aggressive Perfector
-----------------------------
South of Heaven
Silent Scream
Angel of Death

FAITH NO MORE (Stage 1 | 00h40-02h15)

Etrangement, il nous faut attendre une heure avant le concert de Faith No More sans qu'aucun concert ne soit donné sur la Stage 2 pour nous faire patienter. Bizarre mais nous en profitons pour nous dépoussiérer et se désaltérer copieusement avant le concert que j'attendais particulièrement. En effet, Faith No More est clairement l'une des principales raisons de ma venue en terres ibériques, trop heureux d'enfin assister au concert de l'un de mes groupes fétiches.
Les américains déboulent au son du "Reunited" de Peaches And Herb et déjà la magie opère alors lorsque la sirène de Patton résonne avant un "From Out of Nowhere" d'anthologie, c'est le pied ! La set list est semblable à la plupart des concerts européens donc peu de surprises de ce côté-là. Mais Faith No More cultive sa différence en chantant "Evidence" en espagnol ou en insérant du Lady Gaga ou du Stevie Wonder en plein milieu de ses morceaux pour prendre le public à contre-pieds. Cette facette imprévisible est la plus grande force de FNM qui maintient ainsi constamment l'attention du public alors même que la scène n'est pas occupée sur toute la largeur. Et puis voilà, quand vous avez un psychopathe de la trempe de Mike Patton dans vos rangs, vous ne pouvez décemment pas donner de mauvais concerts. Pendant "Just A Man", le chanteur descend dans l'allée qui sépare la foule en deux pour chanter avec le public puis il se lance dans un slam virulent en tournant sur lui-même sur la foule en transe avec son long fil de micro. Patton en rouleau compresseur qui vous pressurise la face : quel kiff ! Derrière son frontman intenable, le reste de la troupe n'est pas en reste, notamment un Roddy Botum taquin et un étonnant Billy Gould qui parle plus que d'habitude et en espagnol s'il vous plait ! Cet effort linguistique est d'ailleurs commun aux autres qui se mettent un peu plus le public dans la poche en parlant de la finale de la coupe du monde qui se déroulera deux jours plus tard ("Yo Soy español, español, español…").
On retiendra de ce concert le bourrin "Cuckoo for Caca", le fédérateur "Easy", "Midlife Crisis" entrecoupé d'une version hallucinée du "Sir Duke" de Stevie Wonder, le tonitruant "The Gentle Art of Making Enemies" ou ce "Epic" repris par plusieurs milliers de fans. Faith No More c'est la classe et puis c'est tout !

Set list :

Reunited (Peaches And Herb cover)
From Out of Nowhere
Land of Sunshine
Caffeine
Evidence (en espagnol)
Surprise you’re Dead
Chinese Arithmetic ("Poker Face" de Lady Gaga en intro)
Last Cup of Sorrow
Cuckoo for Caca
Easy (Commodores cover)
Ashes to Ashes
Midlife Crisis (+ "Sir Duke" de Stevie Wonder)
The Gentle Art of Making Enemies
King for a Day
Be Aggressive
Epic
Just A Man
---------------------
Chariots Of Fire/Stripsearch
We Care a Lot

SUICIDAL TENDENCIES (Stage 2 | 02h15-03h15)

Que ce soit en tête d'affiche ou en clôture d'une journée d'un festival, la bande à Mike Muir a toujours la patate et le démontre d'emblée avec un "You Can't Bring Me Down" rallongé au possible. Suicidal Tendencies martèle ses classiques toujours avec la même envie et la mayonnaise prend une fois de plus. Cependant, une sérieuse impression de déjà vu s'installe de mon côté deux ans après un concert toulousain pour le moins semblable. La fatigue aidant, je décide d'aller me coucher après "Lost Again" avec l'idée que le concert se terminera de toute façon avec un envahissement de la scène par le public comme à chaque fois. Allez messieurs, il est temps d'enregistrer un nouvel album maintenant !

Set list :

You Can't Bring Me Down
War Inside My Head
Subliminal
Send Me Your Money
We Are Family
Drum Solo
Lost Again
Possessed To Skate
Cyco Vision
I saw Your Mommy
How Will I Laugh Tomorrow
Pledge Your Allegiance



SAMEDI 10 JUILLET

Après les nuages de poussière de la veille, on se dit qu'une petite virée en ville ne serait pas de trop pour se munir de masques afin de mieux apprécier les concerts du jours qui risquent de sérieusement remuer aujourd'hui.

HAMLET (Stage 1 | 16h10-16h55)

Nous débarquons sur le site pour les deux derniers titres d'Hamlet, un des locaux de l'étape, qui pratique un metal bien lourd (qui a dit un peu trop ?) qui rappelle le metal américain à la Godsmack ou Disturbed. C'est sympathique et le chanteur est proche du public mais rien qui nous fera regretter d'avoir rater la majeure partie de leur set.

HEADCHARGER (Stage 2 | 16h55-17h45)

Notre fibre patriotique nous dirige vers la Stage 2 qui reçoit les normands d'Headcharger. Il faut dire que les chroniques lues par-ci par-là concernant leur dernier album avaient attisé ma curiosité. Un constat s'impose à quelques secondes du début du concert : il n'y a pas grand monde pour accueillir nos frenchies ! Raison de plus pour les soutenir un peu plus. L'aspect accrocheur du hard rock stoner proposé est contagieux et on ne peine pas pour rentrer dans l'univers du groupe. Impression confirmée au bouts de quelques minutes par une affluence qui grandit au fur et à mesure que le concert avance. Même la chaleur étouffante multipliée d'intensité par le bitume sur lequel nous sommes n'y fera rien : Headcharger ça fait du bien par où ça passe ! Et ce n'est pas la reprise très personnelle du "Communication Breakdown" de Led Zep qui desservira les français. Headcharger a d'ailleurs convaincu les organisateurs du Sonisphere qui les a invités à participer à l'édition anglaise. Du tout bon, on vous dit !

ANNIHILATOR (Stage 1 | 17h45-18h35)

Annihilator ne va pas s'en laisser compter pour soulever les premiers nuages de poussière de la journée. Quoi de mieux en effet pour bouger une foule qu'un bon vieux thrash old-school ? Surtout lorsqu'il est aussi précis que celui des américains qui nous offrent une set list très équilibrée entre nouveautés et classiques. Même sans être un grand connaisseur du groupe, on trouve aisément de quoi se rassasier sur les 50 minutes que durera le concert. Certes, le chanteur/guitariste Dave Padden est loin d'être le frontman le plus charismatique qui soit mais le véritable leader du groupe qu'est Jeff Waters s'impose de lui-même. Souriant et très facile, le guitariste surdoué impressionne de facilité même si sur le côté droit de la scène on ne l'entendait pas. Un comble mais le brumisateur géant qui se trouve de notre côté nous dissuade de changer de place… Une excellente surprise !

COHEED AND CAMBRIA (Stage 2 | 18h35-19h30)

J'avoue avoir été faible… Le soleil tapant toujours autant, je préfère trouver un point d'eau pour m'y noyer que de passer une heure devant la Stage 2. D'autant plus que l'orga a eu la bonne idée de couper l'eau des toilettes entre les concerts pour nous forcer à consommer au bar. Bel esprit !
Tout ça pour dire que je n'accorderais pas plus d'un quart d'heure à Coheed And Cambria dont le rock progressif m'aura un peu gonflé à cause d'un chant mélodique pourtant pas rédhibitoire sur CD. Les méfaits du soleil peut être…

DEFTONES (Stage 1 | 19h30-20h40)

Nous nous plaçons ainsi dans les premiers rangs pour accueillir Deftones dans les meilleures conditions possibles. Nous allons être récompensés de notre bravoure (oui, attendre 30 minutes en plein soleil avec 40°C c'est de la bravoure !) avec une entrée en scène tonitruante ! Jugez plutôt : "Headup" et "My Own Summer (Shove It)" en guise d'introduction ! Ou comment retrouver ses jambes de 15 ans en quelques secondes (le temps de se remettre de la surprise) et se lancer tête baissée et masque bien accroché dans le pogo. Les morceaux du dernier album sont de sortie et déjà Chino se retrouve accroché au public sur "You've Seen The Butcher" pour être en adéquation avec ses lyrics ("I Wanna watch you close"). Le frontman est comme au Hellfest intenable et fait le spectacle alors qu'à ses côtés le bassiste Sergio Vega se lâche vraiment. Croyez-le ou non même Stephan Carpenter était légèrement moins statique ! Tout va pour le mieux donc pour les américains quand soudain l'ambiance retombe d'un coup avec "Prince" et surtout un "Sextape" très dispensable dans ce contexte. Heureusement les morceaux du premier album relance les jumps et c'est reparti comme en 97 ! Chino perché sur ses retours attrape au vol une paire de lunettes de soleil venue du public qu'il porte avant de les rebalancer nonchalamment. Très cool. "Around The Fur" est vraiment mis à l'honneur aujourd'hui avec deux nouveaux extraits après un "Minerva" dépoussiéré avec bonheur de l'album éponyme. "White Pony" au contraire sera bien moins représenté qu'au Hellfest avec seulement "Change…" et "Passenger" d'interprétés. Une fois n'est pas coutume "7 Words" extermine les fans en épaississant un peu plus une poussière déjà bien dense. Et un carnage de plus !

Set list :

Headup
My Own Summer (Shove It)
Diamond Eyes
Rocket Skates
You've Seen The Butcher
Prince
Sextape
Birthmark
Root
Minerva
Be Quiet and Drive (Far Away)
Lotion
Change (In the House of Flies)
Passenger
7 Words

SOULFLY (Stage 2 | 20h40-21h35)

Après l'ignoble concert proposé par Soulfly à Toulouse un mois auparavant, je n'attendais pas le groupe avec impatience mais par chance il n'a pas réitéré sa prestation. Enfin, disons que le concert était meilleur, ce qui n'était pas bien difficile… Aujourd'hui Max semble un peu moins à la ramasse même s'il n'a pas retrouvé son énergie d'antan (ou au moins celle d'il y a 4 ans). On retiendra donc un concert sympathique avec le hit "Attitude" joué avec son fils à la batterie bien plus convaincante que celle de Ritchie qui devient vraiment un gimmick très dispensable. Le clin d'œil à Pantera avec quelques mesures de "Walk" fera aussi son petit effet quand bien même ce sont "Roots Bloody Roots" et "Eye For An Eye" qui récoltent le plus de suffrages. Allez, il y a du mieux…

Set list :

Blood, Fire, War, Hate
Prophecy
Back to the Primitive
Seek 'N' Strike
Refuse/Resist (Sepultura cover)
Bloodbath & Beyond
L.O.T.M/Walk (Pantera cover)
Porrada
Unleash
Attitude (Sepultura cover)
Roots Bloody Roots (Sepultura cover)
Jumpthefuckup/Eye For An Eye

ALICE IN CHAINS (Stage 1 | 21h35-22h55)

Mon dos commence à me faire sérieusement souffrir donc je décide de regarder le concert d'Alice In Chains de loin, assis. Il va s'en dire que je n'étais pas dans les meilleures conditions pour apprécier le show et ce n'est pas faux. J'ai beau apprécier l'excellence des vocalises de William Duvall et de Jerry Cantrell, je reste détaché de ce concert qui manque un peu d'énergie et de folie à mon goût. Mais encore une fois, j'ai observé ce concert d'un œil distrait donc…

MEGADETH (Stage 2 | 22h55-00h10)

Quel bonheur de retrouver David Ellefson aux côtés de Dave Mustaine ! Ce super bassiste et bras droit naturel du grand rouquin est de retour au poste qu'il n'aurait jamais dû quitter tellement il fait partie intégrante du tableau Megadeth. Et puis quelle classe ! Cet adjectif s'adapte d'ailleurs à merveille à la formation entière depuis que Chris Broderick l'a intégré. Avec un tel line-up, les fausses notes ne font plus partie du vocabulaire de la méga-mort (oui d'accord ça a rarement était le talon d'Achille du groupe, c'est vrai…). De plus le combo est en pleine forme ce qui aura pour effet d'enflammer rapidement une foule bien compacte. Les californiens n'y vont pas avec le dos de la cuillère avec d'entrée de jeu "Wake Up Dead", "In My Darkest Hour" et la petite dernière tuerie "Headcrusher". Dave Mustaine annonce un morceau qui a 20 ans avant d'enchainer sur le fameux "Holy Wars...". Comme toujours avec ce titre, le public exulte et lorsque "Hangar 18" déboule on ne peut s'empêcher de croire à l'interprétation de l'album "Rust In Peace" dans son intégralité comme cela fut le cas sur la tournée américaine au printemps. Il n'en sera rien même si Megadeth déterre l'inattendu "Poison Was the Cure" avant une autre bombe de "RIP" le puissant "Tornado of Souls". Cette incartade nostalgique passée, le groupe nous présente à présent un best-of de sa carrière avec les tubes "Trust", "A Tout Le Monde" ou "Symphony Of Destruction" (avec un riff chanté à la sud-américaine par le public !). Mais pas seulement en fait ! On aura ainsi droit au dépoussiérage de l'excellent "Angry Again" et même d'un "She-Wolf" aussi inattendus que jouissifs. C'est également un grand bonheur d'entendre le schizophrénique "Sweating Bullets" ou ce "Mechanix" joué en plein milieu de "Peace Sells…" qui impressionne toujours autant par sa rapidité. Les dernières mesures de "Holy Wars…" sont repris pour conclure en beauté un set vraiment costaud qui a fait mouche, c'est le moins qu'on puisse dire.

Set list :

Wake Up Dead
In My Darkest Hour
Headcrusher
Holy Wars... The Punishment Due
Hangar 18
Poison Was the Cure
Tornado of Souls
Trust
Angry Again
A Tout Le Monde
Sweating Bullets
Symphony Of Destruction
She-Wolf
Peace Sells… / Mechanix / Holy Wars (reprise)

RAMMSTEIN (Stage 1 | 00h10-01h55)

Pas le temps de souffler que Rammstein est déjà prêt à mettre le feu au Sonisphere. Le drapeau allemand s'affiche brièvement puis la scène gigantesque du groupe est dévoilée à grand renfort d'explosion en tous genres. Le ton est donné : on va en prendre plein la gueule pendant 1h30 ! Pour mon premier concert de Rammstein, je vais écarquiller les yeux pendant la totalité du set pour ne pas en rater une seconde. Cette scène qui ressemble à une usine industrielle est tout bonnement hallucinante tant elle regorge d'artifices : des flammes dans tous les sens (vers le haut, vers le bas, sur la largeur), des armatures qui se surélèvent, des lights mobiles impressionnantes, etc.
"Rammlied" et "B********" marquent le début d'une longue série de morceaux du dernier album à être joués ce soir. Presque tout l'album va y passer : pour le meilleur ("Ich Tu Dir Weh") et pour le pire ("Frühling in Paris") mais dans l'ensemble cet album passe très bien en live. Et puis il y a toujours les tubes des albums précédents qui font toujours leur petit effet ("Keine Lust", "Du Riechst So Gut", "Links 2,3,4", "Du Hast", etc.). C'est direct, ça passe comme du petit lait. Alors quand on y ajoute un show démentiel, le tout prend une autre saveur encore. Till est vraiment le maitre artificier du groupe comme lorsqu'il se présente avec un énorme fusil qui crache un flot de pyrotechnie relayé par des flammes qui jaillissent de la scène. Pendant "Ich Tu Dir Weh", il jette Flake dans une grande baignoire avant de l'inonder d'étincelles après avoir pris un peu de hauteur. Le claviériste ressort de là tout guilleret vêtu d'un costume brillant couleur argent et se met à marcher sur un tapis roulant comme dans le clip. On retiendra également la mise à feu d'un "fan" pendant "Benzin" sous le regard stoïque du reste du combo et surtout, sur "Du Hast", le tir à l'arbalète de feux d'artifices qui font l'aller/retour entre la scène et la console du son. Vraiment impressionnant !
Lors des rappels, Flake enfourchera son bateau gonflable duquel il sort judicieusement un drapeau espagnol avant un "Ich Will" martial qui clôt les débats. Le bilan est sans appel : Rammstein a mis les moyens mais il a donné le meilleur concert du week-end. Le plus spectaculaire mais aussi le plus marquant. Kiss peut aller se rhabiller.

MESHUGGAH (Stage 2 | 01h55-02h55)

Quelle idée de programmer un dernier groupe après Rammstein ! Bon d'accord, ce n'était pas n'importe quel groupe puisque c'était Meshuggah mais quand même… Après une telle débauche de moyens, il n'était vraiment pas judicieux de continuer les concerts, ne serait-ce que par respect pour les suédois dont le concert faisait automatiquement pale figure. Et pourtant, dans d'autres circonstances, on aurait mangé une belle grosse mandale avec des tueries telles que "Combustion" (en opener), "Bleed" ou "Future Breed Machine". Mais là, il est 2h du matin et quatre morceaux suffiront à votre serviteur pour rendre les armes. Bien malgré lui pourtant…



Malgré l'appréhension liée à une organisation disons quelque peu désordonnée, ce Sonisphere espagnol se clôt sur un bilan clairement positif. Bien sûr il y a encore des points à améliorer mais c'est toujours les concerts qui restent en mémoire. Et de ce côté-là nous avons quand même été gâtés lors de ce week-end torride. Finalement, "aller se vautrer en plein milieu de l'Espagne en plein mois de juillet, loin des plages pour aller assister à un festival" n'était pas une si mauvaise idée.


Plus d'infos sur: www.sonispherefestivals.com

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