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Pollen vs Rodolphe Testut
par Shen2 le 21-05-2008

Renaud Marquié (auteur-compositeur-interprète de Pollen) et Rodolphe Testut se connaissent et s’estiment. Entre amitié et passion pour leur art, les 2 chanteurs ont tracé leur route, chacun dans leur direction. Le 1er suivra la voie de l’indépendant et sortira « L’Obscène », tandis que le second sera approché par une major avec qui il signera « Jure sur ma tête ». Le hasard veut que leurs albums respectifs sortent à quelques jours d’intervalles. L’occasion d’une discussion sur l’oeuvre de chacun, mais aussi sur la vision que ces artistes ont du monde de la musique. Une belle rencontre...

Musicalement, quels sont les liens qui vous rapprochent ?

Rodolphe Testut : Pour ma part, la 1ère évidence serait la langue. Le fait de chanter en français. C’est une chose à laquelle j’attache une grande importance, tout comme le travail d’auteur qui en découle. Je pense que Renaud est lui aussi dans ce cas-là.
Pollen : C’est vrai, mais je ne me bats pas non plus pour la langue française. Si j’ai choisi d’écrire en français, c’est parce que c’est pour moi la meilleure façon d’assumer mes textes. Je ne suis donc pas anti-brit-songs. Je suis très ouvert par rapport à ça. Mes influences musicales tiennent autant de Molière que de Shakespeare...


Par rapport à ce travail d’auteur, la littérature joue-t-elle un rôle ?

Pollen : Pas dans mon cas, car je lis peu. J’adore ça, mais je manque cruellement de temps. Je suis toujours étonné de voir à quel point un bon livre peut te faire partir loin. Mais au final, ce sont surtout des groupes ou des artistes qui m’ont donné l’envie de faire ce que je fais. De plus, je ne suis pas sûr que la littérature m’aurait influencé plus que ça si j’avais du temps pour lire car mon fonctionnement d’écriture passe plus par l’image. J’imagine des scénarios que je mets en scène cérébralement et j’entame un processus de création pour choisir le mot qui reflètera le mieux mon histoire.
Rodolphe Testut : Il y a des auteurs qui donnent envie d’écrire, mais le côté intello me dérange sur ce sujet. Quand j’ai recommencé à lire, vers 20 ans, j’ai découvert la littérature anglo-saxonne et des auteurs comme Raymond Carver ou John Fante. Certains aspects de leur travail peut s’identifier à la façon dont je vois mes chansons, à savoir le récit d’histoires humaines.

Et la musique anglo-saxonne ?

Rodolphe Testut : Elle joue forcément un rôle. Je suis arrivé à la composition assez tard et quand j’ai écris mes premiers titres, vers 25 ans, j’ai essayé d’y mettre ce qui me correspondait le plus. Et dans ces choses-là, il y a toute sorte de musiques : du rock, du punk, de la pop, de la chanson, de l’alternatif... avec forcément, dans le lot, des formations outre-Manche et outre-Atlantique. J’ai digéré tout ça avant de faire ce que je fais. Je ne me suis jamais dit “faisons de la chanson française”. Je ne me sens d’ailleurs pas du tout dans toute cette vague actuelle dite “Nouvelle scène” avec les Bénabar, Delerm et consorts.
Pollen : Je suis un peu comme Rodolphe à ce niveau-là. Pour ma part, les groupes de la période des 90’s, comme The Auteurs, sont ceux qui m’ont le plus influencé. A cette époque, je jouais dans un groupe dont la tête pensante était mon frère. C’est lui qui écrivait, je n’avais donc encore aucun repère concernant le travail d’auteur. J’étais plus dans la musique que dans les mots et les anglo-saxons m’ont beaucoup apporté. Tout comme mon frère David, qui est également une de mes influences.


Qui est l’autre sur scène ?

Rodolphe Testut : Renaud dégage quelque chose de très rock sur scène. Pas dans le sens “je saute partout” mais plus dans la sensation, la manière et l’énergie brute.
Pollen : Je suis un amoureux de la scène. J’ai toujours trouvé le studio intéressant, mais ce n’est vraiment pas un aboutissement pour moi. Qu’est-ce que c’est un album finalement ? Une empreinte sonique d’un instant T. C’est en live qu’on découvre les gens. Ce qui me frappe le plus chez Rodolphe, ce qui me plait, c’est sa façon d’appréhender la scène d’une manière complètement différente du disque. Et de ne pas le faire à moitié ! Il possède une dynamique et une authenticité redoutable. Ce mec est un showman doté d’une énergie et d’une gestuelle que je prends dans la gueule à chaque concert.


Qui vous accompagne en live ?

Pollen : Dans Pollen, nous ne sommes que deux sur scène. J’utilise beaucoup d’instrument et de looper et Yann Lefèbvre gère la batterie et les percussions. Quand j’ai commencé à écrire et que je me suis mis en quête d’un batteur, j’ai tous de suite pensé à Yann, un ami d’enfance. On ne s’était pas vu depuis 2 ans mais je connaissais son jeu et je savais qu’il correspondrait parfaitement à la situation. En général, quand on joue avec un batteur, on a tendance à monter le volume de son ampli pour bien entendre l’instrument. Avec Yann, c’est l’inverse.
Rodolphe Testut : Yann est quelqu’un qui est au service de la chanson. Il s’adapte et rentre vraiment au service de la composition que lui propose Renaud. C’est un bon.
Pollen : Je l’appelle “mon héros très discret” (rires).
Rodolphe Testut : Sur scène, je suis accompagné à la basse par Gilles Davancens (Sweet Apple Pie) et à la batterie par Jean-Louis Bire (ex-Ces Choses-Là). Connaissant Gilles depuis une bonne dizaine d’année, il n’y a eu aucun souci d’intégration. Quant à Jean-Louis, on se connaît depuis moins longtemps, mais là encore, il a su parfaitement s’adapter. C’est quelqu’un de moins rock’n’roll que Gilles mais il possède des qualités qu’on recherche tous chez un batteur : une écoute pointue, énormément d’ouverture et un large panel de jeu à la fois sensible et énergique.


Ce sont les mêmes musiciens que sur le disque ?

Pollen : Oui, mais il y a aussi quelques intervenants extérieurs comme Sandrine de Punish Yourself, Yannick d’Unbranched ou Emilie de Svensson. Petit détail important : c’est Marc Denis (réalisateur de Svensson) qui s’est occupé de l’enregistrement dans son studio à Toulouse. Je tenais à le préciser car il a été à la fois un soutien et un conseillé qui à apporté beaucoup à la couleur de l’album.
Rodolphe Testut : Je n’ai pas enregistré avec les mêmes musiciens que ceux qui m’accompagnent en concert. C’est Daniel Roux (Jean-Louis Aubert, France Cartiny...) qui s’est occupé de la basse et Philippe Entressangle (Miossec, La Grande Sophie...) qui a fait les parties batterie. Quant au travail d’enregistrement, c’est l’ingénieur du son Jean-François Delort (Diam’s, Tété, J. Guidoni, P. Croze...) qui s’est occupé des prises de son (au Studio du Moulin) et du mixage (à Polygone).


L’un est indépendant, l’autre signé sur une major... comment voit-on le milieu musical de vos fenêtres ?

Pollen : Très franchement, pour moi, l’aboutissement, c’est la scène. C’est mon leitmotiv. Je vais un peu faire l’hypocrite, mais j’ai choisi délibérément de ne pas sortir mon album physiquement. Il est disponible en téléchargement gratuit, car comme je le faisais entendre précédemment, le CD chez Pollen passe au second plan, bien après le live. Ceci étant, je suis conscient d’avoir une vision extrémiste en ce qui concerne le milieu de la musique et ses distributeurs. Même si j’aime profondément l’objet, je ne crois plus au CD. Je suis amer et surtout blasé par rapport à ça. Je n’ai même pas essayé de trouver de distributeurs.
L’industrie du disque ne va pas bien et tous les professionnels sont sur la retenue. Et puis aujourd’hui, il est extrêmement difficile de trouver des gens qui bossent bien donc autant faire les choses soi-même... je n’ai pas envie d’être à la merci d’une tierce personne. Et puis comme ça, je prends tous les bénéfices (rires). Maintenant, je vis au jour le jour, et je ne sais pas s’il y aura un 2e album... le temps le dira.
Rodolphe Testut : Je comprends tout à fait le point de vue de Renaud, mais en faisant tout soi-même, il y a des portes qu’on a du mal à ouvrir et d’autres qui sont fermés à double tour, comme les médias ou certains organisateurs de concerts. Ne se lasse-t-on pas de faire tout sans appui et de ne pas avoir le moindre retour parce qu’on est un indépendant ? C’est une situation usante et épuisante. Qu’est-ce que tu ferais si demain on te proposait de signer ?
Pollen : Je prends, c’est clair. C’est juste que je n’ai pas envie de courir après et de passer des semaines et des mois à faire du forcing juste pour que quelqu’un jette une oreille à ce que je fais. Je préfère le faire à l’ancienne. J’aimerais que l’on me repère par rapport à mon travail sur scène.
Rodolphe Testut : Quand on m’a proposé d’intégrer Warner, je me suis posé la question de savoir si j’y allais ou pas. Mais après mûre réflexion, la signature t’apporte une nouvelle existence, un énorme soutien. Je reste un petit, certes, mais qui a la possibilité de devenir grand.
Pollen : Il est évident qu’une signature est un allègement de travail et une vraie crédibilité pour tous les professionnels du milieu musical. Ne serait-ce que par rapports aux tourneurs ou aux médias.
Rodolphe Testut : De toutes façons, les majors jettent des bouteilles à la mer en espérant que l’une d’entre elles atteigne le rivage. Rien n’est jamais acquis...


Quelles sont les teneurs de ta signature par rapport à ça ?

Rodolphe Testut : J’ai signé pour un album qui vient de sortir avec options pour d’autres, si ce premier effort s’avère concluant pour la maison de disque. C’est la seule véritable pression que je puisse avoir. Pour le reste, c’est plutôt moi qui leur met la pression puisque je leur ai demandé de pouvoir faire les choses comme avant. Mais à l’inverse de toi Renaud, je sais qu’il y aura un deuxième album. Que ce soit chez Warner ou pas. Je sais aussi qu’il ne se fera pas comme le premier. Je voudrais avoir plus de temps et pouvoir bouger pour faire des prises...
Pollen : Le temps est un luxe qu’un artiste comme moi peut se payer. Et c’est agréable de ne pas avoir à se speeder pour terminer l’enregistrement parce que tu as des plannings et des ultimatums à respecter. J’ai mis 4 mois pour enregistrer et mixer L’obscène... Et toi, combien de temps tu as eu pour Jure sur ma tête ?
Rodolphe Testut : On a fait 12 jours de prise à raison de 16 heures par jour. Il n’a pas fallu traîner car quand une maison de disque de ce genre te finance un enregistrement, il n’y a pas moyen de déborder... Il faut y aller franco ! Et ça verrouille la liberté artistique. C’est pour cette raison que j’aimerais plus de temps pour le second.
Pollen : En même temps je trouve que Jeff Delort, l’ingénieur du son qui s’est occupé de ton album s’en est extrêmement bien tiré. Si j’avais du faire ce boulot, j’aurais été confronté à un gros problème : comment retranscrire sur sillon l’énergie et ce sentiment de puissance physique que tu dégages en live ?
Rodolphe Testut : C’est un des points sur lesquels j’ai insisté. Je voulais qu’au niveau du son, on reste en permanence dans le vrai. Je ne recherchais pas forcément à ce que ce soit “joli” dans le sens adouci ou lisse. Je voulais aller au plus pur ! Pas d’effets superflu ou de reverb à tout va...


Plus d'infos sur: www.myspace.com/lamusiquedepollen

Photos (Cliquez dessus pour les agrandir)

Pollen vs Rodolphe Testut - cliquez pour agrandir


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